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Le LPC : présentation synthétique

1/ Les compétences : une question professionnelle...

On peut lire chez Sabine Kahn " Travailler par compétences ne constitue pas une mode pédagogique. Il est peu probable qu’un retour en arrière se fera. Quand bien même nous n’utiliserions plus le terme de compétence, il restera que l’attention à ce qu’apprend l’élève et à sa capacité de mobiliser ce qu’il a appris dans de nouvelles situations restera le cap que l’école et les enseignants devront tenir. Pour les enseignants (et leurs élèves) habitués aux situations complexes, aux situations-problèmes, aux projets, le virage était déjà amorcé. Pour les autres, c’est plus difficile. Mais pour tous, la réflexion et l’action en équipe de cycle ou pluridisciplinaire est probablement un des meilleurs supports à ce qui constitue un aboutissement pédagogique. "

… et politique

La recherche aujourd’hui s’efforce d’éclaircir le concept de compétences, il semble bien difficile de trouver un consensus sur la question. On peut dégager principalement l’apparition de 2 lignes de forces :

1- La notion de compétences est apparue dans les années 70 :

c’est un tournant important puisque on ne considère plus que le développement de l’enfant est dicté par l’existence de « dons » qu’il suffirait de stimuler, mais que : « tout enfant peut apprendre si on l’inscrit dans une situation qui fait sens pour lui, si on l’aide à identifier et à réutiliser ce qu’il acquiert ». Dans ce mouvement qui perdure aujourd’hui, la notion de compétence cristallise le souci de dépasser les modes de formation qui visent uniquement à la transmission des savoirs institutionnalisés ; elle est considérée comme un levier pour lutter contre la fatalité.

2- L’approche par compétences dans l’enseignement est vraiment apparue dans une majorité de pays de l’OCDE à travers la mise en place de socles communs et troncs communs depuis le début des années 90. Elle a particulièrement été développée dans la dernière décennie depuis la stratégie de Lisbonne. Pour certains courants, il s’agit d’une conception de l’éducation au service de la rentabilité économique et du profit ; les compétences sont au service du développement de l’adaptabilité des individus, leur flexibilité. Pour d’autres, ce même mot de compétence, associé à l’éducation ou à l’économie recouvre deux réalités différentes. (voir contributions)

Pour conclure, sur l’analyse de ce concept, une citation de P. Meirieu pourrait constituer une synthèse des différents points de vue : « Il faut donc se méfier du concept de compétence. Utilisé sans précaution ni lucidité, il peut comporter de véritables dangers. Mais il ne faut pas, pour autant, sous-estimer tout ce que ce concept porte de positivité. Et d’abord, en tout premier lieu, il constitue un précieux levier pour lutter concrètement contre toutes les formes de fatalité. » (voir diaporama + chronologie)

2/ Le LPC

Le LPC est un livret qui rassemble les attestations de connaissances et de compétences du socle commun. D’après les textes officiels, il doit permettre, après évaluation, de valider « de manière positive » les compétences des élèves. Elles sont mesurées à 3 étapes de la scolarité : palier 1, palier 2 en CM2, palier 3 en 3ème. (voir diaporama)

Modalités d’utilisation

Le ministère précise L’attestation se décline en trois niveaux :

- La compétence : ensemble de connaissances, capacités et attitudes. Le livret est organisé en 7 compétences. Exemple la compétence 1 : la maîtrise de la langue française. C’est ce que les enseignants doivent valider en fin de palier.

- Le domaine : par exemple dans la compétence 1, lire, écrire ; pas de validation.

- L’item : une déclinaison du domaine ; par exemple pour lire, adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé et à l’objectif poursuivi, dégager par écrit ou oralement l’essentiel d’un texte lu ; c’est ce que les enseignants doivent renseigner au fur et à mesure. La validation d’une compétence est nécessairement interdisciplinaire. Il n’y a pas de compensation possible entre les piliers. Il n’y a pas de hiérarchie entre les items. Toutes les disciplines ne participent pas forcément au renseignement de tous les items.

Ce qu’on me demande, ce que cela me demande

On peut lire chez Bisserkine « On constate une certaine perplexité, notamment devant la difficulté à emboiter tous les éléments du puzzle institutionnel.  Comment concilier en effet :

- Évaluation des contenus des programmes et des compétences du socle commun ?

- Livret scolaire « traditionnel » et livret de compétences ?

- Évaluation sommative et évaluation formative ?

- Logique annuelle des programmes et logique pluriannuelle du socle ?

- Logique de classe ou d’école ?

- Maîtrise de procédures ou de compétences ?

Les enseignants cherchent, se questionnent, élaborent en équipe des outils, cherchent à trouver des solutions pragmatiques pour imbriquer les pièces de ce puzzle ou au contraire les laissent juxtaposées. Des besoins de formation et d’éclaircissements sont clairement exprimés, les apports de la recherche sont appréciés. La simple lecture accompagnée de la prescription ne suffit pas aux professionnels qui cherchent à redonner du sens et un sens à leur pratique. » Sans avoir prévu de formations à la mise en œuvre du livret, le ministère doit envisager les difficultés qu’elle représente car on trouve sur le site éduscol une profusion d’outils sur ce sujet... Diaporamas pour les enseignants des écoles, pour ceux du collège, pour les parents... Actes d’un séminaire et grilles de références (paliers 1, 2 et 3), vade mecum disciplinaires, outils d’aide à l’évaluation (fiches repères, DVD... )

Pour jeter un pont entre socle et programmes viennent d’être mis en ligne sur le site du ministère des « grilles de références pour l’évaluation et la validation des compétences du socle commun » par palier. Elles fournissent des indications pour aider les enseignants dans l’évaluation des acquis des élèves. Elles explicitent les items du livret personnel de compétences et précisent les exigences à chaque niveau de validation et apportent des précisions en lien avec les programmes et les progressions ; elles proposent des modalités possibles de l’évaluation, des critères d’observation et précise le niveau attendu pour évaluer l’item positivement.

Les problèmes des enseignants sont liés à la difficulté professionnelle d’évaluer certaines « compétences », la difficulté de savoir pour certaines compétences qui évalue quoi, la nécessité d’un travail d’équipe alors qu’on manque déjà de temps pour la concertation. Pour tous les enseignants est dénoncée la surcharge de travail.

le ministère reconnaît, lors de son séminaire : La validation du socle : un rendez vous stratégique de l’école au collège qu’il faut d’urgence préparer, en tenant compte des risques encourus :
- le risque de l’usine à gaz

- le risque de l’intégrisme d’un référentiel parcellisé

- Le risque de laxisme

- Le risque de l’inégalité

Les diverses autorités institutionnelles, du ministère aux inspections pédagogiques régionales, envoient des messages parfois contradictoires... Dans telle circonscription on revisite le livret et on l’aménage, dans telle autre on travaille sur une version numérique qui permet de faire le lien entre programmes et socle…

L’accompagnement est insuffisant (malgré les efforts des CPC). L’aspect chronophage est souligné.

Dans le premier degré, même si c’est le conseil de cycle qui valide, on n’est pas dans la même difficulté qu’au collège : l’enseignant polyvalent a beaucoup moins de difficultés à renseigner le livret, les aspects interdisciplinaires étant plus faciles à traduire. Néanmoins, le côté binaire « acquis/non acquis » est, pour beaucoup de compétences, de l’ordre du subjectif... de l’enseignant... Les outils proposés par le MEN (grilles de référentiel) déclinent certes la validation d’items, mais des points mériteraient éclaircissement comme « dire de mémoire quelques textes en prose ou poèmes courts » Et puis à partir de quels items, de combien, on valide une compétence ; que faire si certains domaines n’ont aucun item validé ? Tous les items ne sont pas de même nature, de même difficulté, de même valeur !

Et le livret numérique ? Questions éthiques

D’une manière précise, sur le livret électronique : Comme pour l’ensemble des fichiers, l’attention doit être portée à la numérisation de données et aux liens entre fichiers, à l’utilisation faite de données concernant la scolarité des élèves. Cette question relève des « Droits et liberté » et est traitée avec beaucoup de sérieux par la commission du SNUipp sur les fichiers...

Ne pas confondre LPC et livret expérimental de compétences

Parallèlement à la mise en place du LPC se développe de façon expérimentale, dans les établissements d’enseignement volontaires, le « Livret de compétences expérimental de compétences ». Il globalise LPC, diplômes et certificats, enregistre les compétences, aptitudes et acquis, dans le champ de l’éducation formelle et informelle, ainsi que les engagements dans les activités associatives, sportives ou culturelles. Le Gouvernement remet au Parlement, au plus tard le 30 septembre 2012, un rapport d’évaluation de la présente expérimentation. »

Lire aussi : Décret n° 2007-860 du 14 mai 2007, qui introduit le LPC dans le code de l’éduc, articles D. 311-6 à D. 311-9

 

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