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Rythmes scolaires : insatisfaction dans les Ardennes et partout en France Le périscolaire dicte sa loi et impacte négativement le temps scolaire dans la majorité des cas, surtout en maternelle

Le SNUipp exige plus que jamais une remise à plat totale dans le cadre de discussions globales pour de meilleures conditions de travail.

Localement, il adresse également une lettre ouverte à M. le Maire de Charleville-Mézières.

A l’heure où le Ministère envisage de revoir les vacances d’hiver contre les recommandations de l’Académie de médecine mais pour satisfaire les lobbies du ski, le SNUipp dresse un état des lieux largement négatif de la généralisation du décret Peillon (et, à la marge, du décret Hamon).

Plus de 6 mois après la généralisation du décret Peillon : un constat largement négatif

Comme le montre notre enquête nationale, si de rares organisations donnent satisfaction, d’autres, nombreuses, sont clairement défaillantes. Le SNUipp-FSU ne se satisfait pas de ces inégalités qui pèsent sur les élèves comme sur les enseignants. Les Ardennes n’échappent pas à cette tendance : aucun syndiqué ou sympathisant du SNUipp-FSU 08 ne nous a, à ce jour, fait état de sa satisfaction !

- Les difficultés liées au temps périscolaire

D’abord, le temps passé par chaque élève à l’école s’est allongé (vous avez dit allègement ?).

Ensuite, le décret Peillon bafoue deux grands principes fondateurs de l’Ecole Républicaine : l’égalité et la gratuité. Les inégalités sont criantes entre les communes voire parfois au sein d’une même ville (entre le rien du tout, les colliers de perles et les ateliers scientifiques, l’escrime... ). Dans certaines communes, aucune activité péri-éducative n’est mise en place. Dans d’autres, ces activités sont payantes.

Des projets éducatifs territoriaux (PEDT) peuvent être aussi proposés sur de critères marchands et de rentabilité ou avec des associations privées fort éloignées des valeurs laïques. A ce jour, les rares propositions de ce type ont été refusées dans les Ardennes, mais demain ? Quelques familles ont choisi également de quitter l’école publique laïque gratuite pour rester en 4 jours.

Par ailleurs, les APC et NAPe se retrouvent parfois en concurrence. Le SNUipp-FSU réitère à cette occasion sa demande de suppression des Activités Pédagogiques Complémentaires.

De nombreuses municipalités ont abandonné l’option d’un allongement excessif de la pause méridienne suite aux mobilisations de 2013 initiées par le SNUipp-FSU mais, malgré les fonds d’amorçage, dans un contexte de politique d’austérité menée par le gouvernement, la réduction des coûts est très souvent le moteur des propositions des collectivités locales.

Les collègues de maternelle pointent des organisations inadaptées aux besoins physiologiques des plus petits (besoin de coupure, temps de sieste...).

En élémentaire, les enseignants constatent que leurs élèves sont "H.S." à partir du jeudi après-midi (voire matin !).

Suite à la baisse scandaleuse des taux d’encadrement décidée par M. Peillon, des animateurs se retrouvent avec des groupes de 15 à 18 enfants ! Une confusion naît entre scolaire et périscolaire (perte de repères pour les plus petits ou transgressions pour les plus grands , particulièrement dans des écoles en REP / REP+)

- Les propositions d’aménagements du temps scolaire au gré des municipalités : ça suffit !

Cette municipalisation génère en outre une grande incertitude et une déstabilisation des élèves, de leurs familles et des enseignants. Suite aux nombreux changements de majorités lors des élections municipales, comme à Charleville-Mézières, des projets à peine mis en place sont déjà remis en cause pour permettre de "caler" différemment les activités périscolaires. Des injonctions contradictoires fatiguent enfants, enseignants et parents : temps passerelle sous le préau à la sortie qui commençait à se mettre en place remplacé brutalement par un passage des animateurs dans les classes (débordant sur les heures de sorties et posant des soucis de responsabilité) puis regroupement dans une même salle des enfants "en surchauffe".

Et demain ? A la rentrée ? Des communes, comme Charleville-Mézières, avancent de nouvelles pistes sans aucune consultation préalable ni passage par les instances. A chaque jour sa nouvelle rumeur (début des cours avancé, NAPe à 15h20 pour finir à 16h30, libération d’un après-midi...) Objectif des mairies : réduire les coûts et les démissions d’animateurs sur ces emplois (et horaires) précaires partis faire valoir leur BAFA sur des postes plus attrayants.

Des municipalités, ont selon le DASEN, présenté une proposition dans le cadre du décret Hamon. Mais cette proposition n’était pas recevable selon les textes. (Comment aurait-elle pu l’être d’ailleurs puisqu’elle n’a pas été présentée dans les Conseils d’école qui doivent donner majoritairement leur accord ?) Les élus se sont bien gardés d’évoquer ce sujet lors des conseils municipaux et d’école qui se tenaient avant les élections ...

Le Directeur Académique ayant, en théorie, le dernier mot, certaines municipalités ont décidé de passer outre et de porter leur demande directement au Recteur ! Sans succès ?

Du coup, voilà que... l’allongement de la pause méridienne est remis sur le tapis pour les élèves de maternelles (3h !?) et même d’élémentaire (2h15min ?) (ce qui générerait des horaires différents au sein de la commune ou d’une même école primaire !). Au final : conflits, situation de blocage entre mairie et Education Nationale, plus de commission extra-municipale prévue... Et l’avis des enseignants dans tout ça ? Des familles ? On nous laisse entendre que les Conseils d’écoles seront consultés ... Quand ? Après la participation des enseignants au mouvement ??

- Une dégradation de nos conditions de travail

Chaque collègue a pu remplir récemment un "bilan" émanant de la DSDEN ( !) de ces premiers mois de mise en place : quelle valeur auront ces réponses qui, pour certaines, pointent directement les méfaits du décret Peillon ?

Le SNUipp-FSU porte d’abord la demande d’un autre décret avec un cadrage et un financement national. Rien n’empêche de laisser la possibilité de propositions de dérogations consensuelles de tous les acteurs locaux comme c’était le cas avant 2008.

La coupure du mercredi matin qui permettait de se ressourcer, de préparer, corriger, se former a été de fait supprimée.

Le SNUipp-FSU rappelle à cette occasion qu’il ne tolérera aucune réunion ou animation pédagogique le mercredi après-midi qui doit rester sanctuarisé.

Il réaffirme sa volonté d’une déconnexion du temps des élèves et du temps enseignants (dans un premier temps, en passant à 21 h devant élèves + 3 avec un autre enseignant) avec plus de maîtres que de classe partout.

Englué par l’échec de sa réforme dite des rythmes depuis 3 ans, le Ministère est passé à côté des priorités : baisse des effectifs, relance des RASED, recréation de tous les postes de remplaçants supprimés ...

Nous continuerons à porter ces revendications lors de la grève du 9 avril.

PS : Lettre ouverte à M. le Maire de Charleville-Mézières

Le SNUipp-FSU 08 s’adresse à la municipalité pour prévenir toute nouvelle dégradation des conditions de travail dans nos écoles.

" Charleville-Mézières, le 31 mars 2015

M. le Maire ,

Le SNUipp-FSU 08 vient de prendre connaissance de l’intention de proposer une modification de l’aménagement des temps de l’enfant à Charleville-Mézières pour la rentrée prochaine.

A cette occasion, il tient à vous rappeler son opposition à toute proposition d’allongement de la pause méridienne au-delà du "raisonnable" (2 heures) .

Source de fatigue et de conflits pour les grands comme les petits, parfois accidentogène, cet allongement rendrait les élèves bien moins disponibles pour les apprentissages tout en augmentant l’amplitude horaire ! Il priverait enfin les grandes et moyennes sections des décloisonnements avec les enseignant-e-s de petite et toute petite section.

Comptant sur votre bon sens afin de ne pas proposer une nouvelle dégradation des conditions de travail dans nos écoles, veuillez croire, Monsieur le Maire, en notre attachement au bon fonctionnement du Service Public d’Éducation.

Le bureau du SNUipp-FSU 08"

 

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