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300 euros ? Une revalo format colibri Le ministre promet une revalorisation des salaires de 300 euros par an pour les enseignantes et les enseignants. Une annonce à sérieusement nuancer.
Le communiqué du SNUipp-FSU

300 € ? Une revalo format colibri

Emporté par un ébouriffant élan de générosité, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé le 28 août à l’antenne d’une chaîne d’infos en continu que les enseignantes et les enseignants verront leur salaire annuel augmenter de « 300 euros en moyenne » en 2020. Une mesure prévue, mais pas mise en place par le précédent gouvernement, a-t-il précisé. Qu’en est-il exactement ?

Rappelons d’abord que c’est en effet sous le quinquennat précédent qu’avait été engagée une revalorisation des carrières et des rémunérations des fonctionnaires au travers de l’accord « PPCR ». Il ne s’agit donc en rien d’une mesure nouvelle. De plus, dès son arrivée, le gouvernement actuel a gelé pour un an la mise en œuvre du protocole d’accord. C’est donc dès janvier 2019 que cette augmentation d’« en moyenne 300 euros » annuel aurait dû intervenir.

Précisons ensuite que cette augmentation est exprimée en brut. Concrètement, au 1er janvier 2020, le gain pour les enseignantes et les enseignants des écoles se situera entre 0 et 30 euros par mois en fonction de leur échelon. D’autant qu’à cette même date, l’augmentation de la cotisation retraite entraînera une ponction de 6 à 16 euros sur les feuilles de paye. Au final, une partie des PE verront donc leur salaire baisser.

Enfin, le gel du point d’indice depuis 2010 se traduit par une perte de pouvoir d’achat de l’ordre de 15%. Par ailleurs, l’Insee prévoit une inflation d’1,3% en 2020, ce qui annulera pour beaucoup cette faible revalorisation. En clair, le salaire des enseignantes et des enseignants français restera toujours très loin derrière celui de leurs homologues des pays comparables. Il y a urgence à les revaloriser de façon conséquente.

« À l’Éducation nationale, nous sommes un peuple de colibris », a lancé Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée le mardi 27 août. Sans doute estime-t-il dès lors que la revalorisation doit être proportionnée à la taille du volatile…

Paris, le 29 août 2019

300 € ? Blanquer annonce une mesure déjà prévue !

  Dès le 28 août 2019, le ministre de l’Education nationale annonçait "concrètement, c’est sous ce gouvernement que des augmentations [de salaire] vont avoir lieu, c’est à dire en moyenne 300 € pour tout le monde en 2020". 

A quoi correspond concrètement l’annonce du ministre ?

Ces 300€ brut annuels « en moyenne » correspondent à des engagements pluriannuels pris lors du précédent quinquennat dans le cadre des accords PPCR et amorcés en septembre 2017. Les seules mesures prises par ce gouvernement concernant l’ensemble des enseignant-es a été de différer d’une année cette dernière augmentation, prévue initialement pour 2019 et de geler le point d’indice.

Le ministre met donc en œuvre les engagements pris sous le quinquennat précédent et déjà inscrits au budget. Il ne s’agit donc pas d’une mesure nouvelle !

La réalité des prix en “gain” net annuel :

Dans les faits, on se situe dans une fourchette de 2€ net/mois à 28€ net/mois.

Quelques exemples pour l’année 2020 (sur la base d’une année civile entière au même échelon, en prenant en compte l’augmentation des cotisations retraites prévues au 1er janvier) :

• PE Echelon 1 : + 24 € / an

• PE Echelon 6 : + 338 €

• PE Echelon 8 : + 372 €

• PE Echelon 10 : + 84 €

• PE HC Echelon 2 : + 264 €

• PE HC Echelon 4 : + 120 €

• PE HC Echelon 6 : + 240 €

• PE Cl Ex Echelon 1 : + 108 €   Salaires des enseignant-es du 1er degré en berne

Dans le même temps, le gouvernement a confirmé le gel du point d’indice pour l’année 2020 alors que la prévision d’inflation s’établit à 1.3% en 2020 et qu’au 1er janvier la cotisation retraite augmentera de 0.37% (ce qui représente 6 à 16 € de cotisation supplémentaire par mois).

Depuis 1998, le coût de la vie a augmenté deux fois plus vite que les salaires des enseignant-es. Depuis 2010, le gel du point d’indice, mis à part une légère augmentation en 2016, s’est traduit par une baisse de pouvoir d’achat des enseignant-es de 15%. S’y ajoute la hausse continue des cotisations retraite, conséquence des réformes de 2010 et 2014. Le gouvernement actuel a refusé toute mesure de revalorisation qui aurait permis de compenser cette perte.   La France mal placée dans les comparaisons internationales Le déclassement salarial est visible dans les comparaisons internationales. Après 15 ans d’exercice, en 2016, les enseignantes et enseignants du primaire étaient payés 20 % de moins que la moyenne des pays de l’OCDE. Un différentiel bien loin d’être compensé par cette annonce ministérielle !   De vraies mesures immédiates indispensables : le SNUipp-FSU continue de porter l’exigence d’ouverture immédiate de discussions pour mettre un terme au déclassement salarial des enseignant-es.

  Communiqué de presse du SNUipp-FSU : https://www.snuipp.fr/actualites/posts/300-euros-une-revalo-format-colibri

 

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