www.snuipp.fr

Section SNUipp-FSU des Ardennes


Vous êtes actuellement : Carte scolaire / C.T.S.D 

CTSD spécial Éducation Prioritaire du jeudi 11 décembre 2014 Déclaration au CTSD du jeudi 11 décembre 2014 & Compte-rendu
PDF - 72.2 ko
Déclaration FSU CTSD 11 décembre 2014

Compte-rendu du CTSD spécial Éducation Prioritaire du jeudi 11 décembre 2014

Le DASEN a commencé par annoncer qu’il s’agissait davantage d’un groupe de travail que d’un CTSD. Il a accusé réception des différents courriers reçus des organisations syndicales.

L’ensemble des organisations syndicales ont dénoncé l’absence de documents préparatoires.

Après lecture des déclarations préalables de la FSU et de FO, le DASEN a défendu ses choix en raison d’un budget limité : un REP+, c’est 10% de plus de DGH (16h30 devant élèves) plus des heures complémentaires pour les projets pédagogiques. Il a expliqué que l’Education Prioritaire, c’est l’équivalent de 4,5 équivalents temps plein par réseau.

> Rappel : Les 4 indicateurs retenus pour de le classement en Education Prioritaire

- PCS (Professions et catégories sociales) défavorisées,

- Taux de boursiers,

- Taux de retard en 6ème,

-  % d’élèves résidant en Zone Urbaine Sensible.

> Proposition de modification du Réseau d’Education Prioritaire pour la rentrée 2015

>> Collèges entrant en dispositif REP+ :

- Sedan Le Lac

- Charleville Mézières – Roger Salengro

- Charleville Mézières – Léo Lagrange

>> Collèges entrant en dispositif REP :

- Bogny sur Meuse

- Charleville Mézières – Rouget de Lisle

- Charleville Mézières – Scamaroni

- Fumay

- Nouzonville

- Revin

- Vrigne aux Bois - pasteur

>> Collèges sortant de l’éducation prioritaire :

- Rethel – Sorbon

Le DASEN a précisé que la sortie de l’Éducation Prioritaire serait assortie de la conservation des seuils et des moyens pour accompagner le décrochage, que la sortie serait progressive, pas brutale.

Le DASEN a critiqué ouvertement les pratiques pédagogiques du collège : une équipe exigeante mais qui n’a pas la bienveillance d’un collège de REP (pratique pédagogique assez rude du contrôle continu).

Il a fait le même constat pour le collège Turenne de Sedan. En règle générale, il a réclamé une évolution des pratiques et davantage de travail en coopération des élèves. Il faut changer les pratiques d’évaluation en éducation prioritaire. « Les modalités d’évaluation interrogent » : c’est ce qui lui a permis de faire la différence quand deux collèges ont des taux quasi identiques et qu’il faut en choisir un.

Le département des Ardennes est le 3ème ou 4ème département métropolitain relativement à la grande difficulté. Cependant le DASEN n’est pas convaincu que cela suffise à placer 75% des Ardennes en Éducation Prioritaire.

Avec 23 % des élèves en EP précédemment, les Ardennes passerait à un peu plus de 25 % : ce n’est pas suffisant pour la FSU au vu des difficultés connues.

Lien avec la question du réseau des établissements :

La DSDEN évoque la nécessité de réduire le nombre d’établissements de Charleville Mézières et de retravailler la sectorisation pour avoir une mixité sociale.

> Premier degré

Secteur de Sedan : début de la réflexion pour une re-sectorisation. La prochaine re-sectorisation doit permettre d’améliorer la mixité et c’est un des éléments qui ont joué sur la proposition de carte EP sur ce secteur, c’est-à-dire que certains établissement et écoles n’ont pas été retenues.

> Indicateurs retenus pour le classement des écoles proposées en REP et REP+

- Taux de PCS défavorisés,

- Taux de retard à l’entrée en 6ème,

- Nombre d’informations préoccupantes,

- Taux de validation du palier 2,

- Taux de validation niveau A1,

- Ecole prioritaire RASED.

La FSU a questionné l’administration sur le choix de ne pas retenir d’autres indicateurs :

- Nombre d’équipes éducatives,

- Nombre de P.P.R.E.,

- Nombre de demandes RASED,

- Nombre d’orientations en SEGPA,

- Nombre de notifications MDPH,

- Présence d’élèves allophones...

L’administration ne les juge pas forcément pertinent sur une seule année et sur les petites écoles. La FSU a alors souhaité une étude sur plusieurs années. En outre, certains profils d’élèves à besoins particuliers (Allophones, suivis MDPH) ne sont pas forcément en difficulté. Néanmoins, la FSU a indiqué qu’il fallait proposer, à ceux-ci et aux autres, des conditions d’accueil favorables (classes à effectifs réduits, personnel formé...).

Plus globalement, la FSU a fait remarquer que la moyenne actuelle en REP+ (21,39) était … supérieure à la moyenne globale des REP (20,59) . Le DASEN a rétorqué que les seuils étaient identiques dans toute l’Éducation Prioritaire. Derrière ces « moyennes » ou « seuils », la FSU a pointé des situations sur le terrain avec des classes, pourtant ciblées pour le REP+, à 26 élèves actuellement ou d’écoles qui ne bénéficiaient pas (ou plus depuis quelques années ) de l’aide du RASED (Poste E « sédentarisé » ailleurs ou non pourvu par un personnel formé).

Nous avons pris acte de l’intégration (enfin !) de plusieurs écoles en REP et REP+ que la FSU pointe depuis des années en instance. Nous avons également réclamé un étude critériée similaire sur toutes les écoles du département (à commencer par Sedan Blanpain...).

>> Ecoles en REP+ actuellement et y restant, par secteur de collège :

- Sedan Collège Le Lac : école maternelle La Plage, écoles primaires Esplanade, La Prairie, Georges Ouvrard, Bellevue. école élémentaire Leclerc Adam.

>> Ecoles proposées en REP+ par secteur de collège :

- Charleville Mézières – Léo Lagrange : écoles maternelles Capucine , Viénot, Colibris, Muguet. écoles élémentaires Viénot, Capucines, Mendès France.

- Charleville Mézières – Roger Salengro : école maternelle Wautelet., écoles primaires Jean Zay, Les Haybions, écoles élémentaires Brossolette, Baudin, Mendès France.

>> Ecoles RRS intégrant un REP :

- Collège de Fumay : école primaire Charnois.

- Collège de Charleville Mézières – Rouget de Lisle : écoles primaires Rouget de Lisle, Joliot Curie, Mozart.

- Collège de Bogny sur Meuse : école maternelle René Hugot, écoles primaires Victor Hugo, Les Vanelles, de la Vallée.

- Collège Charleville Mézières – Scamaroni : écoles primaires Henri Bronnert, Louis Hanot.

>> Propositions d’intégration d’écoles dans le REP par secteur de collège :

- Collège de Revin : école maternelle La Campagne, écoles primaires La Campagne, M. Trabbia, Calmette.

- Collège Nouzonville : écoles primaires devant Nouzon, Centre, Gespunsart, La Cachette.

- Collège Vrigne-aux-Bois – Pasteur : école maternelle J. Monnet, écoles primaires Emile Zola, Jean Jaurès, école primaire Vivier-au-Court.

La FSU et le SNUipp-FSU ont accompagné et continueront d’accompagner les écoles et collèges concernés par l’Education Prioritaire (RIS, audiences au DASEN, Rencontres dans les écoles…).

Suite à l’intervention de la FSU au CTSD, le DASEN a annoncé qu’il allait faire remonter au recteur la demande d’abandon de la sortie du collège Sorbon de Rethel, l’intégration du Collège Turenne de Sedan et l’intégration de l’école Blanpain et de la maternelle Résidence de sedan avant le CTM du 17 décembre 2014.

Déclaration au CTSD du jeudi 11 décembre 2014

L’élaboration de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire pour la rentrée 2015 montre que l’Éducation nationale semble avoir pris la mesure de la situation tant dans l’académie de Reims que dans le département des Ardennes. La « labellisation » de certains réseaux devrait permettre aux écoles et aux collèges classés en REP et REP+ de disposer de plus de moyens : postes surnuméraires, scolarisation des moins de trois ans, classes à effectif moins chargé, pondération de service (pour les REP+) et revalorisation de la prime pour les enseignants.

Pour autant, la FSU dénonce le choix fait par le ministère de maintenir le périmètre existant, soit 1082 réseaux. En effet, l’intégration légitime de Mayotte a, de facto, augmenté les besoins, qui n’ont pour autant pas été accompagnés de moyens supplémentaires… Ce choix d’une « refondation » de l’éducation prioritaire dans une enveloppe constante va entraîner la sortie de certains réseaux, la « non entrée » d’autres alors que leurs conditions sociales et scolaires nécessitent qu’ils y soient.

Dans notre région et notre département, si nous pouvons nous « féliciter » de l’attribution de 10 REP+ et 20 REP à l’académie de Reims, la FSU sera cependant vigilante à ce que les moyens afférents proviennent réellement d’une enveloppe spécifique et non d’une dotation globale dont la répartition se ferait encore au détriment des établissements hors éducation prioritaire… Si le projet rectoral de nouvelle carte de l’EP, qui accorderait 3 REP+ et 7 REP aux Ardennes, semble reconnaître les difficultés sociales et scolaires de notre département, la FSU Ardennes regrette cependant que les critères choisis par la DEPP (% d’élèves en ZUS, % de familles à catégories socioprofessionnelles défavorisées, % d’enfants avec un an de retard en 6ème et % de boursiers) aient été les seuls retenus, d’autres, tels que les taux d’élèves allophones ou de familles non francophones, l’environnement familial, le niveau de vie et pauvreté des enfants, la précarité économique, la fragilité culturelle en milieu rural, les jeunes en difficultés de lecture,… présentés comme autant de « risques sociaux d’échec scolaire » dans la Géographie de l’école 2014, ayant pu selon nous être tout aussi légitimement être pris en considération. Concernant l’établissement de cette nouvelle carte académique de l’éducation prioritaire, la FSU Ardennes conteste la « non entrée » du collège Turenne de Sedan qui, malgré le transfert du collège Frénois (RRS) en février 2012, avec aujourd’hui 64,8% de PCS défavorisées (taux supérieur à 14 collèges pourtant proposés REP !), 39,4% de boursiers (taux supérieur à 10 collèges pourtant proposés REP…) et 15,9% d’élèves en retard à l’entrée en 6è (taux supérieur à 8 collèges pourtant proposés REP…), présente pourtant toutes les caractéristiques requises…

Elle regrette aussi la proposition de sortie de l’EP du collège Sorbon de Rethel dont le contexte social et économique ne s’est pourtant guère « amélioré », ce que vient d’ailleurs de reconnaître la Politique de la Ville en plaçant certains quartiers de la cité de Mazarin dans sa nouvelle géographie prioritaire...

Elle s’interroge également sur la « non entrée » du collège des Deux Vallées de Monthermé qui, avec pourtant 60,1% de PCS défavorisées (et accueillant des élèves résidant à la « Maison d’enfants à caractère social »), contrairement à ses homologues voisins de Bogny/Meuse, Revin, ou encore Nouzonville et Fumay, tous REP, bénéficierait d’un microclimat social et scolaire particulier dans la vallée de la Meuse... ?

Aujourd’hui en grève, les personnels des deux établissements ci-dessus ne comprennent pas les choix opérés, les critères retenus, les indicateurs observés permettant de définir « l’indice social » n’ayant jamais été explicités lors de la phase de « dialogue local »... Pourquoi ce refus persistant à communiquer aux représentants des personnels tous les chiffres de tous les collèges de l’académie ? Avec un taux départemental de 59% de PCS défavorisées, notre département n’aurait-il pas pu et dû, malheureusement, bénéficier de davantage de réseaux, amenant peut-être à une répartition entre les quatre départements trop « déséquilibrée » ? Mais le principe philosophique de la refondation de l’éducation prioritaire n’est-il pas justement de tenter de corriger ces inégalités « par un renforcement de l’action pédagogique et éducative dans les établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales » ? Nous réitérons donc notre demande de communication de toutes les informations objectives qui permettront, dans la plus grande transparence, d’établir la cartogaphie la plus précise possible des situations sociales et économiques de tous les établissements de l’académie, pour une juste attribution des moyens en fonction des besoins avérés des élèves les plus en difficultés. Nous espérons que ce CTSD extraordinaire sera enfin l’occasion de lever le voile de l’opacité sur cette question... Nous continuerons à alerter madame la ministre sur ce « dialogue local » que nous jugeons très insuffisant ainsi que sur ce projet de nouvelle carte académique de l’éducation prioritaire dont le périmètre est, selon nous, très insuffisant également, ne permettant pas de répondre aux besoins spécifiques des départements, de celui des Ardennes en particulier.

Pour les écoles, le fait de ne prendre que les collèges pour référence de cette nouvelle carte pose des problèmes importants. Les situations particulières de certaines écoles doivent être prises en compte et aucune école ne doit sortir de l’éducation prioritaire si la situation sociale de ses élèves ne s’est pas améliorée. De la même manière, des écoles doivent pouvoir bénéficier des moyens spécifiques de l’éducation prioritaire, si cela se justifie, lorsque le collège n’est pas labellisé.

La FSU a interpellé le ministère sur tous ces sujets. Elle exige dans les instances la transparence au niveau de ces critères et l’équité sur le territoire. La FSU a demandé un CTM exceptionnel en décembre pour lister le nombre d’écoles ne faisant pas partie à tort de la nouvelle carte d’éducation prioritaire et demande qu’elles y soient intégrées. Cela nécessitera une nouvelle dotation budgétaire.

Favorable à notre demande, la rue de Grenelle a convoqué un Comité Technique Ministériel mercredi prochain après la phase des discussions locales qui se sont tenues et se tiennent encore actuellement dans les départements et les académies. Pour la FSU, l’objectif de ce CTM, et par conséquent de ce CTSD, sera de s’assurer qu’aucune situation relevant de l’éducation prioritaire ne sera oubliée.

Le ministère s’engage également à ce que les écoles isolées (car non rattachées à un collège REP) disposent « de moyens relevant des territoires de l’éducation prioritaire », sans préciser qu’elles bénéficieront du nouveau label REP.

Ces engagements constituent un premier pas, mais il faut maintenant aller plus loin. Le CTM, et par conséquent ce CTSD, doivent aboutir à classer en REP les écoles et les collèges oubliés alors qu’ils relèvent des critères de l’éducation prioritaire. Pour cela, une dotation supplémentaire est indispensable.

Alors que les difficultés sociales se sont indéniablement accentuées avec la crise, le ministère et le gouvernement ne peuvent décemment pas s’en tenir au périmètre existant. L’enveloppe, limitée à 1 082 réseaux et basée uniquement sur la logique administrative du collège, ne permet pas de prendre en compte toutes les difficultés sociales et scolaires avérées. Enseignants et parents se mobilisent actuellement, avec le soutien de la FSU, pour conserver ou obtenir les moyens nécessaires pour le classement en REP.

Les familles, qui vivent dans des conditions difficiles, attendent de l’éducation nationale des efforts supplémentaires pour la réussite de leurs enfants. Les enseignants qui se dépensent sans compter pour lutter contre les difficultés de leurs élèves, qui mettent tout en œuvre pour leur réussite, ne pourraient accepter de voir leurs efforts ruinés. Le non-classement en éducation prioritaire serait vécu comme un abandon, alors que notre école est marquée par une forte corrélation entre échec scolaire et origine sociale défavorisée.

Il s’agit de justice sociale : donner plus à ceux qui ont moins et aider notre école à réduire ses insupportables inégalités. Le ministère doit l’entendre.

 

*Top
©Copyright 2006 - Section SNUipp-FSU des Ardennes, tous droits réservés. Mentions légales