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La SEGPA à l’épreuve de la réforme du collège et de la loi Peillon. Les points de vue du SNUipp-FSU
Il n’est pas acceptable que les populations les plus fragiles du système éducatif subissent une nouvelle fois les conséquences de la politique d’austérité.

Mettre fin aux pratiques d’apprentis sorciers.

Depuis la tenue des CTA, des DASEN et/ou des IEN ASH et/ou quelques DACS organisent, dans leur département, le démantèlement de la SEGPA, en passant en force et en imposant des organisations structurelles qui vont à l’encontre de la circulaire d’octobre 2015 :

- suppression de la classe de 6è dans le Doubs,

- En Charente Maritime, transformation des interventions des PE en RASED : « Le PE intervient comme un enseignant de RASED en cible sur des besoins identifiés » issu du document envoyé à tous les directeurs de SEGPA pour la mise en place de la rentrée 2016,

- suppression de 115 postes de PE sur le 59 et 62 pour la rentrée dans les SEGPA, informations issues des documents de CTA. Il est nécessaire de rappeler que l’expérimentation de la 6ème inclusive, approuvée par le SE-UNSA, dans l’académie de Lille devait se faire à moyens constants...
- dans l’académie de Lyon, sous couvert d’expérimentation, on assiste à la mise en place de 6ème inclusives et avec les heures récupérées, les PE deviennent des personnels ressources dans l’établissement pour de l’aide. Avec une orientation en SEGPA en classe de 5ème et non en 6ème.

- En Moselle, dans au moins 3 SEGPA, suppression de la 6ème SEGPA, tous les élèves inscrit-es en 6ème ordinaires et orienté-es en 5ème SEGPA. Donc certains DASEN et/ou IEN/ASH et/ou chefs d’établissements avec l’appui de certain-es Directeurs/trices Adjoint-es Chargé-es de SEGPA interprètent la circulaire dans le sens plus défavorable aux personnels (PE et PLC) et aux élèves.

Il n’est pas acceptable que les populations les plus fragiles du système éducatif subissent une nouvelle fois les conséquences de la politique d’austérité.

La circulaire d’octobre 2015 pour application à la rentrée 2016 rappelle que « La SEGPA est une structure qui a toute sa place dans le traitement de la grande difficulté scolaire. Elle a pour objectif la réussite du plus grand nombre d’élèves. Les enseignants spécialisés qui y exercent instaurent un climat de confiance et un contexte pédagogique stimulant. Par les méthodes pédagogiques spécifiques qu’ils mettent en œuvre, ils permettent aux élèves qui bénéficient de la SEGPA de poursuivre leurs apprentissages tout en préparant leur projet professionnel. Les démarches pédagogiques utilisées prennent en compte les difficultés rencontrées par chaque élève et s’appuient sur ses potentialités pour l’aider à construire et à réaliser son projet de formation ».

La circulaire est là pour rappeler que les élèves sont bien préorienté-es et affecté-es en 6ème SEGPA, que des moyens propres et fléchés doivent être affectés aux SEGPA et que la structure minimale comporte 4 classes. Les DASEN doivent mettre les moyens pour informer les collègues des procédures d’orientation. Il est aussi rappelé aussi que les PE enseignent aux élèves présentant des difficulté scolaires graves et persistantes. Il convient aussi de rappeler que la SEGPA est une structure à 4 divisions au minimum avec une dotation fléchée. La préorientation se fait en classe de 6ème SEGPA ce qui n’entraîne pas la suppression des classes de 6è. La circulaire vise une meilleure inclusion dans le respect de la cohérence d’enseignement de la structure et non la transformation en dispositif inclusif.

La circulaire permet les barrettes d’enseignement, la co-intervention et les groupes de besoins mais tout cela ne peut pas se décider sans concertation, sans connaître les élèves. Des élèves sont pré orienté-es en SEGPA car ils-elles ne maîtrisent pas le lire-écrire-compter et que certain-es ont un niveau de CE1.

Sous couvert de la réforme des collèges, la SEGPA n’a pas à servir de variable d’ajustements.

Les premiers chiffres de DHG tombent et les SEGPA ne bénéficient pas des 2,75 H par division comme cela est prévu dans la nouvelle réforme des AP et EPI. Les SEGPA 64 devraient bénéficier de 11H. Comment mettre en œuvre les projets de co-intervention et de groupes de besoins proposés dans la nouvelle circulaire SEGPA ? Le ministère a confirmé au SNUipp-FSU lors d’une audience qu’aucune heure supplémentaire se sera attribuée aux SEGPA et que la marge devrait être sollicitée. Si aucune heure pour les SEGPA, la consigne doit être de ne faire ni les EPI ni l’AP en SEGPA.

Il n’est pas acceptable que les populations les plus fragiles du système éducatif subissent une nouvelle fois les conséquences de la politique d’austérité. Donc, les collègues, lors des CA, doivent intervenir pour dénoncer : le sort fait aux élèves de SEGPA, orienté-es dans cette structure car en souffrance et en difficultés scolaires et que l’on balance dans les classes ordinaires, le recul pour les PE spécialisé-es dont les missions premières sont d’enseigner aux élèves de SEGPA, la pression exercée sur les PLC au nom de l’école inclusive en inscrivant dans les classes les élèves relevant de la SEGPA, la remise en cause de l’enseignement adapté et à moyen terme sa suppression.

La place de l’inclusion au collège.

Il convient de préciser que l’inclusion en tant que telle n’est pas remise en cause mais que sous cette forme, elle échouera. L’inclusion raisonnée et non imposée peut être : 1 ou 2 élèves de SEGPA dans les classes ordinaires à des moments choisis et réfléchis et inversement des élèves en grande difficulté scolaire dans les classes ordinaires - par exemple celles et ceux dont l’orientation en SEGPA a été refusée par les parents, donc pas plus de 4, 5 élèves par collège - peuvent bénéficier de la SEGPA sur des temps de dédoublement et non en groupe de 16.

L’inclusion ne peut se faire qu’à partir de temps de concertation, d’échanges sur les pratiques pédagogiques et sur les besoins des élèves. Elle n’est pas à ce jour une solution miracle qui supprimerait la difficulté scolaire. Elle ne sera efficiente qu’avec des moyens supplémentaires dans la DHG permettant les dédoublements, les temps de concertation. Rien qui n’apparaisse dans la réforme du collège et dans les moyens attribués aux collèges à l’issue des CT.

Il ne faut pas oublier que les élèves sortent de l’école primaire avec une image de soi très négative et un regard sur l’Ecole très méfiant. La SEGPA a au moins le mérite pour une majorité d’entre eux - pas tous et toutes- de leur redonner confiance, de participer à leur construction d’adolescent, à les préparer à une orientation. Cela marche car cela se fait sur quatre années dans des conditions d’apprentissage et d’écoutes de qualité : 16 par classe, pas de pression liée aux résultats, progression adaptée, aucun regard sur les paliers 2 et 3, ...

 

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