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Section SNUipp-FSU des Ardennes


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Visioconférence FSU/MEN du 14 avril Le 14 avril, le SNUipp-FSU a participé à une visio-conférence organisée par le ministère de l’éducation nationale avec les syndicats nationaux de la FSU à la suite des annonces du président de la République.

Le ministère semble avoir été pris de court par l’annonce de la reprise des classes le 11 mai. S’il est à l’écoute concernant les questions sanitaires et les conditions de la reprise, il exprime aussi sa volonté de poursuivre sa politique (plan français, évaluations) et assume pleinement la répartition de la dotation de 1250 postes.

Dans ce contexte, nous rendrons public notre « cahier des charges » de la reprise de l’école durant la pandémie, listant une série de conditions indispensables pour ne pas mettre pas en danger l’ensemble de la société.

Il s’agit ainsi d’imposer un niveau de protection optimum des personnels et des élèves pour ne pas créer de potentiels « clusters » scolaires qui relanceraient l’épidémie. Il ne faut pas nier les difficultés comme l’illustrent les écoles ouvertes pour l’accueil des enfants de soignant-es qui n’ont pas été épargnées de cas de contamination en leur sein.

Compte rendu de la visioconférence MEN du 14 avril

Le ministre a confirmé le retour dans les établissements scolaires le 11 mai et que les éléments principaux de ce retour seront définis dans les deux prochaines semaines. Le ministre s’inscrit dans une démarche progressive (« se dire dès maintenant que mai et juin, ni septembre, ne seront des mois normaux ») et sociale (« lutter contre l’approfondissement des inégalités sociales, récupérer les 5 % d’élèves perdus et au-delà les 15 20 % éloignés de l’école »).

Il rappelle d’emblée que les vacances d’été démarreront bien le 4 juillet. Il fait part d’un travail, engagé dans le cadre du ministère de la jeunesse, sur les congés d’été (colonies de vacances, écoles ouvertes, soutien scolaire etc)

Dans son propos, le ministre décline 5 axes :

• La comparaison internationale avec l’observation des pays qui entrent dans des phases de déconfinement avec ouverture des écoles comme le Danemark et d’autres pays.

• La concertation : il parle de « co-construire la solution à laquelle on doit arriver », du rôle des instances, du travail avec les CHSCT, CT, fédérations de parents, organisations lycéennes…

• Le pédagogique et l’éducatif où il renvoie au travail en petits groupes, au mixte « présentiel / distanciel » à travailler et au fait que les élèves qui reviennent en mai ne sont pas les mêmes relevant l’impact psychologique du confinement et de la période.

• La dimension sanitaire et administrative : un protocole sanitaire sera défini.

• La communication : il faut se sentir collectivement responsables de la lisibilité du message ; il y a un enjeu d’image pour l’éducation nationale.

Intervention fédérale

Nous avons fait part de notre inquiétude sur une reprise qui ne garantirait pas toutes les conditions sanitaires et de santé et demandé que, dans le cadre d’une décision qui concerne la santé de toute la population, de prendre en compte l’avis d’experts (l’Inserm préconisant par exemple que le déconfinement ne pourrait intervenir qu’avec la possibilité d’identifier à grande échelle les personnes porteuses du virus, de les isoler, de maintenir une distanciation sociale avec des établissements scolaires fermés).

Par ailleurs, le risque est grand de consignes contradictoires si de trop nombreuses choses sont laissées à l’appréciation du local. Or, depuis le début, le ministère est réticent à édicter des consignes spécifiques et renvoie soit aux académies soit aux consignes générales du ministère de la santé. Un protocole nécessite que l’on se mettre d’accord sur les critères (par exemple 10 élèves maximum par groupe) et que ce protocole soit respecté partout et de la même manière. Il faut donc un « cahier des charges » très précis.

La santé des personnels et des élèves est primordiale et prioritaire. Elle doit être garantie partout, tout le matériel de protection doit être mis à disposition. Quelle sera la disponibilité effective des moyens de protection : masque, gel, savon, eau, toilettes en état de fonctionnement etc… ? Concernant les tests, il faut que toutes celles et tous ceux qui le demandent puissent être testé.es, toutes les personnes fragiles doivent pouvoir le faire valoir facilement. Sur les moyens de protection, le ministère a tendance à renvoyer aux collectivités. Pourtant le ministère employeur est bien responsable de l’hygiène et de la sécurité de ses personnels et doit faire en sorte que ces moyens de protection soient disponibles, soit en les fournissant directement, soit en les obtenant de la collectivité responsable des locaux.

Un planning de reprise avec, comme première étape, une possibilité pour les personnels eux-mêmes de construire cette reprise, doit être édité. Quel sera le planning de retour à partir du 11 mai ? Qui reprendra le 11 mai ? Est-ce que tous les élèves sont concernés ? existe-t-il des critères (élèves en difficulté ? ) ? Comment sera gérée la reprise de l’école pour certains et la gestion à distance pour d’autres ? Peut-on imaginer une sorte de « pré-rentrée » pour les enseignant.es ? La question des contenus sera aussi prégnante : quels contenus pour quels objectifs ? Se pose également la question des évaluations du troisième trimestre dans ce contexte. Faut-il vraiment des notes et sur quoi puisqu’il ne s’agira pas d’une reprise au sens propre ?

Les précisions concernant le 1er degré

De nombreuses interrogations existent comme celles des tests, des protections à garantir, des gestes barrières à l’école mais aussi de la cantine scolaire ou des transports en commun. A l’école maternelle les gestes barrières sont pratiquement impossibles à faire respecter par des jeunes enfants. D’autant plus que la question des soins, de l’hygiène, du nettoyage des locaux y est encore plus prégnante. Est-il plausible de rouvrir les écoles maternelles en mai prochain ?

Concernant la progressivité, quels élèves faut-il privilégier ? Une réflexion est-elle en cours concernant les élèves qui seraient accueillis en priorité et ceux qui seraient susceptibles de continuer à distance ? Nous avons alerté sur les violences intra-familiales mais également sur les situations de malnutrition ou de sous-alimentation.

Les équipes doivent pouvoir préparer un éventuel retour en classe en amont. Ainsi un retour plus tardif, au mois de juin aurait permis de mieux organiser le retour des élèves en classe et de faire le bilan de la période de confinement, de préparer la rentrée. En aucun cas il ne s’agira de rattraper le programme en 6 semaines.

Nous avons expressément indiqué que la priorité du moment n’est certainement pas le développement d’un « plan français » éloignant les conseillers pédagogiques des équipes des écoles et faisant fi de la collecte des besoins de formation alors qu’elle est prévue dans le schéma directeur de la formation continue. L’heure n’est pas non plus à la mise en place des évaluations standardisées à la rentrée.

Concernant la préparation de la rentrée, l’expérience du confinement vécue par les élèves nécessitera un accompagnement psychique pour un certain nombre. Ce n’est pas le moment de supprimer des postes d’enseignant.es spécialisées et à fortiori de RASED. Concernant la dotation supplémentaire de 1250 postes, elle est loin de répondre à toutes les situations ; Il en est ainsi des départements chroniquement déficitaires comme de ceux concentrant de nombreuses écoles en éducation prioritaire.

Les réponses du ministre

Nous allons préciser les conditions sanitaires, le cadre sera uniforme, un socle de base sera défini. Le protocole doit permettre de donner un cadre qui ne permet pas d’improvisation. Il est évident que les écoles fonctionneront, au moins au début, avec des petits groupes. Le sujet ne se pose pas de la même manière pour les maternelles et les terminales. Le fonctionnement ne sera pas ordinaire jusqu’à l’été.

Il y a effectivement une distinction à faire entre les personnels fragiles et les autres. Ce sera pris en compte et des précisions seront apportées. La question des transports et des cantines est étudiée dans un dialogue avec les collectivités territoriales mais cela ne fonctionnera pas comme à l’habitude.

Nous serons dans une phase de personnalisation avec un suivi pédagogique précis de chaque élève et pour cela les outils d’évaluation sont utiles. Les évaluations de début d’année sont plus pertinentes que jamais. Le ministre est favorable à l’idée d’une pré-rentrée des équipes enseignantes. On a besoin de rassembler les adultes d’abord. On doit définir comment les choses s’échelonne. Il nous faut articuler le présentiel et le distanciel. En termes de contenus, il n’est pas question de « charger la barque » mais de trouver la ligne d’équilibre. Il faut éviter une baisse trop importante des contenus à apporter. L’extrême prudence sanitaire peut être contradictoire avec la prudence sociale.

Concernant le plan français, le plan maths, c’est un plan de formation continue volontariste qu’il convient de déployer selon lui. A propos de la carte scolaire, le ministre rappelle la priorité au 1er degré. Il entend notre demande concernant les RASED. Il précise que la dotation supplémentaire n’est pas que rurale. Elle doit servir à améliorer les taux d’encadrement, commune par commune. Selon lui, il n’y aura de dégradation de ce taux, nulle part.

 

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