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Section SNUipp-FSU des Ardennes


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Compte rendu de l’audience accordée par Monsieur le Directeur académique A l’issue de la manifestation du jeudi 22 mars 2018 (17h30-19h30) aux représentants de la FSU.

Nous rappelons le contexte de cette journée d’action de défense de la Fonction Publique, les nombreuses raisons de la colère des fonctionnaires (le gel du point d’indice et inquiétudes quant aux négociations salariales qui s’annoncent, le rétablissement de la journée de carence, la CSG non compensée,…), estimant (au vu notamment des 800 manifestants dans les rues de Charleville, sous la pluie…) qu’une véritable contestation s’installe, qui touche de nombreux secteurs, et que le gouvernement aurait sans doute tort de rester aveugle et sourd face à ce mouvement…

Nous expliquons que nous avons aussi voulu inscrire de façon visible note défense du service public d’éducation dans cette journée de mobilisation, symboliquement par le parcours de la manifestation qui s’est terminé vers 16h devant la Direction académique, concrètement par cette audience au cours de laquelle nous souhaitons relayer tout ce que les personnels de l’Éducation Nationale ont à dire concernant leurs conditions de travail, leurs salaires, la pseudo revalorisation de leurs métiers, leurs inquiétudes quant aux retraites, la rentrée 2018,… A cet égard, en tant que représentants des personnels dans les instances, nous souhaitons faire un focus sur le département des Ardennes, la rentrée que nous jugeons catastrophique dans les écoles, collèges et lycées avec la suppression de 36 postes d’enseignants et forcément des conséquences sur les personnels, les classes plus chargées,… Nous dénonçons le hiatus entre le discours ministériel qui promet de ne fermer aucune classe en milieu rural, de lutter contre les inégalités alors que notre département verra bien des classes fermées à la rentrée dans certaines écoles rurales, des effectifs plus chargés dans certaines divisions, rendant plus difficile la prise en charge des élèves qui en auraient besoin, le manque de moyens et de personnels (de vie scolaire, assistantes sociales, infirmières,…) devenant criant dans certains établissements.

Nous dénonçons aussi la nette détérioration du dialogue social dans l’académie et le département, le manque de transparence organisé pour sans doute éviter toute velléité de contestation et de revendication. Ainsi, nous n’avons à ce jour eu AUCUNE information concernant la préparation de rentrée dans les établissements du second degré, un CTSD vient tout juste d’être fixé au… mercredi 4 avril, soit après la fermeture du serveur relatif au mouvement intra des personnels ! Nous recevrons donc de « l’information », celle qu’on voudra bien nous donner…, le fameux SPFE (service du Rectorat) gérant l’ensemble des moyens et des personnels du haut de sa tour d’ivoire, de façon plus comptable qu’humaine…

Nous dénonçons bien sûr ce management descendant, que nous retrouvons dans certains collèges et lycées, dans lesquels les chefs d’établissements n’ont pas réuni de commission permanente ni de CA, n’ont pour certains pas encore présenté aux personnels la DHG et ses éventuelles conséquences sur la structure, les services,…

Enfin, dans le cadre de nos missions de représentants des personnels au CHSCTD, nous dénonçons également les nombreux freins qui sont mis au fonctionnement et à l’activité de cette instance et tout particulièrement et tout récemment (en date du mardi 20 mars) le refus qui vient de nous être opposé par Monsieur le Directeur académique de réunir un Groupe de Travail sur la thématique de la prise en charge des « élèves à comportement hautement perturbateur », alors que celui-ci avait été discuté et validé par le dernier CHSCTD ! Toutes ces raisons et sujets exposés, nous concluons notre introduction par l’expression d’un sentiment de « ras-le-bol » généralisé, accentué par le manque de reconnaissance du travail et de l’investissement de tous, alors que tous les enseignants et tous les personnels de l’EN voient leur charge de travail augmenter sans cesse et continuent pour autant à s’engager au quotidien, sans compter, pour la réussite de leurs élèves !

Réponses/ échanges :

M. le DASEN indique qu’il ne peut apporter de réponses sur les questions d’ordre national, concernant la rentrée, il rappelle qu’elle se fait en fonction de critères nationaux (effectifs et taux d’encadrement) et explique que la situation difficile du département des Ardennes est connue mais qu’il n’est pas le seul sur le territoire français… Concernant le CTSD et le manque de transparence évoqué, selon lui, le CTSD doit se tenir après le CTA (il s’agirait d’une règle nationale), la question du rôle des CTSD a été posée en CTA, la Rectrice (absente à ce moment-là) donnera sa réponse sur ce sujet. Il nous explique que de nombreux échanges ont eu lieu entre les chefs d’établissements, ses services, lui-même et le SPFE, ce qui l’a notamment amené à faire rétablir 3 divisions à Turenne… Il suit par exemple actuellement la situation du collège de Carignan qui aurait des effectifs en hausse en 6è. Concernant certains établissements et l’absence de commission permanente et de CA, il nous assure qu’il donne lui-même la consigne aux chefs d’établissements de présenter la DHG et de réunir les instances à ce moment-là de l’année (= février-mars), il sait que certains principaux « font de la résistance » mais avoue qu’il ne voit pas ce qu’il y a à cacher dans une DHG…

Nous nous permettons de revenir sur l’attribution des DHG, calculées de façon arithmétique (effectifs > structure > DHG), sans marge de manœuvre autre, sans prise en compte de la situation particulière de certains établissements, notamment les critères sociaux. Nous rappelons à Monsieur le Directeur académique la situation socio-économique du département, la venue de Marie-Aleth Grard au mois de septembre dernier évoquant la « grande pauvreté » de certaines familles,…, ce qui doit, selon nous, être pris en considération dans la préparation de rentrée, situation particulière qu’un CTSD qui se tiendrait AVANT le CTA pourrait évoquer, mettre en lumière, afin que le SPFE (que nous ne pouvons pas joindre !) et le CTA puissent ensuite répartir les moyens de la façon la plus juste possible, tenant compte de ces éléments de terrain.

Au travers des documents de CTA que nous avons pu nous procurer, nous pointons la situation particulière de l’EPS qui voit la suppression de 5 postes (et la neutralisation d’un autre) à la rentrée prochaine alors que –hiatus une fois encore !- le Ministère communique sur l’importance qu’il attache à cette discipline, que le besoin d’EPS est reconnu, que l’obtention des Jeux olympiques 2024 doit être un moteur de développement du sport scolaire,… Le DASEN avoue ne pas avoir été sensibilisé à cette question et s’y attachera pour le CTSD. Pour le second degré et les DHG, nous revenons également sur le taux d’HSA, trop important à nos yeux et trop souvent source d’ « ajustements » (pour déterminer les postes à supprimer, les CSD,…) dans certains établissements.

Dans le premier degré, nous faisons état d’une nette dégradation des conditions de travail, du nombre croissant de personnels en souffrance, en lien notamment avec la question de l’inclusion. Nous pointons en particulier le dispositif des CP-CE1 dédoublés qui engendre parfois des classes plus chargées dans les autres niveaux. La question des « bons » enseignants à qui ces CP-CE1 sont confiés est également posée…, les collègues en temps partiels en seraient écarté(e)s !

M. le DASEN assure qu’il n’y a pas de profilage des postes mais qu’il faut répondre à la commande ministérielle du 100% de réussite dans ces classes, expliquant que le CP est vraiment une classe particulière et qu’il sera donc attentif sur le fait que les collègues soient « bons »… Concernant les temps partiels se pose donc de facto la question du complément de service…

Suite à l’inquiétude que nous pouvons avoir concernant la publication d’un texte récent sur les ATSEM et la redéfinition de leurs missions, il nous informe qu’il participera justement à un séminaire sur les Maternelles la semaine prochaine et qu’il pourra donc nous faire un point à ce sujet lors du prochain CTSD. Il nous informe qu’une « grosse réflexion » est actuellement en cours sur les 0-6 ans.

Comme dans le second degré, nous l’alertons sur quelques situations de classes chargées, qui sont à 25 ou même 26 élèves dans des écoles de l’éducation prioritaire, à 28/29 dans certaines maternelles…

Il nous répond que les effectifs « bougent » beaucoup, qu’il y est attentif, qu’un suivi est mis en place, notamment sur les maternelles.

Nous revenons sur la question de l’inclusion, de l’intégration des élèves ULIS dans les classes, sur l’absence d’AVS,…

M. le DASEN (comme il l’avait déjà fait lors de CTSD) redit son « étonnement », son questionnement de voir autant d’enfants relevant de la MDPH dans notre département, autant de notifications d’AVS, se demandant si la MDPH ne devrait chercher à mieux les cibler, l’Inspection académique ayant un vrai problème avec le recrutement des AVS ! Selon lui, c’est le « tonneau des Danaïdes », à peine les 26 recrutements notifiés effectués, 20 nouvelles préconisations sont apparues, ce qui fait qu’il y a parfois une année de décalage entre la notification et le recrutement… S’il reconnaît que des structures adaptées manquent dans notre département, il estime aussi que la MDPH prescrit trop et entraîne des recrutements dans l’urgence, difficiles parfois à trouver.

Cette discussion nous amène donc à la question du GT sur la thématique de la prise en charge des « élèves à comportement hautement perturbateur » dont il vient de nous refuser la tenue, sans véritable explication…

M. le DASEN nous répond alors qu’il ne voit pas trop bien ce que nous aurions fait dans ce GT, selon lui, les établissements du second degré (à qui il demande comme indicateur le nombre d’exclusions de cours lors des dialogues de gestion avec les chefs d’établissements) doivent mettre en place un protocole interne pour gérer ce genre de problèmes… Dans le premier degré où l’enseignant est seul avec sa classe, la question doit être traitée différemment, une formation départementale (à voir avec M. Houdelet) pourrait être mise en place.

Enfin, sans nouvelle du Conseil départemental depuis le CDEN du 25 janvier…, nous demandons si le responsable du dossier a fini « sa tournée des popotes »… et sera bientôt en mesure de mettre en place la concertation annoncée…

M. le DASEN nous informe que les visites des collèges sont en effet terminées, qu’elles ont été attentives et soignées et qu’elles ont ainsi pu faire apparaître plus nettement l’état des structures et des locaux, et des collèges ardennais globalement en mauvais état…, ce qui pourrait faire évoluer les hypothèses jusqu’alors échafaudées… Par exemple, la structure « vrillée » de Léo Lagrange pourrait modifier le scénario envisagé sur ce secteur… Suite à sa rencontre avec le responsable du dossier lundi 19 mars, M. le DASEN a donc informé Madame la Rectrice de l’évolution de la réflexion du Conseil départemental, le calendrier, pour lui, ne changeant pas, une concertation avec les équipes des collèges concernés (Charleville et alentours) et un vote en CDEN début juillet pour des premières mesures effectives à la rentrée 2019 ! La question sera peut-être évoquée lors du CDEN du 5 avril prochain (Nous n’y manquerons pas… !!!), la capacité financière de notre département étant bien sûr aussi étroitement liée à cette éventuelle restructuration du réseau des collèges ardennais…(Pour info, certaines estimations de sommes nécessaires pour réhabiliter certains établissements ont été portées à 4,8 millions d’euros pour l’un, 2,8 millions d’euros pour l’autre…, sachant que la construction d’un collège est évaluée à 6 millions…, que vaut-il mieux faire ?)

Pour la xième fois, nous redisons notre souhait d’une concertation qui en soit réellement une… et relayons l’inquiétude des personnels, des élèves et des familles qui pourraient être concernés par ces fermetures de collèges, évoquant les rumeurs qui circulent, les annonces faites, les revirements,…, ce qui crée quelques tensions également, ce qui engendre beaucoup d’interrogations, auxquelles des réponses doivent rapidement être apportées !

 

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