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Annonces d’E. Philippe : Réactions syndicales Rien compris ?!

FSU

Le gouvernement s’obstine

Dans un contexte de mobilisations historiques, les annonces du Premier ministre confirment que le gouvernement maintient son choix d’une retraite universelle par points ainsi que son calendrier d’élaboration d’un projet de loi. Il n’a donc pas pris la mesure des revendications et de la colère exprimées massivement depuis plusieurs jours dans les grèves et manifestations comme le 5 décembre dernier.

Le premier ministre n’a pas levé le flou sur les contenus de la réforme, il a en revanche confirmé la dégradation de la situation notamment avec la mise en place d’un âge pivot à 64 ans, la suppression de tous les régimes spéciaux et la fin du code des pensions. La FSU continue d’affirmer que cette réforme sera inégalitaire, notamment entre les femmes et les hommes, et qu’elle conduira à une baisse du niveau des pensions pour toutes et tous les salarié.es. Les agents.es de la Fonction Publique seraient particulièrement impacté.es par les effets néfastes de ce nouveau système en particulier pour les bas salaires.

Les enseignant.es sont plus inquiet.es qu’ils et elles ne l’étaient déjà. Le Premier ministre, bien que reconnaissant les pertes, ne propose aucune solution et renvoie à des discussions sur les carrières et les métiers, ne levant le flou ni sur les compensations, si sur la revalorisation. En outre, il confirme ainsi les propos du ministre de l’Education nationale sur les contreparties inacceptables liées aux missions et au temps de travail. Il n’a eu aucun mot pour les personnels non-enseignants.

Les mesures concernant la transition avec une réforme applicable à partir des générations 1975 laisse à penser que nous pourrions accepter de laisser « l’héritage » d’un système des retraites défavorable aux générations à venir.

Il maintient le cap, joue la division entre les catégories et les générations, et confirme une réforme qui lèsera tout le monde.

C’est pourquoi la FSU appelle les agent.es de la Fonction Publique, les salarié.es, les jeunes, les retraité.es à poursuivre et amplifier les mobilisations et de s’engager avec force dans les actions décidées par l’intersyndicale interprofessionnelle du 10 décembre, dès le 12 décembre localement, puis le week-end, et de faire du 17 décembre une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations.

Clermont Ferrand, le 11 décembre 2019

FO

Le bureau confédéral de FO constate que le Premier ministre a confirmé essentiellement la volonté du gouvernement de mettre en place un régime unique par points supprimant l’ensemble du système existant et ses régimes. Il accélère même le calendrier législatif avec l’annonce d’un projet de loi en conseil des ministres le 22 janvier et sa présentation au parlement fin février.

FO constate aussi que sur chacun des aspects des conséquences de ce régime, le Premier ministre a confirmé la justesse des analyses qu’elle a exprimées publiquement sans relâche : le régime unique par points n’améliorera pas les droits mais les dégradera, du fait du passage au calcul sur les meilleures périodes de la vie active à l’obligation d’acheter des points tout au long de la vie active, y compris dans les périodes de bas salaire, de temps partiel, d’interruption de carrière.

Les mesures annoncées sont en fait des compensations aux difficultés rencontrées par les salariés et souvent les salariées dans l’emploi mais qui existent aujourd’hui dans le système actuel avec le Fonds de solidarité vieillesse, financées par la CSG sur les revenus du patrimoine et non comme demain sur le recul de l’âge de la retraite.

A ce sujet, FO constate que le premier ministre confirme la mise en place d’un âge d’équilibre à 64 ans, qui pénalisera par une décote (malus) celles et ceux qui voudront faire valoir leur droit à pension à 62 ans. Cela va à l’encontre au demeurant de l’affichage de la plus grande liberté ! Cela va aussi à l’encontre de ce que l’on nous rappelle comme étant un engagement de campagne puisque la réforme ne devait ni conduire à de nouvelles économies sur les retraites ni reculer l’âge de départ !

FO ne peut que déplorer et dénoncer que le projet soit de fait la marque d’une démission devant l’inéluctabilité des petits jobs (caissières à temps partiel, livreurs à vélo …), dans la mesure où plutôt que de combattre résolument le chômage et la précarité, le premier ministre explique qu’il faut adapter notre système de retraite "au nouveau visage de la précarité".

Incontestablement la mobilisation exceptionnelle et la grève engagée le 5 décembre conduisent le gouvernement à retarder l’application effective à la génération 1975 plutôt qu’à la génération 1963 comme initialement prévu.

Pour FO cela ne peut que confirmer la nécessité de renforcer cette mobilisation.

FO appelle l’ensemble des salariés du privé et du public à s’y associer.

FO le réaffirme, nous devons préserver notre système de retraite et ses régimes. Nous sommes prêts à négocier pour son amélioration.

CGT

TOUTES ET TOUS PERDANTS ET LA JEUNESSE SACRIFIÉE !

L’allocution du Premier Ministre confirme et aggrave les propositions contenues dans le rapport Delevoye.

La CGT constate que le gouvernement reste sourd aux exigences exprimées par les millions de salariés, jeunes, retraités, privés d’emploi, mobilisés massivement depuis des semaines et soutenus majoritairement par l’opinion publique.

C’est le choix du sacrifice de la jeunesse de notre pays qui est assumé par le gouvernement.

Le gouvernement non content de faire une réforme systémique annonce une modification des paramètres de départ en retraite dès l’année prochaine entrainant le recul de celui-ci.

Ainsi, toutes les classes d’âge et toutes les professions du public et du privé sont concernées par les mesures annoncées par le Premier ministre. Le gouvernement tente la division des salariés, y compris dans la même entreprise et la même profession.

Le gouvernement ne remet pas en cause le blocage des 3 leviers de financement que sont : les 14% du PIB consacré au financement, le plafonnement à 120 000 euros annuel des salaires soumis à cotisation et l’augmentation des recettes indispensables à l’amélioration du système actuel.

Cela dans un contexte où 6 millions de retraitables sont attendus d’ici 2042. Il apparait donc clairement que la variable d’ajustement serait la valeur du point et donc la baisse du niveau des pensions.

Par ailleurs, le gouvernement décide d’une réforme et confie aux « partenaires sociaux » le soin de sa mise en œuvre et d’en gérer les conséquences pour l’ensemble de la population, sous le contrôle des orientations budgétaires du gouvernement. Dès lors, ressurgissent les méthodes anti-démocratiques avec la volonté de vouloir passer par ordonnances et décrets des arbitrages essentiels pour l’avenir de nos retraites.

Le gouvernement maintient le cap sur la suppression des 42 régimes spéciaux et particuliers tout en précisant que certains secteurs bénéficieraient d’un traitement particulier. Cette mesure est aussi une négation de la reconnaissance de la pénibilité au travail. La CGT revendique la prise en compte de la pénibilité du travail par des départs anticipés avant 60 ans pour les salariés du privé comme du public.

Avec ces mesures, les femmes restent les grandes perdantes de cette réforme quoi qu’en dise le Premier ministre. La CGT exige la mise en place immédiate de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes telle que la loi le prévoit déjà.

Ajoutons à cela, la tentative de recycler des mesures déjà existantes (minimum de pension à 85% du Smic (soit 1000 euros), pension de réversion, allocation vieillesse des parents au foyer,…) comme des avancées sociales.

Le Premier ministre avait prévenu qu’il n’y aurait pas d’annonces magiques, le contenu de sa prise de parole le confirme.

Il y a donc nécessité à amplifier et élargir le rapport de force et ce, dès demain, jeudi 12 décembre et mardi 17 décembre 2019.

Montreuil, le 11 décembre 2019

SOLIDAIRES

Réforme des retraites : la grande illusion !

Les annonces d’E Philippe ont confirmé que la mise en place d’un régime par points n’est qu’une grande arnaque. Au-delà des éléments que l’on connaissait déjà par le projet Delevoye, quelques mesurettes ne viendront pas compenser la paupérisation de l’ensemble des retraité-es, les inégalités femmes-hommes, ou la fin des régimes spécifiques…tandis que le « il faudra travailler plus » s’appliquera à tout le monde !

Il faudra travailler plus jusqu’à l’âge d’équilibre !

Si le gouvernement ne change pas l’âge de départ légal à 62 ans, il met pourtant un « âge d’équilibre » à 64 ans avec des bonus malus incitant à travailler plus… Et cela concernera tout le monde.

Traduction : on partira encore plus tard à la retraite, sans parler de ceux et celles qui n’auront pas le choix et partiront avec encore une retraite encore diminuée vu leur état de santé, situation de chômage etc...c’est donc l’universalité, mais par le bas !

Une application différenciée suivant que vous êtes jeunes ou vieux : où est la simplicité et la justice ?

La réforme s’appliquera pleinement à ceux et celles né-es en 2004 (pas de chance…). Elle ne s’appliquera pas à ceux et celles né-es avant 1975 (pas de chance non plus vu les inégalités actuelles du système et risque de moindre indexation de leurs pensions). Pire, il y aura un autre système avec une retraite calculée sur l’ancien système pour ceux et celles nées après 1975…et avant 2004. C’est donc au final un panachage de systèmes injustes. La simplicité et l’universalité affichée ne sont là aussi qu’illusion !

Un minimum de pension - faux nez

La pension minimale à 1000 euros (85 % du SMIC pour une carrière complète) est montrée comme une réponse à la précarité, au temps partiel, au travailleur-euse en plate-forme. C’est oublier les mesures de la loi travail qui ont favorisé cette précarité, c’est oublier aujourd’hui que vivre décemment avec 1000 euros est quasi impossible, et qu’une majorité de femmes n’ont pas de carrières complètes ! Et donc n’auront qu’une partie de ce minimum. Cette revalorisation de la pension minimale n’est pas suffisante, il faut le SMIC au minimum, et cela peut se faire indépendamment de la mise en place du système par points.

Cheminot-es, infirmières, enseignant-es… renvoyés à des négociations internes !

La fin des régimes spéciaux aura des conséquences brutales pour certaines professions, fin de départ anticipé notamment. C’est même E. Philippe qui le reconnaît : pour autant, il renvoie sans moyens, et sans calendrier clair les questions d’un aménagement de la transition aux négociations internes avec les établissements publics ou au ministère de tutelle. Tout comme la prise en compte de la pénibilité qui n’est pas plus précisée.

Et pour la moitié de la population ?

Les femmes seraient les grandes gagnantes de ce système...de qui se moque-t-on ? Déjà que le système de rattrapage des salaires mis en place par ce gouvernement (l’INDEX) a déjà montré ses limites, ce ne sont pas les majorations de 5 % dès le premier enfant (et en plus qui pourrait être prise par le père) qui assureront une autonomie financière des femmes au moment de la retraite vu leur carrière beaucoup plus heurtées que celles des hommes. Ce seront encore elles les plus concernées par les malus !

Un système de retraite à financement verrouillé !

Au fond, quand on verrouille le financement de ce système à des dépenses représentant 13,8 % du PIB, forcément c’est un jeu figé : avec des générations plus importantes dans les prochaines années à la retraite, c’est le « travailler plus » pour avoir moins de pensions qui sera le menu de tout un chacun… alors que d’autres solutions de financement existent, mais celles-ci signifieraient un autre partage des richesses, que ce gouvernement et le capitalisme se refuse catégoriquement. Ce n’est pas pour rien si le Medef est si réjoui...

Quant à la démocratie sur la gestion du système par les partenaires sociaux, on repassera… si la ligne de maintien budgétaire n’est pas respectée...c’est le recadrage du gouvernement qui interviendra !

Pour l’Union syndicale Solidaires, il faut accentuer la pression, multiplier les manifestations et généraliser la grève afin d’obtenir le retrait de cette réforme. Paris, 11 décembre 2019

UNSA

Des avancées insuffisantes, une ligne rouge inacceptable – UNSA

11 décembre 2019 - Après des mois de tergiversations, le Premier ministre vient de dévoiler l’architecture globale de la réforme des retraites.

Quelques-unes des mesures annoncées aujourd’hui sont à mettre au crédit de notre action, basées sur des propositions de l’UNSA.

L’UNSA a défendu l’intérêt de l’ensemble des salariés et prend acte des évolutions proposées :

La première génération concernée par le régime universel sera celle née en 1975. Pour autant, les générations suivantes ne doivent pas être oubliées. Ces 12 années gagnées par rapport au projet initial, à mettre à l’actif de l’action de l’UNSA, laisseront ainsi le temps nécessaire pour améliorer les carrières, les salaires, la qualité de vie au travail de l’ensemble des salariés.

Les salariés, nés à partir de 1975, bénéficieront de 100 % de droits acquis dans l’actuel régime . Ce qui est une garantie indispensable en particulier pour celles et ceux qui y ont déjà accompli une part significative de leur carrière.

De grandes incertitudes persistent qui éloignent la sortie de la crise.

- Sur la Fonction Publique globalement où les annonces ne sont pas à la hauteur, pour la fonction publique hospitalière, territoriale et pour toutes les catégories qui touchent le moins de primes.

- Sur les mesures de compensation, en particulier pour les enseignants, l’UNSA considère que les annonces d’une revalorisation et d’une garantie de maintien de pension vont dans le bon sens. Il faudra cependant, avant la fin de semaine, que le voile soit levé sur un démarrage très rapide de négociations, sur le volume financier consacré et sa programmation.

- La prise en compte de la dangerosité de certains métiers n’est toujours pas complètement clarifiée.

- Concernant les régimes spécifiques (RATP, SNCF), le Premier ministre s’il dit avoir entendu la nécessité d’une transition plus longue, renvoie celle-ci à des négociations d’entreprise, sans préciser aucune borne d’âge ni accorder aucune garantie quant au respect du contrat social. Ce flou n’est pas acceptable et ne répond pas aux attentes pourtant claires des salariés.

- Concernant la pénibilité rien de nouveau. Des négociations sérieuses doivent enfin commencer afin de prendre en compte tous les métiers.

Enfin, la mise en place d’un âge pivot à 64 ans en 2027 avec une montée en charge dès 2022 est pour l’UNSA une ligne rouge.

Nous avions prévenu qu’il ne fallait pas mélanger une réforme systémique avec des mesures d’équilibre financier. Nous n’avons pas été entendus sur ce point. Une contrainte supplémentaire apparait pour les partenaires sociaux, enjoints d’en définir les détails techniques.

Ce n’est pas acceptable.

Nous poursuivrons nos échanges et notre pression auprès de l’exécutif afin obtenir de nouveaux acquis ou de nouvelles garanties. Notre méthode mélant négociation et mobilsation va se renforcer. Concernant la mobilisation, nous allons en discuter avec nos partenaires.

Dès présent, l’UNSA se dirige vers une mobilisation plus globale, y compris par la grève dès mardi prochain.

Laurent ESCURE

Secrétaire Général

 

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