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DARCOS : L ’école ouvre son chantier

Le ministre vient de présenter son projet de réforme, soumis à discussion « pour définir un nouvel horizon pour l’école primaire »

Après avoir multiplié les annonces, Xavier Darcos avance 23 propositions (voir ci-contre le document au format PDF) en affichant un objectif prioritaire : « diviser par trois, en 5 ans, le nombre d’élèves en échec lourd ». Cette série de propositions prend appui sur des éléments du rapport de HCE (Haut conseil de l’éducation) paru en septembre. Avec une nouveauté préoccupante, l’évaluation conçue comme un outil de pilotage du primaire (voir ci-dessous). Le ministre fixe comme priorité la lutte contre l’échec scolaire. Le Snuipp exige une transformation de l’école et a déjà fait des propositions. D’ailleurs, le ministre a du en tenir compte comme « le plus de maîtres que de classes » ou la réflexion sur la maternelle bien qu’il n’y ait aucune référence à la scolarisation des 2 ans. Ce premier affichage se traduira-t-il dans les faits ? « Peu crédible » analyse le SNUipp au regard du cadre budgétaire actuel.

A contrario, le texte développe également des orientations qui relèvent d’une conception de l’école laissant peu de place à sa mission d’éducation. Il en va de la distinction entre le temps de la transmission des savoirs et celui de l’accompagnement éducatif. C’est oublier qu’à l’école primaire les apprentissages sont une combinaison de l’enseignement et de l’éducation. De même, la priorité absolue est donnée à la langue française au risque de pénaliser les autres enseignements. Ceci n’exonère pas de mener une réelle réflexion avec les enseignants pour repenser les programmes, beaucoup de savoirs aujourd’hui croisant plusieurs champs disciplinaires.

Les dispositifs pour traiter la difficulté scolaire sont renvoyés en dehors du temps scolaire, sur les heures libérées après la suppression du samedi et à des stages de remise à niveau pour les élèves de CM1 pendant les vacances. Mais aucune référence aux Rased, à la formation continue dans ce domaine. Etant donné l’importance de ce dossier, le SNUipp demande du temps pour informer et débattre avec la profession de toutes les propositions ministérielles.

Pilotage par les résultats

« Deux évaluations nationales témoins » seront créées en milieu de CE1 et CM2 afin de mesurer « les acquis des élèves ». Quid des évaluations actuelles ? Le ministère promet aussi « de nouveaux outils ». Les résultats constitueront un outil pour « l’évaluation des enseignants qui doit être redéfinie » et devient un « des objectifs prioritaires pour les IEN ». Ces mesures marquent les nouvelles politiques éducatives fondées sur le pilotage par l’évaluation et les résultats. Ainsi, le projet annuel de performance 2008 sur lequel repose le budget fait état d’indicateurs sur les acquisitions des élèves (compétences de base en français, math). Cependant, de récentes études anglaises montrent que ces politiques n’ont pas de conséquences significatives sur la réussite et produisent même des effets pervers en « prenant le pas sur les apprentissages » (bachotage).

Les 23 propositions du Ministre sont réparties en 6 parties

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- 1. Redéfinir les objectifs de l’école primaire, à savoir d’ici 2012, diviser par trois le nombre d’élèves en échec lourd, amener à moins de 10 % le nombre de redoublements et « distinguer les deux temps de l’école : le temps de la transmission des savoirs au service de l’acquisition par tous les élèves des apprentissages fondamentaux et le temps de l’accompagnement éducatif. »

- 2. Clarifier les programmes et les horaires : des contenus fixés par année, répartition des enseignements par blocs horaires et priorité absolue à l’apprentissage de la langue française.

- 3. Evaluer les élèves tout au long de l’année, communication des résultats aux familles informées des réponses apportées aux difficultés. Des outils seront fournis. Création de deux évaluations nationales au milieu du CE1 et du CM2 (ce n’est pas un examen d’entrée en 6e) pour apprécier la réussite du système éducatif.

- 4. Evaluer autrement les enseignants : la liberté pédagogique implique la responsabilité de rendre compte des progrès des élèves.

- 5. Consacrer un temps de travail adapté à chaque élève en difficulté. Les difficultés sont d’abord traitées en classe puis si nécessaire par petits groupes en dehors des horaires de classe collective, sur les deux heures hebdomadaires (dégagées par la création de la semaine à 24 heures. Ce temps est inclus dans les horaires de service des PE. Des stages pourront être proposés après le CM1 et avant la 6e sur les temps de vacances. Dans les écoles où la difficulté scolaire est la plus récurrente, le « plus de maîtres que de classes » pourra être retenu.

- 6. L’école maternelle : redéfinir les missions en fonction des âges d’accueil, avec un programme respectant mieux sa spécificité pédagogique, renforcer la formation des enseignants.

Inutile de dire, au vu des "travaux" en cours, que l’avis de chacun et l’action des organisations syndicales seront déterminantes pour éviter que l’on ne se trouve rapidement devant un véritable chantier.

 

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