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"Quand c’est trop, c’est trop" :-( Témoignage spontané d’une direlo.

[...] c’est juste un petit témoignage en mode « craquage » d’une directrice d’école déjà débordée au bout de 2 semaines...

Je suis directrice d’une école de 6 classes : 2 CE2, 2 CM1, 2 CM2. Je bénéficie d’1/4 de décharge ; je n’ai plus d’aide administrative, et j’enseigne en CE2.

Cette année nous entrons en Education Prioritaire, et nous intégrons le dispositif PDMQDC.

J’ai appris comme tout le monde avant la rentrée qu’il était souhaitable de faire passer des évaluations en début d’année de CE2. Je me rends donc sur Eduscol 2 jours avant la rentrée pour consulter la banque d’exercices, et là je suis atterrée : comment, c’est à nous de choisir les items à évaluer parmi plus de 200 en français et autant en maths, dont certains sont pleins de coquilles, merci Eduscol, on aurait aimé VRAIMENT du clé en main, avec les livrets tout faits... En lieu de quoi je me retrouve, après avoir choisi avec ma collègue, à photocopier les exercices et à agrafer les pages, afin de fabriquer un livret par enfant.

Temps passé : 4 heures.

Nombre de feuilles utilisées : 400.

En sus de cela je passe mon dimanche à rentrer ou à modifier les fiches des enfants dans base élèves.

Première réunion CEC pour la liaison école-collège (sur le temps de travail, je le reconnais). Le travail attendu par l’administration pour cette liaison va forcément être intégré dans le projet de réseau, mais avec FORCEMENT des choses en plus pour notre école puisque nous avons des CM1 et CM2.

Réunion des directeurs, en dehors du temps scolaire : 2 heures.

Parallèlement je fais passer à mes élèves les évaluations de CE2, puisque pas de chance, c’est le niveau où j’enseigne, encore du travail supplémentaire.

1er stage PDMQDC où il va falloir le plus rapidement possible élaborer un projet. Plusieurs projets existants nous sont montrés, ils sont très volumineux, l’un d’entre eux comporte 38 pages ! Je suis horrifiée par le temps qu’il va falloir y passer ! On me répond que je suis directrice et que soit je prends une boîte de Kleenex pour pleurer sur mon sort, soit je change de métier. J’assume sans problème.

Après le premier jour du stage je commence à corriger mes évaluations de CE2. Mes collègues me donnent les noms des élèves retenus pour l’APC, ce qui me fait penser aux tableaux à renvoyer à l’administration, j’avais complètement oublié.

Lors du 2ème jour de stage les formatrices nous avouent que le dispositif PDMQDC est très chronophage. Presque tous les directeurs présents au stage sont déchargés entièrement, avec une aide-administrative. Malgré cela ils pensent qu’ils auront du mal à écrire le projet dans les délais, dans la mesure où nous n’avons pas de grille commune codifiée, et que chaque école doit faire elle-même sa propre mise en page. Moi j’ai la malchance de n’avoir qu’1/4 de décharge sans aide administrative, et d’avoir des classes en cycle 2 et 3, ce qui implique du travail avec le collège.

Vendredi 15h45 fin du stage, je retourne à l’école où mes collègues m’attendent pour le premier Conseil des Maîtres de l’année. J’essaie de leur expliquer ce que l’administration attend de nous tous avec la maîtresse surnuméraire. Ruée dans les brancards au moment de la prise de conscience de la quantité de travail que cela va impliquer au niveau du temps de préparation. Mais bien sûr il y a la prime…

Fin de la concertation, j’attrape les cahiers que je n’ai pas eu le temps de terminer de corriger. Je croise une maman qui me demande quand je fais la réunion préparatoire aux élections. Les élections !!!! Elles m’étaient sorties de la tête ! Je m’aperçois que je n’ai même pas compté mes enveloppes, je ne sais pas si j’en aurai assez, d’autant plus qu’il en faut une supplémentaire par votant. Bon, je les compterai lundi , il y a plus enrichissant comme tâche, mais bon…

Dans la foulée je m’aperçois également que je n’ai pas finalisé la nouvelle ouverture de compte de la coopérative OCCE au Crédit Agricole, et tiens puisque j’y pense, mes collègues vont bientôt m’apporter tous les chèques des cotisations pour la coop justement, et qu’il va falloir mettre une signature derrière chacun, et remplir le fastidieux bordereau où il faut marquer le numéro du chèque, le nom de l’émetteur, le nom de la banque émettrice, la somme, recompter tout ça en priant pour que tout tombe juste…. J’ai une petite bouffée d’angoisse, là…

Avant de partir j’écoute mes messages, j’en ai 2 de la Mairie qui me demande des listes d’élèves pour ceci ou cela, et de faire le bilan de notre armoire à pharmacie… Deuxième bouffée d’angoisse…

Pendant le week-end je tape le compte-rendu de notre concertation pour pouvoir l’envoyer à l’administration, puisque visiblement lundi, mon jour de décharge, je n’aurai pas le temps… Et puis je me raisonne : tant pis, ce que je n’aurai pas le temps de faire ce lundi je le ferai celui d’après ! Ah oui, mais non en fait, parce que lundi prochain je suis en réunion REP, dans la mesure où toutes nos réunions REP auront lieu sur le temps de décharge ce qui veut dire qu’en sortant de la réunion j’aurai encore plein de choses à faire…

Tout ce travail administratif supplémentaire, plus le temps de préparation nécessité par le dispositif PDM, plus le temps de préparation et de correction « normal », là je dis STOP ! Je pense que les directeurs 6 classes avec 2 cycles ont besoin de plus de TEMPS de décharge, et du rétablissement de l’assistance administrative, parce que par rapport à cela il y a des injustices criantes. Soit on a TOUS des aide-administratives, soit PERSONNE n’en a. Et ce sont souvent les directeurs les plus déchargés qui en bénéficient.

Merci d’avoir lu l’expression de mes états d’âme, et cordialement, [...]

La conclusion de la collègue rappelle la nécessité de la plus grande transparence dans la répartition des moyens.

 

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