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SECTION SNUIPP-FSU DES ARDENNES


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CDEN du vendredi 27 novembre 2015 Déclaration de la FSU, compte-rendu.

Déclaration de la FSU au CDEN du vendredi 27 novembre 2015

La sidération, l’horreur, l’effroi,…, tous ces mots, malgré leur force, semblent bien insuffisants pour décrire ce que nous ressentons toutes et tous encore aujourd’hui après la nuit terrible du vendredi 13 novembre dernier. Parmi les victimes, des collègues, des élèves ont payé de leur vie la folie de quelques fanatiques. L’heure est au deuil, au recueillement, et la FSU adresse ses condoléances aux familles et aux proches des victimes et les assure de son soutien et de sa solidarité.

A l’instar de ceux de Charlie Hebdo et de l’hyper casher en début d’année, ces attentats terroristes effroyables cherchent à atteindre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que nous portons tous, à atteindre notre pays et notre République dans sa cohésion, son vivre ensemble. En attaquant des cafés, un lieu de spectacle, un stade, c’est notre mode de vie, notre jeunesse, ce qui fait culture qui est attaqué. Les auteurs de ces actes visent en effet à installer la peur, l’opposition des citoyens entre eux, la stigmatisation d’une partie d’entre eux. La FSU appelle à l’inverse de cela à faire preuve d’unité et de détermination pour défendre la démocratie et les libertés.

Comme en janvier dernier, les enseignants, les personnels d’éducation ont tenté de répondre au mieux aux interrogations et aux inquiétudes de leurs élèves, offrant des lieux d’écoute, des espaces de parole, essayant d’amener les plus petits comme les plus grands à dépasser ces moments d’émotion, de colère pour les entraîner vers des questions plus larges, politiques, idéologiques, philosophiques, religieuses,…, rappelant les valeurs de la République, les richesses de notre pays que sont sa diversité et sa multiculturalité…

Si aujourd’hui le recours à l’état d’urgence se justifie par le caractère exceptionnel de la situation que nous vivons, si nous comprenons que des mesures de sécurité doivent être prises, elles doivent cependant être très limitées dans le temps, connues de tous les salariés, expliquées pour être comprises, ce qui implique un dialogue social à tous les niveaux notamment sur les incidences des mesures prises par le gouvernement sur le fonctionnement des services. Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’État de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public. Parallèlement à ces mesures de sécurité, il faut en effet poursuivre tous les autres débats (questions sociales, salariales,…), il faut sans doute traiter mieux les questions d’Éducation et de Culture, ce que nous avons nommé, à la FSU, le "pari de l’intelligence et de l’humanisme". Dans l’Éducation Nationale, l’état d’urgence, c’est en effet avant tout donner les clés aux jeunes pour comprendre, décoder et opposer naturellement la culture et la solidarité à la barbarie. C’est ce défi que les enseignants se donnent depuis toujours et qu’ils continueront à essayer de relever au mieux, comme ils l’ont toujours fait, quelles que soient les circonstances, avec le plus grand professionnalisme, conscients du rôle qu’ils ont à jouer dans l’éducation des jeunes qui leur sont confiés, plus encore aujourd’hui…

A cet égard, lors d’un entretien à Matignon vendredi dernier, la FSU a demandé à Monsieur le Premier Ministre de mieux prendre en compte la jeunesse qui a été profondément marquée par ces attentats, de donner les moyens à l’État d’assurer le bon fonctionnement des services (recrutements, formation...), de traiter les questions sociales (inégalités, emploi, formation,...), de conforter les valeurs et le vivre ensemble, de prendre davantage en considération et traiter plus en profondeur les questions d’Éducation et de Culture. En ces moments difficiles, le gouvernement doit faire les bons choix pour l’avenir du pays.

Dans un contexte économique qui ne montre aucun signe d’embellie, alors que la reprise est loin d’être au rendez-vous pour les salariés, les chômeurs, les retraités et les jeunes, que la situation sociale continue de se dégrader, le projet de loi de finances pour l’année 2016 montre une fois encore que le gouvernement choisit de maintenir le cap d’une politique libérale. En l’état, ce PLF 2016 confirme la poursuite d’une politique d’austérité avec une baisse de la dépense publique : 16 milliards d’euros de coupes à mettre en regard avec les 33 Mds attribués aux entreprises sous la forme d’allègements de cotisations sociales, et ce alors que le chômage reste à un niveau très élevé avec 5,4 millions de demandeurs d’emplois, soit autant de recettes en moins pour l’État pour financer des politiques publiques nécessaires pour créer davantage de justice sociale et de solidarité. Ce PLF prévoit -hors révision de la loi de programmation militaire- une légère baisse des effectifs des agents de l’État de 1393 ETP.

Dans l’Éducation, si les budgets de l’éducation et de l’enseignement supérieur sont préservés des coupes budgétaires de ce PLF 2016, si les 500 millions d’euros supplémentaires annoncés sont en effet affectés, ils seront essentiellement consacrés à la création des 10 000 nouveaux emplois promis (dont des postes d’assistants de vie scolaire pour accompagner les élèves handicapés), à « l’amélioration » de l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves pour les professeurs des écoles ainsi qu’à la formation continue imposée aux enseignants de collèges pour la mise en œuvre de la réforme du collège et des nouveaux programmes…, ce qui, pour nos élèves, pour les personnels, ne se traduira pas par une amélioration significative des conditions d’étude et d’apprentissages, des conditions de travail favorisant la réussite de tous… Pour le primaire, les 3911 postes supplémentaires pour la rentrée 2016 apparaissent en effet comme bien insuffisants au regard de la priorité affichée, de même dans le second degré où les 2805 ETP créés ne permettront pas de prendre en charge les 23000 élèves supplémentaires attendus dans les meilleures conditions… La dernière tranche de 2017 devra être nettement plus importante pour atteindre l’objectif des 60 000 postes et nécessitera un effort budgétaire significatif.

Ces créations pour être effectives supposent que les postes aux concours soient tous pourvus, ce qui n’est pas le cas actuellement dans certaines académies ou disciplines et spécialités. La crise du recrutement n’est pas enrayée, la formation initiale, bien que « rénovée », reste très largement insatisfaisante, le nouveau dispositif EAP (étudiants apprentis professeurs), comme le dispositif M1 en alternance, expérimenté dans certaines académies, n’y changeront rien : la FSU continue de porter l’exigence d’une remise à plat de la réforme, de créations de postes de formateurs répondant aux besoins et de véritables pré-recrutements.

Les personnels attendent aussi une revalorisation de leurs carrières, de leurs traitements avec le dégel immédiat de la valeur du point d’indice et une amélioration des grilles indiciaires. L’amélioration du pouvoir d’achat et la reconnaissance du travail des enseignants peut dans un premier temps passer par l’amélioration du régime indemnitaire et notamment le doublement de la part fixe de l’ISOE pour les enseignants du second degré et l’alignement de l’ISAE sur l’ISOE pour les professeurs des écoles.

Dans le premier degré, plusieurs points posent problème et/ou nous amènent à quelques commentaires :

Le travail enseignant

A la rentrée, la FSU a rappelé le gouvernement à ses engagements. Concernant la priorité au primaire, le compte n’y est pas. Il est urgent de passer à la vitesse supérieure en termes de création de postes, de formation continue, de salaires pour permettre une réelle transformation de l’école pour la réussite des élèves et l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Pour cela, il faut amplifier l’investissement budgétaire pour l’Éducation. La baisse du temps de travail doit devenir une réalité. Le ministère doit prendre ses responsabilités et apporter des réponses sérieuses et financées pour la prise en charge de la difficulté scolaire notamment par la création de postes en RASED et pour la formation continue. Ces deux enjeux majeurs sont actuellement relégués au second plan en dehors du temps scolaire, ce qui ampute les possibilités pour travailler autrement dans les écoles. De même, la FSU dénonce les multiples injonctions qui entravent le travail enseignant au service de la réussite des élèves (tableaux de bord, multiplication des demandes administratives à propos des projets, interprétations abusives des circulaires, LPC pourtant obsolète…).

Formation continue

Les annonces répétées de Madame la Ministre voulant faire croire à un développement de la formation continue se heurtent à la réalité : l’offre de formation librement choisie est le plus souvent indigente. La FSU a dénoncé la faiblesse de l’accompagnement des nouveaux programmes de maternelle et exige de la formation pour l’ensemble des nouveaux programmes. Elle continue de dénoncer le dispositif M@gistère pris sur les 18 h d’animation pédagogique qui ne correspond pas aux besoins des collègues. Elle demande au DASEN que M@gistère fasse l’objet de discussions dans les conseils de formation (contenus, mise en œuvre, suivi…). La FSU revendique des stages longs, didactiques, pédagogiques, permettant des regards croisés avec la recherche et d’échanges entre pairs, afin de renforcer la professionnalité des enseignants pour la réussite de tous les élèves. Ces stages doivent être à candidatures individuelles et effectués sur le temps de classe avec un remplacement assuré.

Évaluations

Aucun protocole ne peut être imposé aux écoles. Si la circulaire de rentrée rend les évaluations diagnostiques obligatoires en début de CE2, la nature et l’organisation de ces évaluations (nombre, élèves concernés,…) relèvent de la liberté pédagogique des équipes. Ces dernières peuvent utiliser les fiches ressources ou/et les 3 livrets mis à leur disposition. Toutefois, la FSU a relevé un nombre important d’erreurs, ce qui remet en cause la pertinence de ces outils. De même les réponses binaires ne permettent pas de repérer les types d’erreurs des élèves et d’envisager des remédiations pédagogiques adaptées. Les résultats de ces évaluations, outils au service de l’enseignant et des élèves, ont vocation à rester au niveau de l’école. Les demandes de remontées par les IEN ou les DASEN sont abusives. Aucune remontée ne peut être exigée. Les coûts d’impression ne doivent pas être pris en charge par le budget des écoles.

ULIS

A la rentrée, une nouvelle circulaire est entrée en vigueur et les CLIS sont devenues des ULIS école. La FSU restera vigilante sur le nombre d’élèves en ULIS second degré, sur la présence de l’AVS-co, sur la formation continue qui n’est pas garantie, sur le manque d’information et d’accompagnement des enseignants de classes ordinaires et sur la prise en compte de la présence de l’ULIS dans une école pour la carte scolaire.

SEGPA

La nouvelle circulaire SEGPA est parue. La FSU a été vigilante sur l’inscription en 6ème SEGPA et la confirmation de la structure à 4 divisions avec une dotation horaire fléchée et des heures de coordination et de synthèse.

Cependant, la formule de co-intervention laisse croire que le PE serait l’aide du PLC et/ou enseignera aussi aux élèves des classes ordinaires en difficultés comme un membre de RASED. De même, la préférence du terme d’inclusion en lieu et place d’intégration laisse craindre une dérive toujours possible vers un dispositif, sous couvert d’expérimentations. Cette circulaire a pour mission de se mettre en adéquation avec la loi d’orientation sur l’école inclusive. Elle tente ainsi d’accrocher la SEGPA à la remorque de la réforme du collège. Cependant, en l’absence de cadrage, de moyens supplémentaires et d’une vision claire des besoins en enseignement adapté des élèves, le principe d’inclusion ne donne qu’une nouvelle couche de vernis au collège unique.

Direction d’école

La simplification des tâches administratives des directeurs et directrices d’école était l’un des engagements du chantier métier « direction d’école ». Les travaux des groupes de travail départementaux devaient déboucher sur la mise en place d’un protocole simplifié dans chaque académie au plus tard fin septembre. Mais ils sont loin d’être accessibles dans toutes les académies. Au niveau départemental, la FSU vous a adressé, Monsieur le Directeur académique, un courrier afin de faire le point sur les mesures proposées, sur la diffusion du protocole. Elle n’a pas eu de réponse. Deux mois après la rentrée, nous constatons que l’engagement de la simplification n’est pas tenu. Pourtant, dans les écoles, les directrices et directeurs sont soumis à des sollicitations administratives toujours plus lourdes avec des délais toujours plus courts. En conséquence, comme elle l’avait annoncé à Madame la Ministre dans son courrier du 08 avril dernier, la FSU appelle les directrices et les directeurs à procéder eux-mêmes à la simplification.

Consignes de sécurité

Les écoles ont été destinataires des mesures de sécurité à mettre en place dans le cadre du plan vigipirate. S’il est nécessaire d’être vigilant, c’est avant tout le bon sens qui doit guider la façon de les mettre en place. Pour autant, il ne peut être demandé aux enseignants d’assurer des mesures de sécurité qui ne relèvent pas de leur fonction.

Contrôle visuel des sacs et contrôle de l’identité des personnes

Si le directeur ou la directrice est garant des entrées dans l’école, il ne peut se transformer en agent de police. Il n’est donc pas habilité à fouiller les sacs ou à contrôler l’identité des personnes. Les relations avec les parents restent à privilégier.

De plus, les consignes ministérielles n’excluent pas que ce soit un personnel municipal qui fasse la surveillance des entrées sur ce temps, notamment lorsque c’est compliqué à organiser pour l’école (classe unique, petite école). Il ne faut donc pas hésiter à se mettre en relation avec les services municipaux pour assurer cette surveillance.

Dans le second degré, les sujets de discussions voire les points de tensions ne manquent pas non plus…

Réforme du collège

Après les nombreuses mobilisations de mai et juin derniers contre la réforme du collège, rejetée, rappelons-le, par près de 75% de la profession…, après la grande manifestation nationale qui a rassemblé plus de 10 000 personnes le samedi 10 octobre dernier dans les rues de Paris, la plus importante manifestation du second degré depuis dix ans, après le report aux calendes grecques de l’audience que Madame la Ministre accordera peut-être un jour à l’intersyndicale du second degré (vous avez dit « dialogue social » ???)…, cet automne 2015 voit fleurir ici et là des séminaires de personnels de direction et d’IA-IPR, des congrès, conférences, colloques, journées ou autres universités d’automne de « formateurs-relais » pour faire passer au forceps le « dispositif de formation d’accompagnement de la réforme du collège » destiné aux enseignants en vue de l’application de la réforme à la rentrée 2016… Et Madame la Directrice générale de l’enseignement scolaire elle-même, se déplaçant dans les académies pour vendre sa réforme, multiplie ici et là les provocations, tenant des propos parfois véritablement méprisants (« On n’a pas forcément besoin d’un enseignant pour apprendre »…, pour n’en citer qu’un seul exemple), cherchant comme toujours à reporter sur les enseignants et leurs pratiques pédagogiques la responsabilité des difficultés rencontrées par les élèves, des mauvais résultats enregistrés… Cette « parole libérée » a aussi l’intérêt de révéler l’idéologie sous-jacente de cette réforme, « l’osmose entre premier et second degré », favorisée par la généralisation de l’évaluation par compétences, entrant en cohérence avec la logique des cycles, avec les conseils mis en place dans les établissements, avec la nouvelle organisation du temps scolaire, dans le cadre d’une autonomisation toujours plus grande des collèges, « la scolarité obligatoire prenant fin en 3è » pour les élèves…, projet d’École que nous sommes bien loin de partager.

A l’heure des conseils pédagogiques ou autres « réunions d’informations », les enseignants de collèges, « invités » à se confronter à la réalité de la mise en œuvre de cette réforme, ne manquent pas de dénoncer la vacuité d’un discours qui tourne désormais en boucle autour de quelques mots qui n’ont plus rien de magique…, « interdisciplinarité », « innovations pédagogiques », « autonomie », « égalité » et rejettent cette réforme, qu’ils jugent technocratique, inutilement complexe, inefficiente pour résoudre les problèmes actuels du collège, qui ignore les réalités, prend prétexte d’objectifs partagés, comme la réduction des inégalités, pour imposer des dispositifs guidés par des préoccupations gestionnaires et non pédagogiques…

Soutenus par une majorité de parents d’élèves, ils continuent et continueront de s’opposer à cette réforme qui ne fera que créer des inégalités croissantes entre les élèves, les établissements et les personnels, détruire progressivement la structuration disciplinaire du collège, augmenter la charge de travail, développer des hiérarchies, accroître le nombre de prescriptions remettant en cause la liberté pédagogique des enseignants… Ils s’empareront entre autres des « formations-formatages » des semaines à venir pour faire valoir leurs revendications pour une autre réforme du collège.

Après le vote défavorable des organisations syndicales qui représentent la profession au CSE du 10 avril et la publication en force du décret le 20 mai au lendemain d’une forte mobilisation…, le vote défavorable du CSE le 7 octobre dernier lors de l’examen des nouveaux programmes et après l’annonce que tout (réforme du collège, nouveaux cycles, nouveaux programmes, nouveau DNB, réforme de l’évaluation,… ) se mettrait de toute façon en place à la rentrée 2016…, nul besoin de décrire le climat un peu particulier qui règne actuellement dans nos établissements…

Dans ce contexte, certains enseignements sont plus particulièrement malmenés, voire menacés. C’est le cas notamment de l’allemand, des langues anciennes et de l’EPS. Pour cette dernière, nous ne pouvons que faire le constat d’une discipline véritablement maltraitée : subissant au même titre que les autres matières la réforme du collège, la voilà évincée du Brevet. Alors que la démarche entreprise avec le nouveau socle conduisait à mettre toutes les disciplines à égalité pour la formation des futurs citoyens, le ministère supprime de fait l’évaluation de l’EPS (avec les enseignements artistiques et les langues) au diplôme national du brevet, recréant ainsi une hiérarchie disciplinaire : celles jugées importantes et évaluées en tant que telles, et les autres. Et que dire des nouveaux programmes d’EPS, creux, présentant des énormités et tellement généraux qu’ils ne peuvent garantir une culture commune ? C’est une régression considérable. La profession, avec le SNEP-FSU, avait réussi à faire inscrire dans le socle les éléments fondamentaux constitutifs de la culture physique sportive et artistique. Il s’agit là, à travers les programmes et le DNB, d’une entreprise de déstabilisation : aucune autre discipline ne subit un tel traitement… Drôle de paradoxe quand on sait que Madame la Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé une "année du sport de l’école à l’université" ! La culture, et notamment la culture physique et sportive ne devraient-elles pas au contraire faire l’objet d’un regard particulier en ces temps difficiles de lutte contre l’ignorance et l’obscurantisme ?

Ce n’est visiblement pas l’avis du SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, qui n’a pas manqué de porter une nouvelle attaque au sport scolaire mercredi dernier (le 18 novembre) en appelant à ne pas participer aux cross départementaux organisés ce jour-là dans le cadre de l’UNSS, alors que les autorités compétentes avaient de façon responsable et réfléchie décidé de maintenir ces manifestations ! L’ensemble des protagonistes avaient à cœur de les voir se dérouler… chefs d’établissement y compris dans notre département puisque la presque totalité des établissements se sont déplacés, contribuant ainsi à préserver la continuité du service public d’éducation et du service public du sport scolaire. Les élèves ont pu ainsi vivre « en actes », au travers de cette rencontre sportive, des moments de solidarité, de partage et d’échanges tout en étant confrontés à la diversité de leurs origines sociales, culturelles, de sexe, etc., qui font la richesse du sport scolaire.

Notes de l’épreuve d’Histoire des arts au DNB 2015

L’autre sujet de crispation encore aujourd’hui dans les salles des professeurs est la rehausse de la note d’Histoire des arts de certains candidats ardennais lors du DNB 2015 …

Il est en effet bien difficile de trouver le mot juste qui pourrait décrire à ce qu’ont ressenti les enseignants de collèges lorsqu’ils ont découvert que les notes qu’ils avaient attribuées à leurs élèves lors de l’épreuve d’Histoire des arts pour le DNB 2015 avaient été pour bon nombre d’entre elles considérablement rehaussées, dénigrant totalement le travail effectué en amont, bafouant de façon éhontée leur professionnalité…, pratique proprement scandaleuse visant sans doute à atteindre les objectifs chiffrés que l’Administration s’était fixés, « Cachez-moi ces mauvais résultats que je ne saurais voir !!! », refusant comme toujours de reconnaître la difficulté sociale et scolaire du département, de lui donner surtout les moyens de les résoudre… Sur ce sujet, nous demandons solennellement à Monsieur le Directeur académique que la question diverse déposée par la FSU Ardennes soit traitée en toute transparence afin que toutes les explications et réponses satisfaisantes puissent être données à tous les collègues concernés et que toutes les garanties soient apportées pour qu’une telle pratique ne se reproduise pas, pour tenter, peut-être, de rétablir un certain « climat de confiance »…

Préparation de rentrée 2016

Enfin, en ce mois de novembre où les mauvaises nouvelles se ramassent à la pelle…, les premières informations suite aux « dialogues stratégiques » menés entre les chefs d’établissements et M. le Directeur académique concernant la préparation de rentrée 2016 apparaissent plutôt bien inquiétantes, amenant, semble-t-il, encore cette année (et peut-être plus encore même cette année avec la mise en œuvre de la réforme du collège, « pédagogique uniquement, absolument pas budgétaire »…) son lot de fermetures de classes, de suppressions de postes de personnels d’éducation…

Parce que la situation économique et sociale de notre département mérite une attention particulière, parce que la difficulté scolaire est réelle et doit absolument être traitée avec efficacité, la FSU Ardennes demande et redemande à Madame la Ministre, à l’occasion de ces travaux de préparation de rentrée 2016, de bien vouloir prendre en considération tous les éléments (taux de PCS défavorisées voire très défavorisées, pauvreté, chômage, taux de réussite aux examens, …) qui permettent une allocation des moyens la plus juste possible en fonction des besoins de nos élèves.

Parce que nous sommes favorables à une réforme qui bénéficie vraiment à tous les élèves, qui les aide véritablement à entrer dans les apprentissages, qui soit ambitieuse, parce que le changement ne peut passer que par l’adhésion de ceux qui le mettent en œuvre, afin de redonner un peu de sérénité et de restaurer la nécessaire confiance de tous ceux qui « font l’école » envers l’institution, la FSU demande à Madame la Ministre de bien vouloir reprendre les discussions avec les interlocuteurs représentant la profession pour une réforme du collège réellement progressiste, dans l’intérêt de tous.

Compte rendu du CDEN du vendredi 27 novembre 2015

A noter que ce CDEN s’est tenu à la DSDEN une nouvelle fois en l’absence de M. le Vice-Président du Conseil Général et de nombreux élus. Au mois de juillet (avec la question brûlante de la restructuration du réseau des collèges ardennais) un second CDEN avait dû être reconvoqué. Cette fois, le quorum (nombre de membres présents minimum) a tout juste été atteint.

En préambule, M. le DASEN nous situe le contexte démographique ardennais : baisse démographique qui va encore s’accentuer, selon lui, dans les années à venir.

Déclarations préalables

M. le DASEN donne d’abord la parole à l’UNSA… puis à la FSU à qui il demande de « synthétiser » son propos liminaire… ! > cf. déclaration ci-après

Consignes de sécurité dans les établissements scolaires 

M. le Préfet réagit suite à la déclaration de la FSU : il indique que nous sommes retournés au même niveau (maximum) de vigilance Vigipirate qu’avant le vendredi 13 novembre. L’interdiction des déplacements scolaires est levée mais il appelle à une vigilance importante, ainsi qu’à une bonne régulation des entrées et sorties. Il invite à faire retomber les tensions, à altérer le moins possible l’ouverture vers l’extérieur. Il s’agit de ne pas se plier au souhait des organisations terroristes qui souhaitent que la vie s’arrête. Il faut continuer à vivre normalement, à faire vivre nos institutions.

Il demande à inscrire lors d’un prochain CDEN un point sur les problématiques de radicalisations, les dérives qu’il qualifie de sectaires plutôt qu’idéologiques et cultuelles. (En restant humble par rapport à nos capacités de les anticiper, combattre …)

Les organisations syndicales pointent des conduites différentes sur l’Etat d’urgence selon les départements. A Toulouse, il est possible de manifester mais des entraves sont constatées ailleurs (interdictions, amendes, poursuites,…). M. le Préfet indique que certaines mesures particulières en Île-de-France ne concernent pas le territoire national. La FCPE fait état d’appels téléphoniques de nombreux parents concernant leurs craintes lors des voyages scolaires, les consignes ne paraissant pas très claires au niveau des chefs d’établissements notamment pour les voyages à l’étranger. Il est utile de rassurer les parents et les élèves. La DSDEN répond que sur les sorties, les arbres de Noël,…, un document synthétique est systématiquement rempli par le chef d’établissement qui fait l’objet d’une autorisation conjointe de la DSDEN et de la Préfecture. La DSDEN ne force personne à partir en voyage.

M. le DASEN ne réagit pas sur les autres points de notre déclaration préalable arguant qu’il n’a pas la capacité à répondre à nos interrogations qui relèvent du national. Il déplore que nos remarques ne portent que sur les difficultés mais « jamais sur les réussites » (sic).

Contrôle visuel des sacs et contrôle de l’identité des personnes

La FSU affirme qu’« il ne peut être demandé aux enseignants d’assurer des mesures de sécurité qui ne relèvent pas de leur fonction ». M. le Préfet rétorque qu’on ne demande pas à un enseignant de faire le travail d’un vigile mais qu’on peut parfaitement demander à une personne d’ouvrir son sac. Si la personne refuse, elle n’entre pas. Il cite l’exemple de bénévoles qui s’en chargent au festival de marionnettes. Ces mesures font appel au bon sens.

Sur l’appel au bon sens, la FSU rétorque que les enseignants le font au quotidien (par un accueil poli de tout adulte inconnu). Mais la FSU pointe la difficulté de mettre en œuvre une telle consigne sur le terrain. Le Préfet rappelle qu’on peut faire le 17 si besoin. La FSU réitère sa demande d’aide par d’autres personnels territoriaux. M. le DASEN indique qu’un partenariat se met en place sur Charleville avec transmission des informations aux familles. (Personnels avec des gilets) La question des intrusions, de la sécurisation des portes, …, dans les collèges et les lycées sera budgétisée avec une part de subventions d’Etat. Ces mesures feront l’objet d’un accompagnement.

Collège Turenne (et son secteur : cas de l’école Blanpain)

Alertés par des collègues du collège, nous nous étonnons de l’annonce de l’attribution d’une DHG pour la rentrée 2016 qui amènerait à la fermeture de… 4 classes ! M. le DASEN explique qu’il s’agit d’une « dotation provisoire », d’une « première estimation », que des ajustements pourront avoir lieu (en avril, mai ?). Cependant ces dotations provisoires inquiètent : un préavis de grève a été déposé au collège Turenne pour mardi prochain. Les collègues ont demandé à être reçus par Mme la Rectrice. Selon M. le DASEN, le dialogue de gestion (appelé désormais « dialogue stratégique »…) a eu lieu ce mardi. Il a expliqué la situation au chef d’établissement. Il nous demande de ne pas ajouter de l’inquiétude inutile car d’après lui on sera encore sur des seuils (effectifs repères) proches de l’Education Prioritaire. Les organisations syndicales réfutent le fait d’avoir « attisé le feu ». Ce ne sont pas elles qui ont annoncé la perte de 20% des moyens. La FSU rappelle à M. le DASEN qu’il s’était pourtant engagé (suite à la redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire l’an dernier et son refus à faire entrer le collège Turenne et l’école Blanpain dans le dispositif malgré leur taux élevé de PCS défavorisées) à maintenir les effectifs et les moyens de ce collège (<23 de moyenne actuellement) pendant 2 ans. La DHG (provisoire…) annoncée pour la rentrée 2016 ferait monter les effectifs dans les classes à 28 élèves ! M. le DASEN affirme qu’on serait plutôt autour de 25 de moyenne, on reste alors dans les effectifs repères de l’éducation prioritaire. La situation sur Turenne n’est pas arrêtée. Le dialogue de gestion avec « la Centrale » -qui devait avoir lieu le lundi 16 novembre- se tiendra mardi 1er décembre : l’enveloppe départementale sera définie à cette occasion. Les organisations syndicales demandent des précisions sur les effectifs attendus. La FSU interroge les services sur la question de la restructuration des écoles sur Sedan qui pourrait, de fait, impacter, par leur répartition, les effectifs dans les collèges. > Pas de réponse précise sur les effectifs… et restructuration des écoles peut-être pour 2016 ? La FSU rappelle sa demande de classement en REP du collège Turenne et des écoles du secteur (école Blanpain,…) M. le DASEN réclame des chiffres pour étayer notre propos. La FSU prend le cas de l’école Blanpain qui, selon les propres indicateurs de l’administration, avec 80 % de familles de catégories socioprofessionnelles défavorisées, un des plus élevés de Sedan, n’est même pas classée en Education Prioritaire. L’administration indique une forte chute des effectifs dans cette école. La FSU prend acte de ces éléments. Mais ils n’ont pas de rapport avec sa demande de classement en REP.

M. le DASEN fait ensuite défiler son diaporama présentant le « bilan de rentrée dans les 1er et 2nd degrés »… :

Constat des effectifs : -271 dans le premier degré public, +25 dans le premier degré privé (« contrairement à ce que certains auraient pu penser… ») / -183 dans le second degré public, +26 dans le second degré privé, soit en 10 ans -13,6% dans les écoles publiques, -11,8% dans les collèges publics, -4,5% dans les LGT et -39,6% dans les LP, pour une évolution globale de -14,7% (53 351 élèves en 2005-2006, 46 003 en 2015-2016).

10 REP désormais avec un effort sur l’accueil des moins de 3 ans. 25 à 30% des élèves ardennais sont scolarisés en Éducation prioritaire.

Taux d’encadrement : P/E de 6,01 et 22,35 élèves/classe dans les écoles, H/E de 1,33 et 23,3 élèves /division dans les collèges

Parcours des élèves : Travail considérable des enseignants sur l’accompagnement à la fluidité des parcours des élèves. Difficulté sur les taux de maintien en CP (4,6%).

Dérogations demandées pour une entrée en collège : 75,4% de satisfaction.

Décisions d’orientation en 2nde GT : 65,3% contre 68,7% pour l’académie.

Décisions d’orientation en 2nde professionnelle : 33,6% contre 30,2% pour l’académie.

Élèves à besoins éducatifs particuliers : 26 ULIS école ; 15 ULIS collège-lycée dont 2 en LP.

SEGPA : M. le DASEN revient sur les propos de la FSU. Il conteste la formulation qui établit un lien avec la réforme du collège. La FSU pointe encore une fois les SEGPA à 18, 19 ou 20 élèves comme au Lac et indique qu’il y a des temps ou l’enseignant(e) a TOUS les élèves en charge. M. le DASEN indique que quand il n’y a plus de capacités, comme il s’agit d’un dispositif désectorisé, une réflexion a lieu pour essayer d’articuler entre la SEGPA du Lac de Sedan et la SEGPA de Vivier-au-Court… Il sera tenu compte la remarque de la FSU pour les dotations de la rentrée prochaine. Nous serons donc vigilants sur la traduction de cette annonce en actes aux prochains CTSD.

Dispositifs d’aides aux élèves :

Accompagnement éducatif : dans l’éducation prioritaire seulement désormais. Seuls deux projets (écoles) non retenus dans un premier temps. Ils ont été retravaillés et sont maintenant validés. En 2014-2015, dans les collèges, 156 projets (65% pour de l’accompagnement scolaire, 22% langues vivantes, 8% sport et 5% culture) ont été réalisés, dans les écoles, 32 projets (57% pour de l’accompagnement scolaire, 18% langues vivantes et 25% culture).

Résultats des élèves dans les 1er et 2nd degrés : Taux de réussite au palier 2 du socle commun : 76,4% (contre 75,7% en juin 2014)

Natation palier 2 : seulement 48% > Des temps de travail maître-nageur et conseillers pédagogiques sont prévus. La DSDEN souhaite que ce soit toujours le même maître-nageur qui suive le même groupe. Création de nouveaux outils : séances filmées à disposition des équipes. Projets de travail école-collège sur la passation et les compétences en natation. A1 en langues : 77,1% (contre 80,4 en 2014) > lien entre socle et compétences des nouveaux programmes mieux établi qui devrait permettre d’améliorer les résultats

DNB : le DASEN pointe du doigt la différence entre les notes obtenues en contrôle continu et aux examens. Les performances des élèves sont supérieures lors de l’examen, les professeurs devraient donc faire preuve de davantage de bienveillance lors des contrôles continus !

Suivi de la mise en œuvre de « la refondation de l’école » :

Conseil école-collège : tous les secteurs l’ont mis en place. Il y a différentes thématiques mais le travail sur la continuité pédagogique a le pourcentage le plus fort. Formation école/collège : en 2014-2015, 11 stages sur 17 journées, en 2015-2016, 18 stages de programmés (1er et second degrés sur une thématique choisie par l’équipe).

Rythmes scolaires : des PEDT sont signés chaque jour : des rappels. Date limite du fonds de soutien le 30 novembre mais une souplesse pourrait être accordée sur les délais pour bénéficier des fonds d’amorçage. Des « irréductibles » : 9 communes refusent de mettre en place un PEDT. La FSU souhaite connaître les motifs invoqués. L’administration évoque des incompréhensions sur les textes mais parfois ça s’érode. Un groupe d’appui a lieu pour ces 9. La FSU souhaite savoir s’il faut s’attendre à des modifications de PEDT existants, rappelant les épisodes de l’an passé, en particulier si les propositions impactent les horaires strictement solaires. Les PEDT sont validés pour 2 années : des légères modifications à la marge sont possibles mais un cadrage sur le temps scolaire. Une chargée de mission a été nommée sur ce sujet. Elle a une expertise développée : les communes l’appellent si besoin.

Éducation Prioritaire : Un réseau supplémentaire, 3 REP+. Le projet de réseau est le cadre qui coordonne les projets d’école et le projet d’établissement. Le DASEN ira à la rencontre des équipes. Il va aller à un conseil de réseau pour faire émerger les besoins de formation et d’accompagnement.

Formation : au niveau académique, la maquette retenue est celle d’un binôme = 1 professeur du 1er degré, 1 du second degré et concernera les REP et REP+. Les 10 projets de réseau doivent être reçus avant le 13 janvier 2016. Une formation sera mise en place pour accompagner les 30 réseaux de l’Académie de Reims. Mise en place également d’un séminaire académique avec des intervenants de haut niveau : pour les coordonnateurs REP et les formateurs.

Questions diverses. Cf. ci-après celles envoyées par la FSU.

1. Impact des NAP

M. le DASEN refuse de répondre à cette question diverse ( !) arguant qu’il a déjà traité le point des rythmes scolaires et que ces questions ont déjà été posées. Pourtant, après plus d’un an de généralisation des décrets Peillon et Hamon, les remontées se poursuivent sur ce sujet : confusion entre scolaire et périscolaire (respect des règles,…) sujet de tensions avec des municipalités turn over des animateurs, manque de formation, précarité taux d’encadrement élevés familles qui se tournent vers les écoles pour émettre des critiques partages des salles d’activités (NAP/APC) impact sur l’hygiène, la sécurité, l’état des locaux.

La FSU a demandé à ce que cette question soit l’objet d’une enquête dans le cadre des missions du CHSCT.

2. Expérimentation sur la mixité socia

Le 17 départements sont entrés dans l’expérimentation. Les Ardennes ne sont pas concernées. La FCPE pense que c’est l’occasion d’associer les parents. La mixité se construit dans la classe. La question de l’évolution du réseau des collèges ardennais resurgit de cet échange. M. le DASEN refuse de revenir sur ce sujet. Le FSU note que l’on entre souvent dans ce sujet de la mixité par la voie des collèges mais qu’il faut d’abord se poser la question de la sectorisation dans le premier degré. > Un point est fait sur l’état de la restructuration sur Sedan. Un outil qui travaille à l’adresse de chaque famille est proposé par le rectorat : temps de transport, mixité, infrastructure. A ce stade, un calendrier permettrait d’avoir un schéma (peut-être) pour la rentrée 2016.

3. Formation

L’administration a réagi vivement aux critiques des organisations syndicales sur la formation (celle pour les enseignants du premier degré et celle pour les enseignants de collèges pour la mise en œuvre de la réforme du collège, que nous avons appelée « formation-formatage » dans notre déclaration préalable…).

Mme l’IEN Adjointe affirme que le volume (Nombre d’heures stagiaires) est passé de 5537 heures à 9004 heures en un an, ce qui est censé démonter nos propos liminaires ( ?). M. le DASEN nous sermonne sur le fait que nous n’aurions pas à décider d’un contenu en dehors des instructions officielles ( ??). Pour lui, la liberté pédagogique est dans la mise en œuvre… En formation, on est là pour mettre en œuvre.

Une autre organisation syndicale et la FSU estiment que les heures « M@gistère » doivent être comptées en dehors du volume global. Pour nous, il s’agit d’une autre modalité que la formation en présentiel. Sur la question des modalités : on peut ne pas être d’accord mais M. le DASEN dénonce une vision manichéenne : le rejet systématique n’est pas acceptable pour lui.

La FSU, quelque peu interloquée par le ton employé, reprend les termes de sa déclaration préalable qui lui semblent « sur-interprétés » : on y évoque les formations « non choisies » par les enseignants et on y demande que les thèmes retenus (y compris ceux de M@gistère) fassent l’objet d’échanges lors d’un conseil de formation. La FSU est dans son rôle lorsque qu’elle porte la voix des personnels sur ce sujet. Nous souhaitons un point en CTSD sur ce sujet. La FCPE souhaite une présentation en CDEN de ces sujets de formation.

Concernant la formation des enseignants de collèges à la mise en œuvre de la réforme, nous rappelons qu’elle a été imposée à tous (donc non librement choisie…) et que, de fait, la formation continue a été supprimée cette année…, « reportée » selon M. le DASEN, qui s’indigne de nos propos qui laisseraient à penser que « les collègues ont le doigt sur la couture du pantalon » ! Selon lui, la refondation de l’école est un « changement de paradigme », la réforme du collège un vrai « chamboulement » de nos pratiques pédagogiques, cette formation est donc selon lui tout à fait légitime puisqu’elle est faite pour « accompagner » la réforme… Lors de cet échange, nous rappelons une fois encore que nous nous exprimons dans cette instance en tant que représentants des personnels, au nom d’une grande partie de la profession qui rejette cette réforme du collège et qui n’hésitera pas à le faire savoir à l’occasion de ces journées de « formation »…

4. REP+ : formation, allègement, pondération, réunions de concertation,…

Dans les écoles, la question de l’allégement / formation REP+ est l’occasion d’illustrer que la FSU n’est pas dans « l’opposition systématique ». En effet, notre organisation fait état de retours de terrains positifs. Les collègues formulent des vœux parmi 5 thèmes de formation spécifiques qui correspondent à des attentes concrètes. Les dysfonctionnements concernent plutôt l’organisation du crédit-temps : les 2/3 h de réunion le soir (rappel : avec parfois un trou- Ex entre 15h45 et 17h), des collègues qui se retrouvent à la fois en crédit-temps et en formation, des collègues dont on reporte le crédit-temps 48h avant, qui annulent en catastrophe leurs RDV …, avant que leur crédit-temps ne leur soit de nouveau accordé … la veille ! Au cours de ces échanges sur la formation, M. le DASEN indique qu’il est « saturé » ( !) par les questions diverses au moment où la FSU souhaitait intervenir sur cet aspect dans le second degré. Monsieur le Préfet nous autorise toutefois à poser une question concernant la formation REP+ : demande d’intervention « plus pointue ». La DSDEN daigne répondre que des liens se resserrent avec l’ESPE et que l’intervention de formateurs hors académie est envisageable.

M. le DASEN revient cependant sur la journée du lundi 16 novembre : il remercie les collègues qui ont accueilli les enfants suite aux événements. Il s’est lui-même rendu dans les établissements et reconnaît que des attitudes d’élèves l’ont désarmé.

M. le DASEN souhaitant clore les débats, M. le Préfet, qui préside ce CDEN, reprend la parole : il permet quelques échanges avec nos représentants du personnel et tient à opérer une mise au point sur :

5. La question des réfugiés

Il présente 3 cas qui sont à distinguer :

« Les demandeurs d’asile : ont le droit de s’adresser aux services de l’État. Droit commun : parcours classique > une des structures d’hébergement d’urgence le temps de l’examen de la validité de la demande. Les réfugiés : ils viennent des théâtres de guerre. Ils sont acceptés par la France. Pas de concentration dans des villes déjà saturées. Pas d’impact majeur en matière de scolarisation. Ils bénéficient d’un droit au séjour. Choisis, accueillis dans les collectivités qui ont fait une offre d’accueil. Lieux d’accueil sélectionnés : un ou des logements, volumétrie limitée. Taille ? Association qui les accompagnera. Les migrants (en transit sur le sol, proviennent du Calaisis) : nous devons avoir la capacité de les héberger pendant la période hivernale. Demandent-ils l’asile ? Une grosse instrumentalisation sur Floing. Une trentaine de personnes, simplement de jeunes adultes célibataires. Jamais 40 familles avec 20/40 gamins, cela n’a jamais été envisagé. »

M. le DASEN affirme que l’Éducation Nationale répondra à toutes les demandes d’accueil.

Estimant qu’il a déjà répondu à nos questions diverses, il clôt la séance, indiquant qu’il n’y aura pas de réponse sur la question des lycées qui n’entre pas, selon lui, dans les prérogatives du CDEN.

La FSU regrette que quelques points n’aient pas été traités en fin de ce CDEN, une fois encore bien tardif (fin vers 19h45). Elle portera ces questions lors des prochaines instances (CTSD, CDEN, CHSCT).

Les représentants FSU des personnels au CDEN

 

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