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Section SNUipp-FSU des Ardennes


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Déclaration FSU au CTPD du 21 Mars 2011 Le CTPD se réunit aujourd’hui Lundi 21 Mars pour examiner la « gestion des emplois dans les collèges et SEGPA » et sans doute valider encore les suppressions de postes programmées, comme si de rien n’était…

Malgré des constats indéniables et largement partagés, notre Ministre refuse en effet de voir la réalité du terrain (les classes de plus en plus chargées, la difficulté scolaire qui s’accroît, le malaise grandissant des enseignants, …) et d’entendre les revendications des personnels et des parents d’élèves (portant sur la formation des enseignants, les remplacements non assurés, l’offre de formation de plus en plus réduite pour les élèves,…), qui se sont pourtant très largement exprimées le Samedi 22 Janvier, le Jeudi 10 Février et encore ce Samedi 19 Mars à Paris et dans toutes les villes de province… Il continue, au mépris total des élèves dont l’Institution qu’il représente (ou plutôt « manage »…) a la charge, à imposer à son « entreprise » une gestion comptable au prétexte affiché d’une nécessaire réduction des dépenses publiques…, qui a cependant bien du mal à masquer l’idéologie libérale désormais installée dans l’Éducation Nationale, véritable gangrène de l’École publique, laïque et républicaine, soucieuse de la réussite de tous ses élèves, soucieuse de l’avenir et de la formation de tous les jeunes…

Nous accusons le gouvernement et le ministère de l’Éducation Nationale de mener une politique budgétaire et éducative qui sape les fondements mêmes du service public d’éducation, qui creuse de plus en plus les inégalités, qui prône le chacun pour soi et renvoie à chacun la responsabilité de sa situation individuelle, qui crée véritablement une École ségrégative, à deux vitesses…

Nous accusons le ministère de l’Éducation Nationale d’utiliser un double langage (dont plus grand monde n’est dupe désormais…) et de manier l’hypocrisie pour ne pas dire la tromperie… dans sa communication et sa tentative de justification de ses réformes… : ainsi, il claironne ses vœux pieux d’ « égalité des chances », de « réussite scolaire » , de « prévention de l’illettrisme »…, pendant que dans le même temps il organise et amplifie chaque année un peu plus la dégradation des conditions d’études et d’apprentissages des collégiens, anéantit littéralement l’Éducation Prioritaire et installe de force (au mépris encore une fois des instances représentatives qui n’ont même pas été informées encore moins consultées !) le dispositif ECLAIR, stigmatisant encore plus certains quartiers, certaines familles, certains élèves…, comme marqués du sceau du déterminisme social, confinés dans une formation réduite à peau de chagrin, aux perspectives d’avenir peu ambitieuses, à la scolarité surtout moins coûteuse…

Nous accusons les services académiques du Rectorat de l’Académie de Reims d’appliquer avec zèle et volontarisme cette politique budgétaire et éducative qui va encore supprimer 220 postes dans le second degré à la rentrée 2011…, nous accusons l’autorité académique de tenter dans le même temps de « vendre » ses missions « égalité des chances » et « sport et santé » ou encore ses dispositifs « cordées de la réussite » et « prévention et lutte contre le décrochage scolaire », d’essayer de faire la publicité de « l’internat d’excellence de Langres, une chance de plus pour réussir »…, opérations de « com » poudre aux yeux qui espèrent faire écran à la transformation en profondeur du système éducatif français, à sa destruction orchestrée pour répondre à une commande politique et viser à l’instauration de l’École du tri social ! Dans le même ordre d’idée et pour ajouter à la longue liste des sujets d’indignation, nous accusons cette même autorité académique de redessiner, sans consultation ni concertation, la carte des lycées des métiers et celle des lycées professionnels et technologiques, au prétexte d’une rationalisation des moyens…, au mépris des lycéens et de leurs familles et de la formation qu’ils avaient choisie ou l’intention de choisir…

Nous accusons les services départementaux de l’Inspection académique des Ardennes d’appliquer avec zèle et volontarisme cette même politique budgétaire et éducative qui va encore supprimer plus de 80 postes d’enseignants dans notre département (33,5 dans les écoles, 18 dans les collèges, 17 dans les lycées et 12 dans les LP)…, de mener une gestion inhumaine des personnels (quelle réaffectation pour les nombreux collègues victimes de carte scolaire ? Combien encore de postes à CSD pour les enseignants ardennais ?) et de leur imposer des conditions de travail de plus en plus difficiles (augmentation encore… du taux d’HSA, réduction de moyens, classes de plus en plus chargées, LPC, Histoire des Arts,…). Nous accusons l’autorité départementale d’encourager et de valider la déréglementation voire l’illégalité (le « contrôle de légalité » a-t-il été appliqué sur tous les TRMD remontés des établissements ? Des TRMD faisant apparaître explicitement le non respect des horaires réglementaires (IDD, ATP, ODP, …) peuvent-ils être pourtant entérinés par l’autorité de tutelle ?), de tenir aussi un double langage, celui, d’une part, de règles départementales définies et présentées en instance paritaire et celui, d’autre part, d’une déréglementation locale permise par la fameuse « autonomie de l’établissement »…, d’écouter les revendications et doléances des représentants d’établissements reçus en audience sans véritablement les entendre et leur répondre dans les faits…

Nous accusons l’autorité départementale de suivre à la lettre, au mépris des élèves en difficultés, de leurs familles souvent défavorisées et précarisées, la commande présidentielle de « dépôt de bilan des ZEP » et de faire le choix d’anéantir l’Éducation Prioritaire dans notre département par une réduction drastique des moyens qui lui étaient jusqu’alors alloués (avec des résultats pourtant probants… mais ces enfants-là ne le méritent peut-être pas et coûtent sans doute trop cher !!!), la reprise de 12 postes sur les 18 dans 4 collèges RRS et même 1 collège RAR est suffisamment éloquente et édifiante !

De quelle contorsion « linguistique » l’autorité départementale usera-t-elle pour justifier le retrait de 4 postes d’Allemand alors que le Rectorat de Reims met en avant son « plan de relance de l’Allemand » (tout en supprimant lui aussi la section Euro du collège Bayard et en menaçant de fermeture la section Abibac du lycée Monge…) ? De quelle contorsion « corporelle » usera-t-elle pour justifier le retrait de 4 postes d’EPS alors que le Ministère vante son dispositif « Cours le matin, sport l’après-midi » et que le Rectorat de Reims a engagé ses meilleurs agents spéciaux dans la mission « Sport et santé »… ?

A l’instar de tous ceux qui ont encore manifesté avant hier leur rejet de cette politique budgétaire et éducative, nous sommes profondément indignés du traitement qui est fait actuellement au service public d’éducation, aux élèves surtout et plus précisément à tous ceux de notre département qui en ont le plus besoin, nous sommes profondément choqués de cette idéologie libérale qui favorise le plus fort et le plus riche et qui délaisse les autres, moins favorisés, dans une « non assistance » organisée.

La FSU continuera à dénoncer ces orientations inacceptables et à faire valoir un autre projet d’École, plus juste, plus égalitaire, véritablement ambitieux pour tous nos élèves, pour tous les jeunes de ce pays.

 

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