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Prévenir l’épuisement professionnel Un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel exceptionnel s’est tenu le 6 novembre, suite au suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, en septembre pour recenser et agir sur les situations de souffrance au travail et les passages à l’acte.
Rassemblements partout en France, présence inédite du directeur général des ressources humaines, ce CHSCT ministériel était exceptionnel à plusieurs titres. Réuni à la demande des syndicats suite au suicide de Christine Renon le 23 septembre, l’instance a délivré pour la première fois des données chiffrées sur les suicides des agents et agentes de l’Éducation nationale ces derniers mois.

58 suicides en 2018-2019

58 personnes se sont donné la mort en 2018-2019 dans l’Éducation nationale dont 12 personnels contractuels. Cela porte le taux de suicide dans le ministère à 5,85 pour 100 000 personnes, sachant qu’1 million de personnes travaillent à l’EN. Depuis la rentrée 2019, déjà 11 agents et agentes de l’Éducation nationale ont mis fin à leurs jours. Le lien avec le travail n’est pas toujours établi, ni évident à établir. La FSU a donc procédé à sa propre enquête sur seize académies. Elle comptabilise 19 passages à l’acte de personnels avec un lien avec le travail l’an dernier et dix depuis la rentrée.

Manque d’informations

Les personnes élues du personnel au CHSCT ont déploré que, malgré les demandes ministérielles et syndicales, les rectorats continuent de ne pas « signaler, dès qu’ils en avaient connaissance, tout suicide ou tentative de suicide commis par des personnels sur leur lieu de travail ou hors de leur lieu de travail », ce qui empêche l’instance d’avoir des informations précises et mises à jour. Il a donc été demandé, dans un avis présenté par la FSU et voté à l’unanimité « un bilan a minima annuel des actes suicidaires » avec recensement sur le terrain et information du CHSCTM, ainsi qu‘un « recensement plus large des décès et de leurs causes de l’ensemble des personnels des établissements et des services de l’Éducation nationale. » Le DGRH s’est engagée sur les deux premiers points.

Leviers d’action

Le ministère a proposé de travailler à partir du protocole existant dans l’académie Aix-Marseille mais la délégation syndicale a voté à l’unanimité sauf FO un avis demandant de réfléchir « plus largement aux causes et origines de ce mal être au travail. Avant l’acte suicidaire, il y a l’épuisement professionnel ».

Le ministère a annoncé :

- un bilan annuel au niveau académique et ministériel des actes suicidaires dans l’EN,

- un protocole d’alerte pour harmoniser les pratiques,

- la formation des encadrants et membres de la prévention,

- une campagne de recrutement de médecins de prévention,

- un groupe de travail autour de la direction d’école,

- un prochain séminaire des directions des ressources humaines avec à l’ordre du jour les actes suicidaires.

Le CHSCT exige que des réponses concrètes soient apportées pour améliorer les conditions de travail des personnels et prévenir les risques d’épuisement professionnel et de suicide dans l’Éducation nationale. Pour cela, il faut travailler sur les causes menant à ces passages à l’acte : surcharge de travail, injonctions, lourdeur administrative, pressions exercées sur les personnels, effectifs de classe, formation, aide à la difficulté scolaire et à la direction d’école…

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