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Le Sénat retoque les EPLESF À l’unanimité, la commission culture et éducation du Sénat a voté la suppression de l’article 6 quater de la loi Blanquer qui permettait la création d’« établissements des savoirs fondamentaux ».
Un premier bougé suite aux fortes mobilisations enseignantes et des familles mais à suivre... Le texte va encore évoluer et c’est l’ensemble de la loi qui doit être abandonné au profit d’un autre projet à la hauteur des enjeux. #EnGrèveLe9 et #ÀParisle18

Les oppositions aux « établissements des savoirs fondamentaux » n’étaient donc pas des « bobards » comme dénoncés par le ministre de l’Éducation nationale au lendemain des fortes mobilisations du 30 mars. La commission de la culture et de l’éducation du Sénat le 30 avril après-midi a adopté à l’unanimité la suppression de l’article 6 quater qui créait la possibilité « d’établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux » (EPLESF), soit des regroupements d’écoles avec un collège sous l’autorité hiérarchique de ce dernier et avec seulement un ou plusieurs « chefs d’établissements adjoints » dont un pour s’occuper du primaire. Aussitôt le SNUipp-FSU a alerté sur la méthode et les risques. Et il n’a pas été le seul. Cet article est arrivé par la petite porte, par amendement, à l’Assemblée nationale qui l’a adopté sans qu’il ait fait l’objet de débats au préalable au sein de la communauté éducative. De plus, il remettait en cause la spécificité du premier degré avec une direction dans chaque école. Que devenaient les directeurs et directrices d’école dans ces nouvelles méga-structures administratives ? Autre risque pointé : les fermetures d’écoles qu’engendreraient ces établissements, avec des regroupements sur plusieurs sites ou un seul. Enfin la dénomination même « des savoirs fondamentaux » laissait présager un resserrement sur le « lire, écrire, compter et respecter autrui » cher au ministre au détriment de l’ensemble des domaines d’apprentissage aussi essentiels que les sciences, l’histoire ou encore l’expression artistique.

Une première étape

Cette suppression est une victoire pour les mobilisations enseignantes et des familles depuis le mois de mars. Mais une première étape seulement. Le texte peut encore évoluer et, à terme, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Dans un agenda parlementaire très chargé qui pourrait voir revenir les articles critiqués en plein été… À surveiller également : les amendements venant du Sénat notamment sur l’article 1 ou encore la formation continue obligatoire « en priorité en dehors des obligations de service d’enseignement. »

Et ce ne sont pas les annonces d’Emmanuel Macron qui sont de nature à rassurer puisqu’elles manquent encore cruellement de moyens mis en face pour les réaliser. Le SNUipp-FSU attend toujours un réel plan de créations de postes, une reprise de la formation continue et une revalorisation du métier.

D’où l’importance de se mobiliser toujours massivement avec la grève du 9 mai et la manifestation à Paris le 18 mai. C’est l’ensemble de la loi à laquelle le gouvernement doit renoncer pour construire avec le monde enseignant, les parents un autre projet pour l’école, à la hauteur des enjeux, participant à la lutte contre les inégalités sociales et scolaires.

 

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