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Cahier des charges des IUFM 2006

Une occasion manquée

Vous trouverez ci-dessous la déclaration du SNUipp effectuée lors du CSE.

Le CSE du jeudi 14 juillet a porté un avis négatif (17 voix pour, 23 voix contre, 15 abstentions et 3 refus de vote) sur le cahier des charges de la formation des maîtres en IUFM. Celui-ci sera une nouvelle fois présenté devant le CNESER ce 19 décembre. Ce projet se caractérise par l’insuffisance du cadrage, du rôle de la recherche, la non-reconnaissance par un master de la formation et le choix de centrer la formation sur les stages en responsabilité qui est maintenu.

Plusieurs points ont évolué à la suite des interventions syndicales :

l’année de préparation au concours a été rétablie ; le rôle des IPEMF est reconnu dans l’évaluation des compétences des stagiaires ; le rôle d’évaluation initialement attribué aux directeurs d’école a été supprimé du texte ; des aspects professionnels du concours sont mentionnés.

Le Secrétariat Général

Conseil Supérieur de l’Education Déclaration du SNUipp 14 décembre 2006

Une occasion manquée !

Telle est l’appréciation que nous portons sur le projet de cahier des charges de la formation des enseignants que vous nous présentez. L’intégration des IUFM dans l’université et la définition de ce nouveau cahier des charges devraient permettre une amélioration de la formation en prenant en compte les avancées importantes des dernières années en matière de professionnalisation des professeurs des écoles. Enseigner à l’école primaire c’est maîtriser des savoirs disciplinaires dans un contexte spécifique qui est celui de la polyvalence. La seule maîtrise des savoirs disciplinaires ne garantit pas à elle seule la capacité à enseigner et à favoriser la réussite de tous les élèves. La façon dont les élèves s’approprient les savoirs, les dispositifs pédagogiques, la didactique sont des pans de la formation du métier que nul ne peut ignorer. Toutes ces compétences doivent être travaillées à l’IUFM. C’est pourquoi nous partageons le principe de déclinaison du métier d’enseignant en 10 compétences concernant les enseignants du premier et du second degré. De la même façon nous sommes partisans d’une formation qui s’inscrive dans la durée avec des éléments de préprofessionnalisation dans le cursus licence sans pour autant conduire systématiquement à des licences professionnelles.

Sur le texte de décret, une des critiques du SNUipp portait sur l’absence de référence à la première année de formation et de préparation au concours. Nous notons une évolution de la rédaction qui lève l’ambiguïté initiale.

Aujourd’hui les épreuves du concours ne consistent pas uniquement à vérifier la maîtrise des savoirs scolaires, elles interrogent aussi les connaissances didactique et pédagogique des candidats. Le SNUipp considère qu’il faut conserver ce choix. Nous ne le retrouvons pas dans le texte : aucune garantie de conserver un concours du premier degré présentant des épreuves à dimension professionnelle. Pour le SNUipp, la réflexion sur la nature des épreuves du concours aurait donc dû se mener dans un même mouvement que le cahier des charges des IUFM. Cela n’a pas été le cas et la discussion que nous avons aujourd’hui est de ce point de vue incohérente. C’est un point fort de désaccord avec le texte proposé.

Le texte met l’accent sur l’importance des stages en responsabilité. Pour le SNUipp, le temps passé en stage en responsabilité ne garantit pas, à lui seul, la qualité de la formation. L’exigence des stagiaires porte sur la nécessité d’articuler ces expériences de stage, certes essentielles, à des contenus théoriques. De ce point de vue, les temps de formation à l’IUFM sont essentiels pour analyser, comprendre et tirer des enseignements de cette expérience. Le stage filé que vous officialisez par ce décret n’a pas fait l’objet d’évaluation. Il fait l’objet dans plusieurs académies de mouvement de grève, comme à Bordeaux. Les conditions actuelles de sa mise en place sont insatisfaisantes : pour la prise en charge de la classe, pour accompagnement ... Il nous semble pourtant essentiel de dresser un bilan d’étape sur les difficultés que ce dernier pose comme sur les compétences professionnelles qu’il permet de d’acquérir. Vous affirmez le principe d’une formation en alternance sur 3 années en augmentant le temps de formation de 4 semaines la première année d’exercice et de 2 semaines la deuxième. Nous partageons cette évolution. Une question reste posée : quels seront les moyens attribués à cette mesure ? Comment ne pas douter de cette orientation quand les moyens dévolus à la formation continue n’ont cessé de baisser ces dernières années (-1000 postes en dix ans), quand les 3 semaines déjà possibles dans les textes actuels n’ont pas vu le jour dans de nombreux départements. La seule référence aux 450 heures d’enseignement ne suffit pas. Un cadrage contraignant et précis des contenus et des volumes de formation est plus que jamais indispensable. Pour le SNUipp, la première année d’exercice doit s’effectuer à mi-temps entre l’IUFM et les écoles. La suppression du mémoire remet également en cause cette nécessaire articulation entre enseignement à l’IUFM et stages professionnels. Concernant le master et la délivrance d’ECTS, nous voulons exprimer notre insatisfaction quant à la hauteur de ce qui est proposé aujourd’hui. D’abord, le projet que vous nous proposez, même modifié, est en deçà de la loi d’orientation qui envisageait la délivrance de deux semestres d’ECTS... Pour le SNUipp, la reconnaissance universitaire de la formation doit se traduire par l’obtention d’un master à l’issue de cette formation. Le projet que vous nous proposez ne prend pas suffisamment en compte les formateurs du premier degré. A ce propos les directeurs d’école ne peuvent participer à l’évaluation des stagiaires. Nous sommes au SNUipp attachés à la spécificité que représentent ces personnels dans la formation des maîtres.

L’école est en lieu de formation pour les stagiaires : pour autant les directeurs ou directrices d’école peuvent accueillir mais absolument pas "contribuer à l’évaluation des compétences des stagiaires". Ils n’en ont pas la formation. Ce sont les formateurs de terrain, notamment les IPEMF qui doivent contribuer à l’évaluation des compétences des stagiaires. Le projet actuel ne répond pas aux besoins de l’école et de sa nécessaire transformation pour la réussite de tous les élèves. La recherche et la diffusion de ses résultats sont les grandes absentes de ce cahier des charges. Il reste loin d’une véritable formation universitaire basée sur une alternance qui allie stage, analyses du travail effectué en stage et formation universitaire. C’est pourquoi malgré la prise en compte de plusieurs de nos remarques et de nos interventions, nous porterons un avis négatif sur ce texte.

 

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