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Les IUFM bradés : 1 projet de loi et un rapport parlementaire Le député Grosperrin est décidément très actif puisqu’après avoir déposé un projet de loi sur la formation des maîtres, il vient de publier un rapport parlementaire sur le sujet. Le SNUIPP argumente et exige la prise en compte sérieuse de la formation initiale.

Projet de loi

Communiqué de presse.

Une proposition de Loi, déposée par le député Grosperrin, a pour objet de modifier le Code de l’Education en ce qui concerne certaines dispositions relatives à la formation des maîtres. Son contenu marque un pas supplémentaire dans la liquidation d’une formation des enseignants professionnelle et encadrée. Le texte vise à supprimer les IUFM pour ouvrir la porte en grand à des préparations privées au métier d’enseignant. Il fait également disparaître le cahier des charges de la formation, renvoyant son cadrage à un référentiel de compétences des enseignants qui n’a pas été pensé pour avoir cette fonction. Enfin, toute référence à la formation continue des enseignants est supprimée.

La compréhension des situations de réussite et d’échec des élèves nécessite une grande expertise professionnelle. Celle-ci s’acquiert par une formation de qualité. Aujourd’hui, les IUFM disposent d’équipes de formateurs pluri-catégorielles (formateurs disciplinaires, maîtres formateurs...) dont il faut développer le potentiel au sein des universités, notamment en ce qui concerne les savoirs professionnels de l’école primaire. La proposition de Loi précipitée de M. Grosperrin mène donc à l’impasse. Vouloir dissoudre définitivement les IUFM, c’est perdre ces compétences et accroître encore le fossé entre les formations théoriques et pratiques, alors qu’une articulation étroite et progressive entre ces deux dimensions est indispensable pour apprendre à enseigner.

Le SNUipp-FSU demande à M. Grosperrin de retirer cette proposition de loi. En tout état de cause, il appelle les parlementaires à ne pas adopter ce texte. Aujourd’hui, l’urgence est ailleurs, comme en témoignent les critiques unanimes contre la réforme calamiteuse de la formation, qui place les étudiants et stagiaires dans de grandes difficultés. Le SNUipp-FSU rappelle la nécessité d’une remise à plat de l’actuelle mastérisation, pour une véritable formation professionnelle de haut niveau dans des IUFM rénovés.

Paris, le 20 janvier 2012

Rapport parlementaire

Ce nouveau rapport parlementaire, signé par le député UMP Jacques Grosperrin, dresse un bilan de la mise en oeuvre de la réforme de la mastérisation. Il constate que si l’objectif d’amélioration de la formation initiale était un objectif consensuel, les modalités de mise en oeuvre font l’objet de vives critiques, notant notamment que « la conception et l’organisation de la formation des enseignants ne sont pas pensées dans leur globalité ». Certains constats peuvent être partagés. Cependant, si certaines, parmi 18 propositions présentées, pourraient être pertinentes, d’autres sont particulièrement dangereuses et vont à l’encontre d’une réelle amélioration comme la suppression du tiers de temps de formation continuée pendant l’année de stagiaire. La formation reste centrée sur une conception de l’apprentissage du métier s’appuyant sur du tutorat, avec l’idée de définir des « références pédagogiques opposables ». Le « socle commun » y est un élément structurant de la formation (modules dès la licence, master spécifique).

La suppression des concours (préconisée dans le précédent rapport) n’apparaît plus dans les propositions, mais reste une perspective (d’ici 10 à 15 ans). Rappelons que confier le recrutement, sur la base du master, aux académies ou aux chefs d’établissement met en danger le statut de fonctionnaire et l’égalité de traitement des candidats sur tout le territoire.

Ce rapport argumente en faveur d’une revalorisation conséquente des salaires en début de carrière, mais occulte la perte, avec l’année de PE2, d’une année de salaires et de prise en compte de l’AGCS. Il n’envisage pas de réelle revalorisation sur l’ensemble de la carrière.

Enfin, ce rapport évoque la nécessaire réflexion sur les IUFM. Or, à peine un mois plus tard, le même rapporteur dépose une proposition de loi visant à les faire disparaître

26 janvier 2012

 

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