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CLAIR : Kesaco ?

Communiqué de presse

Un démantèlement ECLAIR de l’éducation prioritaire ?

Le SNUipp dénonce l’annonce, par voie de presse, sans aucune consultation des personnels ou des syndicats, de l’extension du dispositif CLAIR aux écoles ; C’est faire peu de cas de l’engagement et de l’expérience des enseignants travaillant en zone d’éducation prioritaire ! La reconnaissance bien tardive par le ministère du rôle et de l’importance de l’école primaire pour favoriser la réussite scolaire ne peut cacher de nombreuses inquiétudes : Quel sort est réservé aux écoles en RAR et RRS ? Que sera le devenir des coordonnateurs de réseaux ? Qui pilotera le dispositif ? Quel sera l’avenir des maîtres surnuméraires et des enseignants référents ?

Le SNUipp ne partage pas la conception sécuritaire qui avait initié la mise en oeuvre de ce dispositif. Il dénonce également la mise en place du système de postes à profil qui pourrait l’accompagner. Si le ministère affirme que ni les directeurs d’école, ni les IEN ne recruteront les enseignants, le SNUipp s’inquiète d’une possible dérégulation en matière de gestion des personnels. Il regrette aussi l’effacement de la notion de réseau présente en RAR ou RRS et l’absence de proposition concrète au niveau pédagogique.

Alors que la politique de l’éducation prioritaire devrait être une des priorités de notre système éducatif, le ministre serait bien inspiré de suivre les préconisations du récent rapport de la DGESCO sur les RAR. Celui-ci pointe entre autres que "la mobilisation des équipes, notamment des enseignants, sur des dimensions plus éducatives a permis d’apaiser notablement le climat scolaire".

Le SNUipp partage certaines conclusions du rapport. Oui, les maîtres supplémentaires sont un facteur d’efficacité et de meilleure prise en charge des élèves en difficultés, oui la formation et le travail en équipe y compris entre les écoles et les collèges sont indispensables, oui, les enseignants-référents jouent un rôle important dans le fonctionnement de ces réseaux.

Ces leviers doivent être réaffirmés, consolidés et reconnus au sein de toute l’éducation prioritaire notamment dans les RRS. Le SNUipp refuse que cette extension des CLAIR soit un prétexte au démantèlement complet de l’éducation prioritaire.

C’est l’exigence d’une politique visant à la réussite de tous les élèves en éducation prioritaire que le Snuipp portera aussi lors de la journée du 22 janvier.

Paris, le 18 janvier 2011

* En juin 2010, le SNUipp rendait compte d’une enquête sur l’éducation prioritaire menée auprès de 60 de ses sections départementales. A lire en ligne :http://www.snuipp.fr/Enquete-aupres-des-sections

*Ci-joint une note de presse « Zoom sur l’éducation prioritaire » rassemblant notamment des données chiffrées sur le sujet.

Paris, le 18 janvier 2011

Notes au sujet des établissements Clair

Les documents de référence 1.circulaire n° 2010-096 du 7.7.2010 2.L’allocution de Chatel devant les chefs d’établissements concernés par le projet le 21.09.2010

Le contexte

Le lancement du programme « Clair » a été annoncé à la clôture des Etats généraux de la sécurité à l’école. Il est intéressant de noter qu’à cette occasion a été annoncé à la fois la création des internats « d’excellence » (53 au total) et des ERS, les établissements de réinsertion scolaire pour les élèves détectés « dangereux » ! On voit bien là l’objectif de démantèlement de l’EN, avec un éclatement dans la façon de répondre aux difficultés.

Le programme.

Dans un premier temps le ministre qui explique que ce projet « lui tient particulièrement à cœur » valorise « l’autonomie et la libération de l’initiative individuelle ». Les chefs d’établissement seraient les pionniers d’un dispositif qui a « vocation à s’étendre ». Il dénonce la superposition des dispositifs (8 au total) mis en place depuis 1990 y compris les RAR mis en place en 2006. On peut s’appuyer sur cette forme d’autocritique pour rappeler notre opposition à cette superposition ! L’objectif du ministre mais surtout de Sarkozy (cf ses déclarations pendant la campagne électorale sur la faillite des ZEP) est la remise en cause complète d’une politique ambitieuse pour l’éducation prioritaire. Il s’agit aujourd’hui d’abandonner une politique de zone pour une politique (très restreinte) d’établissement. Cela exclut pour le moment les écoles du 1er degré !

Le programme repose sur trois champs « d’innovation ». On peut remarquer que dans l’allocution du ministre les « priorités » ne sont pas les mêmes :
- dans la circulaire : 1. Innovation pédagogique. 2. Innovation Vie scolaire. 3 Innovation « Ressources Humaines ». dans l’allocution l’innovation « Vie scolaire » passe en 1er ! Ce n’est pas un hasard car Chatel trouve une caution « scientifique » avec Debarbieux qui avait dirigé les EG et indiqué que pour lutter contre la violence, il s’agit d’agir sur le « climat » des établissements

« L’innovation » Vie scolaire 

Le ministre insiste sur la mesure phare : la création des préfets des études, avec un-e préfet-e des études par niveau de classes au collège et en 2nde au lycée. En réalité, il semble que le nombre dépende du nombre d’élève ainsi dans certains établissements un-e préfet-e est responsable de deux niveaux. Dans la circulaire le préfet des études est désigné comme membre de l’équipe de direction avec comme 1ère mission « assister le chef d’établissement dans l’organisation et l’animation de la vie de l’établissement sur les champs éducatifs et pédagogiques ». Chatel réaffirme que le préfet est « l’adjoint pédagogique du chef d’établissement ». Plusieurs missions lui sont confiées : assurer le lien entre les enseignant-es et la vie scolaire. Mettre en place les différentes pratiques d’enseignement Agir pour le respect des règles communes Agir sur l’implication des familles Non seulement il y a remise en cause des CPE mais il s’agit surtout de mettre en place une hiérarchie intermédiaire. Chatel a confié comme mission aux IA / IPR de les aider dans leur projet d’accès au corps des personnels de direction. Ils recevront une indemnité substantielle (2000 euros). La fiche « profil » du préfet (cf annexe de la circulaire) est d’inspiration managériale :
- capacité à s’adapter aux diverses situations professionnelles
- capacité à mobiliser une équipe et à fédérer les initiatives
- fortes capacités relationnelles et de négociation, tant en direction des adultes que des élèves (sic)
- bonne connaissance d’un établissement scolaire et de ses partenaires.

« L’innovation » pédagogique

Il s’agit pour le ministre d’exploiter la loi du 23.04.2005 pour l’avenir de l’école (loi Fillon). La circulaire insiste sur le socle commun des connaissances. Dans les Clair, les expérimentations pédagogiques peuvent porter sur : la continuité pédagogique entre le primaire et le collège. L’organisation de travaux interdisciplinaires et la conduite de projet La reconfiguration du temps scolaire (certains établissements l’expérimentent actuellement). Le ministre insiste sur la culture et l’EPS l’après-midi ! La définition d’un parcours d’orientation spécifique pour chacun. On individualise à fond et on supprime les co-psy avec le PDMF. Pour le ministre cela passe par deux propositions : la bivalence pour les PLC et le recours aux PE en collège. Dans la fin de son allocution, le ministre « lâche » son objectif réel pour l’école « diversifier les élites », ce qui en totale contradiction avec ce qu’il rappelle au début sur « l’égalité des chances ».

« L’innovation » pour les « Ressources Humaines ».

« Peut-être la plus importante » aux yeux du ministre. Elle concerne tous les personnels (VS, enseignant-es, assistants sociaux). Le ministre rappelle l’attachement des chefs d’établissement à la stabilité des équipes éducatives pour justifier la casse du statut et le démantèlement du paritarisme. Le ministre motive ainsi le recrutement des personnels sur proposition des chefs d’établissement sur des postes à profil avec la signature d’un contrat. Comment cela se passe-t-il ? 1.Un entretien afin de s’assurer de la volonté des collègues de s’investir dans le projet d’établissement (labellisé Clair). 2.Le chef donne son avis au recteur qui en théorie décide mais on voit mal un recteur remettre en cause un avis du chef (qui est sur le terrain). 3.Le contrat est signé pour 5 ans. 4.Les collègues se verront proposée une formation « ciblée ». On met aussi en place des mesures incitatives avec une aide à l’installation (aide au logement). L’investissement des personnels sera pris en compte dans leur évaluation et pourra être un élément « facilitateur » pour obtenir prioritairement un avancement, une mutation ou une promotion. « Les personnels qui n’adhèreront pas au nouveau projet seront « encouragés » à rechercher une affectation plus conforme à leurs souhaits. On relèvera la subtilité des formules !

 

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