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Formation : Où en est-on ?

Groupes de travail sur le recrutement et la formation des enseignants

Les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche ont mis en place une concertation sur l’ensemble de la réforme de la formation des enseignants. Des groupes de travail se déroulent sur un calendrier extrêmement court, (avec plusieurs réunions par semaine) sur les thèmes suivants :

- Concours de recrutement ;

- Cadrage des masters et articulation avec les concours ;

- Organisation de la période de formation continuée pendant l’année de fonctionnaire stagiaire ;

- Revalorisation.

S’y est ajouté, à la demande de la FSU, et des autres organisations syndicales, un groupe traitant des questions relatives aux conditions transitoires pour l’année prochaine (correspondant aux concours 2010).

Chaque groupe de travail a un agenda de 3 à 4 réunions, réparties de fin avril à fin mai.

Y sont présents les membres du cabinet des ministères concernés, et les organisations syndicales FSU (SNES, SNUipp, SNEP, SNUEP, SNESUP), UNSA, SGEN, CSEN, Autonomes, et pour les thèmes les concernant, les syndicats d’étudiants (UNEF, FAGE, PDE, CE).

Du fait du grand nombre de rencontres, la situation est évolutive. A ce jour, voici les éléments en débat dans les différents groupes de travail.

1) Concours de recrutement

Les questions relatives au concours portent sur :
- la place du concours dans le cursus ;
- le nombre et la nature des épreuves ;
- la composition des jurys.

La place du concours fait l’objet de positions diverses. Quelle que soit la décision finale, elle sera la même pour tous les concours, afin d’éviter tout décrochage entre les différents métiers (PE, PLC, PLP,...). - Pour le SE et le SGEN, il devrait se situer après la licence (à L3) pour garantir ensuite deux années de fonctionnaire stagiaire. Cette éventualité est écartée par le ministère.
- Le SNES revendique un recrutement après le master (après M2).
- Le SNEP n’a pas de position tranchée.
- Le SNUipp demande un concours entre M1 et M2. Un concours au cours de l’année de M2, avec des épreuves d’admissibilité en octobre-novembre, et des épreuves d’admission en avril-mai, est envisagé. Cette structure a l’avantage de permettre entre les deux sessions des formations à caractère plus professionnalisant.

Les épreuves Elles ont été discutées pour chaque concours. Le cadrage initial du ministère fixant à 4 le nombre d’épreuves pour tous les concours n’est plus en vigueur, certains concours allant jusqu’à 5.

Concernant le CRPE, le ministère propose 2 épreuves d’admissibilité et 2 d’admission. a) Admissibilité (écrit) : français et culture humaniste (histoire, géographie, instruction civique). mathématiques et culture scientifique. Le ministère a reconnu la légitimité de notre demande de maintenir des questions didactiques. Il devrait rapidement indiquer la part chiffrée dans la notation. b) Admission (oral) : une épreuve dite « exercice pédagogique » consistant à préparer et présenter une séquence d’apprentissage sur une des disciplines enseignée à l’école primaire. une épreuve de connaissance du système éducatif, pour laquelle le ministère a établi une note de cadrage pour les différents concours.

L’épreuve de langue vivante disparaît, puisque les universités délivreront, à terme, une certification. De manière transitoire, une épreuve en LV est maintenue.

Le SNUipp a demandé qu’un dossier soit fourni au candidat pour l’exercice pédagogique. Le ministère devrait prendre en compte cette demande qui a été relayée par les autres organisations syndicales.

Le SNUipp a également demandé que soit examinée la possibilité d’assurer une plus grande polyvalence dans les épreuves, notamment orales, afin de garantir que certaines disciplines ne disparaissent pas des cursus de formation avant le concours. Ainsi, les candidats pourraient, lors de l’inscription, choisir entre des options regroupant certaines disciplines. Pour éviter la multiplication des épreuves on peut imaginer une option « EPS-musique » et une autre « arts visuels-littérature jeunesse ». Lors de l’épreuve, une seule des deux disciplines serait traitée par le candidat.

Pour l’épreuve de connaissance du système éducatif, la note de cadrage précise qu’il s’agit d’un exposé suivi d’un entretien. « L’exposé permet au candidat de présenter une analyse d’un dossier et de formuler un avis ». Il s’agit ensuite de « vérifier les connaissances du candidat relatives aux valeurs et exigences du service public, à l’organisation du système éducatif et à ses institutions ». Cette note précise qu’il s’agit de « s’assurer que le candidat a acquis une culture générale suffisante du système éducatif, une compréhension de son organisation, de son fonctionnement, de ses évolutions et des défis qu’il doit relever ». Pour le SNEP et le SNUEP, cette épreuve doit avoir une assise disciplinaire importante. Le SNUipp fait part de son souhait de voir intégrer des éléments relevant de la connaissance du développement de l’enfant (aux plans psychologique, physiologique, cognitif) ainsi que des savoirs sur l’histoire des mouvements pédagogiques et de philosophie de l’éducation pour s’assurer que ces dimensions seront intégrées dans les maquettes de master.

Pour les concours second degré, les avis sont divers selon les concours et les organisations :
- Le SNEP et les autres syndicats sont satisfaits du cadrage du CAPEPS.
- Le SNUEP exprime des réserves, diverses selon les disciplines.
- Le SNES juge le concours de CPE « trop professionnalisant ».

Les CAPES ont fait l’objet d’une réunion spécifique. Le SNES n’est pas favorable à la mise en place de l’épreuve de connaissance du système, contrairement au SE ou au SGEN.

Pour le premier degré, le SNUipp a renouvelé ses interrogations concernant le recrutement des psychologues scolaires. Le ministère s’est engagé à mettre en place un groupe de travail sur cette question.

2) Cadrage des masters et articulation avec les concours

Il existe au départ une difficulté de fixer un cadrage des masters de manière institutionnelle du fait de l’autonomie des universités.

Cependant trois éléments permettent de dépasser cette difficulté : les concours ; la délivrance d’une habilitation pour les masters ; le référentiel de compétences des enseignants.

Une circulaire du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (circulaire Hetzel, 26 octobre 2008) fixait un premier cadrage des masters. Peu de maquettes de master ont été déposées pour l’an prochain par les Universités et les IUFM qui entendaient ainsi protester contre la réforme et ses délais insensés. Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a fait savoir qu’il n’y aurait pas de validation par l’AERES des quelques maquettes déposées (la plupart par l’enseignement supérieur privé). Le 13 mai lors du groupe de travail a été annoncée une nouvelle circulaire pour cadrer la validation de l’année de M1 et en définir les critères.

Une des questions à régler est le rôle des IUFM et des UFR dans le pilotage des formations. En découlent les aspects statutaires des formateurs, mais aussi leurs missions.

3) Organisation de la période de formation continuée pendant l’année de fonctionnaire stagiaire.

Les discussions portent sur :
- la quotité de décharge au cours de cette année de fonctionnaire stagiaire ;
- les contenus de formation ;
- le suivi ;
- la validation, et la titularisation.

La quotité de décharge a été fixée à 1/3 par le ministre, après les mobilisations qui ont amené à reconnaître la nécessité d’une formation post concours, et non la mise en responsabilité à plein temps. Pour autant les organisations syndicales ont été unanimes à dénoncer l’insuffisance du cadrage envisagé et à réclamer au moins un mi-temps en formation, voir les 2/3 (SNES) ou le maintien à l’identique qui est 40% en classe, 60% en formation. La multiplicité des pistes à construire lors de cette formation amène à considérer l’importance d’une quotité de décharge suffisante pour y faire face.

Pour les contenus de formation, le ministère a souhaité une contribution écrite des organisations. Le SNUipp a fait le point sur ses exigences concernant cette année. La construction de l’identité professionnelle doit être assurée par la mise en place de divers dispositifs, prenant appui sur les besoins du stagiaire par rapport au temps passé sur le terrain, mais aussi dans la perspective de l’exercice du métier dans différents contextes, nécessitant des mises en perspective des difficultés rencontrées. La professionnalisation place le stagiaire au coeur du métier, avec l’exigence de faire apprendre les élèves. Il ne suffit pas pour cela de bien préparer en amont, il s’agit de mettre en oeuvre son enseignement, dans la complexité d’une situation de classe, et de le rendre efficace. Les dispositifs nécessaires au cours de cette année qui se situe pour nous dans le cadre de la formation initiale : des stages de pratique accompagnée, voire d’observation, en particulier pour les stagiaires n’ayant pas effectué, avant le concours de stages dans des écoles et établissements ; des ateliers d’analyse de pratique professionnelle ; des compléments didactiques, voire des approfondissements disciplinaires selon le parcours antérieur du stagiaire ; une formation (ou un approfondissement) au développement de l’enfant et de l’adolescent (aux niveaux physiologique, psychologique, cognitif,...) adapté à chaque niveau d’enseignement concerné ; de la formation au travail en équipe, au partenariat ; des formations spécifiques sur des thématiques telles que les relations aux familles, l’ASH, le partenariat, les situations spécifiques (comme les classes multiniveaux en primaire), les sorties scolaires,... des stages dans d’autres niveaux du système scolaire (collège, lycée,...). Les stagiaires doivent bénéficier de regroupements pour un grand nombre de formations. Un suivi individuel doit aussi être structuré, notamment par le biais de visites de formateurs sur le terrain de stage, assorties d’entretiens d’explicitation. Ces visites, par l’analyse particulière de situations observées, permettent au stagiaire de bénéficier de conseils adaptés pour modifier ses pratiques si nécessaire. Elles doivent le doter d’outils d’analyse pertinents pour son avenir professionnel. Un minimum de 5 visites annuelles (une par période), doit être envisagé.

Côté formateurs, récusant un simple compagnonnage, la FSU défend le principe de suivi, d’accompagnement, de formations assurées par des équipes pluricatégorielles. Cette formation ne peut pas s’appuyer uniquement sur la base de conseils fournis par un enseignant de proximité, même expérimenté. La FSU demande une réflexion sur le pilotage et l’organisation des différents volets de la formation au cours de l’année. Elle demande également que soit pensée la formation des formateurs. Le SNUipp a pointé la nécessité de mener, pour le premier degré du moins, la réflexion sur les formateurs de terrain : quelles places respectives pour les IPEMF et pour les CPC ? Quelle articulation avec les autres formateurs et quel cadrage des missions ? Quelles évolutions concernant la formation, la certification et le recrutement des maîtres formateurs ? Le ministère accède à la demande de la tenue d’un groupe de travail sur ce sujet.

Toutes les organisations ont demandé que soit maintenu le principe d’un jury pour la validation de l’année et la titularisation. Il ne pourrait être question d’une seule inspection sanction en fin d’année. Le ministère a reconnu que le référentiel de compétences restait en vigueur, et que le jury pourrait s’appuyer sur un dossier de compétences établi au cours de la formation et regroupant les différents éléments de validation de l’année (évaluations des formations, rapports de visites par les différents formateurs notamment). La FSU a rappelé l’importance des visites, qui permettent une individualisation de la formation et un « sur mesure » adapté aux difficultés rencontrées dans l’exercice du métier. Le stage en responsabilité ne peut cependant pas être évalué en début d’année : les premières visites doivent avoir une visée formative.

4)Mesures transitoires

Devant l’ampleur de la contestation, le ministère a dû concéder, pour la session 2010, le maintien des concours à l’identique. Les épreuves seront les mêmes qu’en 2009, les conditions d’inscription aux concours restent quasiment identiques : les inscriptions en IUFM (au niveau licence) vaudront inscription en master 1 par convention avec les universités. L’année de PE1 effectuée avant le concours sera reconnue par un master 1. Le problème reste entier pour l’année post concours des lauréats au concours 2010, dont le cadrage est bancal puisqu’il s’appuie sur le schéma de la mastérisation alors que les professeurs stagiaires auront eu un cursus de préparation au concours sur le modèle antérieur. Un communiqué commun FSU, UNSA et SGEN-CFDT en date du 12 mai demande solennellement que « soient maintenues les conditions d’organisation de l’année actuelle de stagiaire », pour éviter que de nombreux stagiaires ne se retrouvent devant des élèves sans avoir jamais effectué de stages en responsabilité. Les 2 ministères ont annoncé que les lauréats du concours 2010 auront la possibilité d’effectuer leur année de stage dès la rentrée 2010-2011, sans avoir à valider une deuxième année de master. Pour autant le ministère n’est pas revenu sur la quotité de décharge accordée pendant l’année de stage à la formation, acceptant cependant de réfléchir à des compléments possibles, soit lors de la première année de titularisation (T1), soit en heures supplémentaires pendant l’année de stagiaire. Ces mesures ne satisfont pas les revendications exprimées. La titularisation des lauréats au concours 2010 ne sera pas liée à l’obtention du master 2.

Les syndicats continuent de dénoncer l’insuffisance de la formation professionnelle pour ces futurs enseignants qui se retrouveront en pleine responsabilité de classe sans avoir jamais effectué au préalable de stage en responsabilité.

 

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