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SECTION SNUIPP-FSU DES ARDENNES


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Halte à la casse de la formation ! Communiqués, Pétition, Mobilisation : ça chauffe ! Pétition en ligne contre le projet ministériel et Etat de la mobilisation

Vous trouverez, les derniers communiqués de presse du de la FSU, du SNUipp, de la CDIUFM et de la CPU (joints sous format PDF). Ils témoignent d’un front unanime contre la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, qui va à l’encontre d’une amélioration de la formation. Les récentes déclarations du Ministre de l’éducation remettant en cause les IUFM et l’ensemble des formateurs, ne font que renforcer le discrédit de cette réforme.

Vous trouverez également un lien pour une pétition en ligne contre le projet ministériel. Bien entendu, cette pétition ne suffira pas... mais elle est une étape dans la construction de la mobilisation qui s’étoffe, comme vous pourrez le lire dans l’état de la mobilisation ci-dessous.

Le Secteur IUFM

Communiqué de presse SNUipp

Formation des enseignants : sortir de l’impasse

Plus de 13 000 professeurs des écoles stagiaires se préparent cette année à devenir enseignants à la rentrée prochaine. Ils effectuent une formation en alternance : 40% de leur temps en responsabilité d’une classe pour des stages dont l’organisation est fixée dès le début de l’année scolaire et 60% de cours à l’ IUFM. Leur formation est validée par un jury placé sous la responsabilité du recteur d’académie.

Les dernières modifications apportées à la formation initiale l’ont été par F. Fillon et Gilles de Robien. Pourquoi le ministre de l’Education Nationale vient-il à nouveau de perdre son sang-froid et de prononcer des propos méprisants vis-à-vis des étudiants, des stagiaires et des formateurs ? Est-ce que les exigences exprimées par les enseignants des écoles lors des journées de grève du 20 novembre et du 29 janvier et dans le mouvement en cours dans les IUFM rejoignent les déclarations de la Conférence des Présidents d’université et des directeurs d’IUFM ? Les quelques précisions apportées avec les mesures transitoires pour les étudiants et la mise en place d’un stage en responsabilité dans le master par an sont bien loin de répondre à toutes les demandes des enseignants et des formateurs.

Pour le SNUipp, enseigner est un métier qui exige une formation initiale incluant une dimension professionnelle forte. Cette question est trop importante pour l’avenir des élèves et de l’école, pour qu’elle se traduise par une improvisation et un travail mené dans l’urgence. Le SNUipp, qui est favorable à une reconnaissance par un master de la formation des enseignants, demande le report de l’actuel projet de réforme afin d’obtenir l’ouverture de véritables discussions. Il appelle en ce sens les stagiaires et les professeurs des écoles à participer à la journée d’action du 19 février.

Paris, le 17 février 2009

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Communiqué de presse CDIUFM
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Communiqué de presse CPU

Réforme de la formation : Etat des mobilisations

Après la manifestation nationale du 10 février dernier, mobilisant les professeurs d’université, les formateurs d’IUFM et les étudiants, les actions se poursuivent dans les universités et les IUFM contre les réformes du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des enseignants.

Dans l’Académie de Bordeaux, les IUFM de Bordeaux, Pau, Agen, Caudéran, ont tenu des assemblées générales le 10 et 11 février. De nombreux étudiants, stagiaires et formateurs y ont participé. Ces AG ont voté le blocage du concours blanc, et ont organisé la diffusion de tracts (Y compris en direction de l’opinion publique) ainsi que la multiplication d’initiatives locales qui devront se poursuivre après les vacances.

A Besançon, le conseil d’administration de l’université a été bloqué par des manifestants et une délégation a été reçue. Le CA a voté le blocage des maquettes de masterisation.

A Montpellier, le Conseil d’école de l’IUFM a voté plusieurs motions pour la non remontée des maquettes de master.

Dans les universités, Les mobilisations conduisent presque partout à des votes contre la remontée des maquettes de masters :
- Votes de CA : Besançon, Bordeaux 1, 2 et 3, 4, Brest, Caen, Dijon, Grenoble3, Le Havre, Le Mans, Lille 1, Littoral, Marne-la-Vallée, Montpellier 2, Montpellier 3, Nantes, Nîmes, Paris 3, Paris 4, Paris 8, Paris 12, Paris 13, Pau, Rennes 2, Toulon, Toulouse 1, Toulouse 2, Tours...

- Votes de CEVU : Artois, Grenoble 1, Grenoble 2, Limoges, Orléans, Paris 11.

- CA ou CEVU non tenus : Angers, Bordeaux IV, Clermont 2, Metz, Nancy 1, Nancy 2, Poitiers (donc pas de remontée de maquettes).

- Aix 1, 2 et 3 : blocage par les présidents et les 3 conseils.

Seules les universités d’Amiens, Grenoble 1 et 2 (si le CA est favorable), Reims, Versailles-St- Quentin étaient susceptibles de transmettre au ministère des projets de masters (sur les 83 universités !).

Compte tenu du peu de remontée de maquettes le 13 février (veille de la date butoir), le ministère de l’enseignement supérieur a annoncé « une translation de calendrier », pour ne pas utiliser une seconde fois le terme de report. Les universités auront donc jusqu’au 31 mars pour déposer leurs maquettes de master, que l’AERES devra valider au plus tard le 15 avril.

Ce nouveau calendrier risque d’être difficile à tenir, alors que la DGES annonçait que « le 15 février est une date limite car l’AERES a besoin de deux mois pour expertiser les maquettes afin de donner un avis au 15 avril. » Dans de telles conditions, on peut s’interroger sur la qualité de cette validation. Mais si le calendrier n’est pas tenu, c’est la campagne d’information sur les inscriptions qui est remise en cause, avec des conséquences importantes pour les étudiants souhaitant s’orienter vers les métiers de l’éducation. Cette difficulté s’ajoute au manque de clarté pour rendre conforme les masters, alors qu’il n’y a aucun texte réglementaire sur les épreuves du concours et aucune garantie sur les possibilités effectives de stages devant être fournies par les rectorats.

C’est pourquoi le SNUipp avec la FSU, demande le report de la réforme pour la session 2011, avec le maintien du concours dans sa forme actuelle pour 2010 et l’ouverture de négociations. Il rappelle la nécessité de poursuivre et d’amplifier les mobilisations des personnels stagiaires et formateurs dans les IUFM, notamment dans la perspective de la journée d’action du 19 février.

Le secteur IUFM

Encore une pétition, direz-vous ?

Oui, encore une. Pour alerter l’opinion contre le projet ministériel de casse de la formation des maîtres.

La FSU vient de publier le communiqué suivant :

Alors que les Universités connaissent une exceptionnelle mobilisation dont témoignent les puissantes manifestations du 10 février et que parmi les revendications figure le refus de l’actuel projet de dispositif « master/concours », la majorité des conseils centraux des universités s’est exprimée dans ce sens et a accompagné ces votes de la "non remontée" des maquettes de MASTERS vers le ministère de l’enseignement supérieur.

La Conférence des Présidents d’Université vient de rendre publique sa demande de report d’un an des nouveaux concours de recrutement des enseignants. Cette demande rejoint celle formulée explicitement par la FSU il y a un mois et réclamant le maintien des concours actuels pour l’année 2010 ainsi que de l’organisation actuelle de l’année de stage pour l’année scolaire 2010/2011 et l’augmentation des volumes de postes mis au concours 2009 notamment le rétablissement de 10 000 postes au concours PE au lieu des 7000 actuellement prévus.

La FSU demande donc au gouvernement de prendre en compte cette exigence partagée largement par la communauté universitaire et les personnels enseignants des premier et second degrés.

Elle assortit de nouveau cette demande des propositions qu’elle avait formulée le 12 janvier permettant l’amélioration de la formation des enseignants et la reconnaissance du MASTER comme niveau nécessaire et reconnu pour l’entrée dans les métiers d’enseignants et de CPE. Elle demande qu’un tel report s’accompagne d’une remise à plat de l’ensemble du dispositif et de l’ouverture immédiate de discussions sur l’ensemble des points problématiques et notamment

- l’articulation MASTER/concours (place et contenu des concours, cadrage national des MASTERS...)

- l’organisation de l’année de stage (contenu de formation, accompagnement des stages, modalités de services)

- le rôle des IUFM, de leurs personnels et de leurs moyens

- les mesures spécifiques pour certaines disciplines professionnelles de la voie professionnelle

- les aides aux étudiants et les pré-recrutements

Elle exige par ailleurs que le gouvernement réponde sans tergiverser à l’ensemble des revendications des personnels de l’université et de la recherche. Elle appelle les personnels et les stagiaires à poursuivre et développer les mobilisations, notamment dans la perspective du 19 mars, pour obtenir le report de cette réforme et l’ouverture de véritables négociations pour une réelle amélioration de la formation des enseignants.

Bien entendu, cette pétition ne suffira pas, elle non plus. Elle ne nous dispensera pas de construire une mobilisation dans la rue, mais elle est, comme beaucoup d’autres, une étape dans cette construction.

pétition contre la casse de la formation des maîtres

Un collectif d’universitaires et de chercheurs vient de publier l’appel suivant dans le journal "Le Monde" :

Le projet de réforme de la formation des maîtres entraînera un dramatique recul pour notre école publique. Qu’on en juge ! Aujourd’hui, après la licence et une année de préparation du concours, les lauréats ont le statut de professeur stagiaire.

Ils sont rémunérés durant leur cinquième année d’étude et leur formation se déroule en alternance dans des écoles internes d’universités, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et dans des établissements scolaires. C’est ainsi que les futurs professeurs des écoles se voient confier des élèves, en pleine responsabilité, lors de stages occupant un tiers de l’année, dans trois classes différentes.

Ce n’est pas parfait. Cette formation est trop courte, elle souffre d’une insuffisante prise en compte des gestes professionnels, d’une trop faible articulation entre la pratique et les apports qui l’éclairent (savoirs disciplinaires, didactique, pédagogie, psychologie, sociologie, histoire de l’école...). Nous ne nous satisfaisons donc pas du statu quo : il faudrait concevoir une formation professionnelle plus longue, qui donne toute sa place à la formation universitaire et joue à fond la carte de l’alternance.

Fallait-il donc rayer d’un trait de plume le système actuel, sans aucune évaluation préalable, et le remplacer aussi vite par un autre, différent et sans équivalent ailleurs ? Qu’il faille dispenser une formation disciplinaire de large spectre aux futurs enseignants dans les deux années suivant la licence pour les rendre capables d’intégrer de nouvelles connaissances dans leur enseignement tout au long de leur carrière, cela fait consensus. Qu’il faille renforcer leur formation sur les plans didactique et pédagogique, cela aussi est incontestable. Et que l’on reconnaisse ce plus haut niveau de formation par la délivrance d’un master en est une suite logique. Mais la condition impérative pour que cela soit possible, c’est le maintien de la formation par alternance. Or ce n’est pas du tout ce que prévoit le nouveau dispositif, applicable dès septembre.

Pendant leur formation, les étudiants ne disposeront au mieux que d’un mois de stage pour s’exercer au métier, mais tous n’en bénéficieront pas car il n’est pas obligatoire d’en prévoir dans le cursus. Et comment le pourrait-on quand le ministère promet 40 000 stages pour... 150 000 étudiants ? Heureusement d’ailleurs pour les rectorats, bien incapables de répondre à la demande, notamment dans les académies qui ont le plus de candidats.

Et même quand les étudiants auront un stage, leur obsession légitime sera de réussir le concours : ses épreuves se situent en janvier et juin de la 2e année de master. Et il est évident que leur préparation empêchera aussi de s’engager dans les recherches qu’exige le mémoire de master.

Ensuite, après cette "formation", les débutants devront assurer seuls, sans accompagnement véritable, un enseignement à plein temps à l’année. Ainsi le professeur des écoles qui aura fait un stage d’un mois (dans le meilleur des cas) au CM1 pourra se voir confier, sans expérience préalable, un CP ou une classe de maternelle ! Et le jeune professeur de maths ou d’histoire qui aura pu s’entraîner quelques heures (mais pas toujours) dans une classe de 1re devra enseigner d’emblée à cinq ou six classes allant de la 6e à la 3e dans un collège de banlieue ! Premiers pas inoubliables dans le métier...

Donnerait-on le permis de conduire à des candidats qui n’auraient jamais pris le volant ? Que dirait-on d’une formation d’infirmières qui apprendraient dans les livres à faire les piqûres ? C’est pourtant ce que le ministère s’apprête à décréter. Les conséquences sont hélas prévisibles : les débutants auront du mal à gérer la classe et, malgré eux, ils mettront souvent leurs élèves en difficulté. Les inspecteurs et les chefs d’établissement seront submergés de plaintes, le pourcentage de démissionnaires augmentera, on créera des "cellules de soutien psychologique"...

Cette réforme réussit par ailleurs le tour de force de susciter simultanément de légitimes inquiétudes quant au niveau de maîtrise des disciplines par les futurs enseignants, notamment en raison d’une conception hybride des épreuves des concours. La réduction de leur nombre (pour faire des économies) empêchera de s’assurer que les lauréats maîtrisent bien les savoirs et compétences nécessaires pour enseigner les disciplines scolaires. Le comble est atteint avec le concours de professeurs des écoles, qui n’aura plus d’épreuve pour vérifier de façon fiable leur capacité à enseigner le français !

Enseigner est un métier qui s’apprend, et qui s’apprend continûment, en même temps qu’une fonction sociale qui exige une permanente mise à jour des connaissances. Or, non seulement le projet ne dit rien de la formation continue des professeurs du secondaire, déjà si restreinte, mais il la met en péril dans le primaire. En effet, actuellement, les professeurs des écoles peuvent bénéficier de la formation continue parce que, lors des stages de formation initiale, leurs jeunes collègues les remplacent dans leur classe. En divisant par trois la durée de ces stages, on anéantit la formation continue. On tourne le dos aux conditions du progrès de l’école.

La logique globale semble d’abord budgétaire : la suppression du statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré équivaut à un plan social de 20 000 postes. Ce sera aux familles de payer les études... Du moins, celles qui le pourront. Cette logique est injuste.

Mais le projet met aussi à mal l’égalité territoriale. Le caractère national des concours est fragilisé, dans les départements ruraux, l’existence des sites IUFM installés dans les anciennes Ecoles normales est menacée et le gouvernement a engagé les universités dans une concurrence sauvage : on ne peut plus être sûr qu’on formera les mêmes enseignants d’une région à l’autre ou au sein d’une même région tant les conceptions du métier varient d’un projet à l’autre.

Est ainsi en train de se rompre le lien consubstantiel établi depuis Jules Ferry entre l’école, les maîtres et la République, celui d’une formation définie et maîtrisée par l’Etat. Nous assistons à la dénationalisation de la formation des maîtres, le coeur de l’école publique. Pourquoi les citoyens ne sont-ils pas informés de cette réforme essentielle ? Pourquoi le Parlement n’en est-il pas saisi ?

Depuis l’automne, ce projet fait l’unanimité contre lui. La plupart des universités ont demandé un moratoire pour permettre que s’engage une négociation sérieuse autour d’une vraie réforme, plus nécessaire que jamais, à un moment où le métier est de plus en plus difficile. Mais elles ne sont pas entendues.

Pour l’instant, cette obstination a un résultat évident : la pagaille dans le monde universitaire. Le retour des projets de master est imposé pour le 15 février, mais les dernières précisions du ministère datent du 15 janvier et les textes officiels sur les épreuves des concours ne sont toujours pas parus...

Que faire devant tant d’irresponsabilité et tant d’irrespect envers les acteurs de la formation ? Au regard des délais, il n’y a plus d’autre solution : les parents d’élèves, appuyés par les parlementaires et les élus locaux attachés à la qualité de notre école, doivent demander l’arrêt d’urgence de ce train fou. Nous en sommes convaincus, le gouvernement devra alors cesser de s’entêter et retirer sa "réforme", maintenir une année de plus les concours actuels, prendre le temps d’évaluer l’existant et organiser l’indispensable négociation. C’est l’esprit républicain et c’est le simple bon sens. Mais il faut agir vite.

Sylvie Clabecq, professeur IUFM Pays de Loire, université de Nantes ; Guy Couarraze, président de l’université Paris-Sud-XI ; Claudine Garcia-Debanc, professeur des universités, IUFM de Midi-Pyrénées, université Toulouse-II-Le Mirail ; Sylvain Grandserre, professeur des écoles, directeur (Seine-Maritime), prix Louis Cros 2007 ; Hervé Hamon, écrivain, auteur de "Tant qu’il y aura des profs" et éditeur ; Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves de l’école publique ; Philippe Joutard, historien, ancien recteur ; Jean-Pierre Kahane, mathématicien, membre de l’Académie des sciences ; Georges Molinié, président de l’université Paris-IV (Sorbonne) ; André Ouzoulias, professeur agrégé, IUFM de Versailles, université de Cergy-Pontoise ; Sylvie Plane, professeur des universités, IUFM de Paris, université Paris-IV.

 

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