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Loi Blanquer, ça change quoi ? Ép.6 Aux armes... etc. Afficher les drapeaux français et européen, les paroles du refrain de "La Marseillaise" dans toutes les classes des écoles ? Une curieuse conception de l’éducation morale et civique.

Adopté à la va-vite dans la nuit du 11 février, un amendement au projet de loi, déposé par le député LR Éric Ciotti, dispose que « La présence du drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat. » Le lendemain, l’édile des Alpes-Maritimes arguait sur les ondes, de la nécessité « d’aimer et de faire aimer la France dès le plus jeune âge en développant le sentiment patriotique. » Des paroles martiales… et savoureuses, venant d’un personnage qui dans sa jeunesse avait quémandé et obtenu un « coup de piston » pour être exempté de service militaire.

Retour en arrière

Si la mesure peut sembler anecdotique, « futile », selon les termes de l’historienne Mona Ozouf, elle en dit pourtant long sur le sens global de ce projet pour l’école et tout spécialement dans la manière d’y transmettre les valeurs de la République. Les programmes 2016 d’EMC invitaient pourtant à s’appuyer sur l’expérimentation de ces valeurs, à les éprouver au quotidien pour qu’elles prennent sens. Les premiers « ajustements » opérés à la rentrée 2018 entament un retour à une logique d’instruction civique, à un modèle descendant. Un prélude à une réécriture en profondeur de ces programmes, comme de ceux d’histoire et de géographie ?

Question de confiance

Quel manque de confiance, quoi qu’il en soit, dans le travail des enseignantes et enseignants des écoles. Auraient-ils renoncé à expliquer l’histoire du « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », créé à Strasbourg et entonné par des Marseillais républicains parlant à peine le français ? Feraient-ils donc l’impasse sur l’histoire et la symbolique du drapeau tricolore ? Évidemment non. Ils risquent par contre d’avoir quelques difficultés à expliquer de but en blanc à leurs élèves que le sang impur affiché sur les murs de la classe abreuverait nos sillons, alors même que la République est réputée ne reconnaître aucune différence entre les hommes. à moins qu’un petit guide orange vienne là aussi y pourvoir…

 

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