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Section SNUipp-FSU des Ardennes


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CDEN 18 novembre 2014 : compte-rendu. La FSU fait le boulot !

Ordre du jour :

- Bilan de rentrée 2014 dans les écoles,

- Bilan de rentrée 2014 dans les collèges et les SEGPA,

Pour information : point sur le réseau des collèges.

AVS/Assistant de direction

La FSU est intervenu sur les retards de signature des renouvellements des contrats aidés sur les missions d’assistant de direction et/ou d’AVS. La DSDEN a confirmé les problèmes dus au changement de centre de gestion. Elle a affirmé que les collègues n’auraient pas de perte de salaire même s’ils n’ont pas pu reprendre leurs fonctions dans la continuité de leur précédent contrat. Le Préfet a déclaré qu’il évoquerait le sujet avec la responsable de Pôle Emploi qu’il rencontrait mercredi 19 novembre.

Conseil école-collège

Interrogée à la suite d’un exposé rapide sur les nouveaux conseils école-collège, la DSDEN a été incapable de répondre à la question du volume d’heures dévolu réglementairement à ces derniers dans le service des PE, puis s’est rattrapée en disant que c’était prévu dans les 108 heures (extensibles, donc !) et a assuré que tous les collègues qui en font la demande voient leurs droits au indemnités de déplacement étudiés (hors agglomération). Ce serait donc au personnel de réclamer et non pas à la DSDEN de les informer : sic !

Education prioritaire

Interrogée sur la possibilité pour des écoles non rattachées à un collège classé REP, d’entrer malgré tout dans l’éducation prioritaire comme le prévoient les textes, la DSDEN ne semblait pas tenir à ce qu’on évoque cette disposition puis a évacué la question en répondant que les circonscriptions étudiaient cette possibilité : à suivre, donc !

Déclaration FSU au CDEN du mardi 18 novembre 2014

La crise et ses conséquences, notamment sociales, sont toujours aussi présentes. Les politiques menées à l’échelle de l’Europe avec des baisses massives de dépenses publiques ont des effets dévastateurs : une zone euro au bord de la déflation et une croissance économique à l’arrêt. En France, sans tirer aucune leçon de ce bilan particulièrement négatif, le gouvernement présente un projet de budget 2015 actant 50 milliards d’euros de réductions de dépenses publiques et sociales d’ici 2017, dont 21 milliards dès l’année prochaine. L’État et ses agents contribueraient à hauteur de 7,7 milliards d’euros, la Sécurité sociale à hauteur de 9,6 milliards d’euros et les collectivités territoriales pour 3,7 milliards d’euros. De tels choix auront de lourdes conséquences sur l’emploi, les investissements, la fonction publique et les services publics et dégraderont la qualité des services rendus aux usagers, tout en renforçant les inégalités sociales et territoriales. Au sein de la Fonction publique, le gel de la valeur du point d’indice se poursuit, l’enveloppe pour les mesures catégorielles se réduit fortement et plus de 1 200 emplois seront supprimés. L’État économisera ainsi 1,4 milliard d’euros au détriment de ses fonctionnaires et du service public. Ce plan d’austérité sans précédent est à mettre en regard des allègements fiscaux et sociaux accordés aux entreprises, pour plus de 40 milliards d’euros, via le pacte de responsabilité et le crédit d’impôt CICE, sans que ceux-ci ne garantissent un quelconque effet sur le chômage. Une politique décidément économiquement inefficace et socialement injuste qui fait le lit des idées d’extrême droite ! A mi-mandat du quinquennat, la politique éducative qui était affichée comme la grande priorité du gouvernement n’est pas à la hauteur de l’enjeu de la réussite de tous les élèves. Aujourd’hui, le compte n’y est pas. En imposant une réforme des rythmes mal pensée, peu financée et largement contestée, qui désorganise le fonctionnement des écoles, le ministère a éludé les sujets prioritaires contre les inégalités scolaires. Le maintien du fonds d’amorçage pour les rythmes constitue une première réponse au financement des communes. Pour autant, la FSU dénonce le financement de ce fonds, par le budget de l’Éducation nationale. Il demande un financement pérenne, par un budget spécifique de l’État, permettant la mise en œuvre d’activités périscolaires de qualité sur tout le territoire.

Dans un contexte d’austérité budgétaire, même si le budget de l’Éducation nationale est en légère hausse en 2015, l’abaissement des effectifs dans les classes, la reconstruction des RASED ou l’augmentation des moyens de remplacement ainsi que les dispositifs phares du ministère, comme la scolarisation des enfants de moins de 3 ans ou le « plus de maîtres que de classes » hors éducation prioritaire ne sont pas prêts de se concrétiser.

Ce budget ne permettra pas de réelles améliorations des conditions d’apprentissage des élèves et des conditions d’exercice du métier d’enseignant à la rentrée 2015. Certains territoires cumulent tant de difficultés qu’ils ne sont plus attractifs. Les choix budgétaires doivent corriger ces situations en faisant notamment en sorte que le service public d’éducation soit de même qualité sur l’ensemble du territoire.

La réforme de la formation initiale au sein des ESPE ne répond pas pour l’instant aux enjeux d’une formation de qualité. La formation continue est, elle, en totale déshérence ; les mesures mises en place dans le cadre de la priorité au primaire concernent encore trop peu d’écoles ; les effectifs de classe restent chargés et pénalisent d’abord les élèves les plus en difficulté ; les moyens pour l’Éducation prioritaire sont insuffisants ; le mode de gestion des personnels (inspection, rapport à la hiérarchie, promotions, mutations, affectations,...) reste insatisfaisant et connaît même des dégradations.

Les 47,13 M€ prévus pour les mesures catégorielles, en baisse de plus de 10 M€ par rapport à 2014, sont largement insuffisants : combinées à une cinquième année de gel de la valeur du point d’indice, ces mesures ne permettront pas la nécessaire revalorisation du métier d’enseignant.

Le gouvernement doit apporter des réponses concrètes pour améliorer les conditions de travail, de formation et de rémunérations des enseignants. C’est une des conditions essentielles pour tendre vers la réussite de tous les élèves et pour redonner de l’attractivité au métier. Tout cela nécessite que l’on y consacre les moyens nécessaires.

La FSU continuera d’interpeller le ministère et le gouvernement pour que la refondation de l’école annoncée et actée par la loi puisse se concrétiser dans tous les établissements et pour l’ensemble des personnels.

Le bilan de rentrée 2014 dans les écoles, les collèges et les SEGPA qui va être présenté lors de ce CDEN révèle très nettement l’insuffisance des dotations : si la baisse démographique a pu générer une reprise de moyens au prétexte d’une « solidarité nationale », la suppression de 20 postes dans les écoles, de 10 dans les collèges, de 3 dans les SEGPA, la fermeture de nombreuses classes et divisions n’ont pas manqué aujourd’hui de dégrader encore bon nombre de situations… Les effectifs de plus en plus lourds dans les classes, les difficultés (cognitives, comportementales, mais aussi sociales, économiques, familiales, médicales,…) de plus en plus nombreuses chez nos élèves impactent fortement leurs conditions d’étude et d’apprentissages ainsi que les conditions de travail des enseignants. La réussite des élèves de ce département est-elle vraiment la priorité des décideurs locaux de l’Éducation Nationale ? La session d’examens 2014 n’a-t-elle pas encore mis en évidence ces écarts, voire ce creusement des écarts, notamment au DNB (pour notre département, -3,41% par rapport au taux de réussite académique, -7,6% par rapport à la moyenne nationale !), les taux de réussite au baccalauréat général, accusant eux aussi, dans une moindre mesure certes, un déficit, -1,9% par rapport au taux de réussite académique, -4,6% tout de même par rapport à la moyenne nationale ?

L’élaboration de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire pour la rentrée 2015 montre que l’Éducation nationale semble avoir pris la mesure de la situation tant dans l’académie de Reims que dans le département des Ardennes. La « labellisation » de certains réseaux devrait permettre aux écoles et aux collèges classés en REP et REP+ de disposer de plus de moyens : postes surnuméraires, scolarisation des moins de trois ans, pondération de service (pour les REP+) et revalorisation de la prime pour les enseignants.

Pour autant, la FSU dénonce le choix fait par le ministère de maintenir le périmètre existant, soit 1082 réseaux. En effet, l’intégration légitime de Mayotte a, de facto, augmenté les besoins, qui n’ont pour autant pas été accompagnés de moyens supplémentaires… Ce choix d’une « refondation » de l’éducation prioritaire dans une enveloppe constante va entraîner la sortie de certains réseaux, la « non entrée » d’autres alors que leurs conditions sociales et scolaires nécessitent qu’ils y soient. Dans notre région et notre département, si nous pouvons nous « féliciter » de l’attribution de 10 REP+ et 20 REP à l’académie de Reims, la FSU sera cependant vigilante à ce que les moyens afférents proviennent réellement d’une enveloppe spécifique et non d’une dotation globale dont la répartition se ferait encore au détriment des établissements hors éducation prioritaire… Si le projet rectoral de nouvelle carte de l’EP, qui accorderait 3 REP+ et 7 REP aux Ardennes, semble reconnaître les difficultés sociales et scolaires de notre département, la FSU Ardennes regrette cependant que les critères choisis par la DEPP (% d’élèves en ZUS, % de familles à catégories socioprofessionnelles défavorisées, % d’enfants avec un an de retard en 6ème et % de boursiers) aient été les seuls retenus, d’autres, tels que les taux d’élèves allophones ou de familles non francophones, l’environnement familial, le niveau de vie et pauvreté des enfants, la précarité économique, la fragilité culturelle en milieu rural, les jeunes en difficultés de lecture,… présentés comme autant de « risques sociaux d’échec scolaire » dans la Géographie de l’école 2014, ayant pu selon nous être tout aussi légitimement être pris en considération. Concernant l’établissement de cette nouvelle carte académique de l’éducation prioritaire, la FSU Ardennes conteste la « non entrée » du collège Turenne de Sedan qui, malgré le transfert du collège Frénois (RRS) en février 2012, avec 64,8% de PCS défavorisées (taux supérieur à 14 collèges pourtant proposés REP !), 39,4% de boursiers (taux supérieur à 10 collèges pourtant proposés REP…) et 15,9% d’élèves en retard à l’entrée en 6è (taux supérieur à 8 collèges pourtant proposés REP…), présente pourtant toutes les caractéristiques requises… Pour les écoles, le fait de ne prendre que les collèges pour référence de cette nouvelle carte pose des problèmes importants. Les situations particulières de certaines écoles doivent être prises en compte et aucune école ne doit sortir de l’éducation prioritaire si la situation sociale de ses élèves ne s’est pas améliorée. De la même manière, des écoles doivent pouvoir bénéficier des moyens spécifiques de l’éducation prioritaire, si cela se justifie, lorsque le collège n’est pas labellisé. La FSU a interpellé le ministère sur tous ces sujets. Elle exigera dans les instances la transparence au niveau de ces critères et l’équité sur le territoire. La FSU demande un CTM exceptionnel en décembre pour lister le nombre d’écoles ne faisant pas partie à tort de la nouvelle carte d’éducation prioritaire et demande qu’elles y soient intégrées. Cela nécessitera une nouvelle dotation budgétaire. D’ici-là, la FSU informera, réunira les collègues et organisera les mobilisations nécessaires pour que la cartographie se fasse à partir des besoins du terrain et non à partir d’une enveloppe contrainte. La FSU Ardennes demande la réunion d’un CTSD extraordinaire sur cette question avant la fin de l’année civile.

Concernant les SEGPA et les EREA, alors que des discussions sont en cours au niveau ministériel dans le cadre du chantier sur la grande difficulté scolaire, dans certains départements des IA-DASEN annoncent de manière unilatérale la fermeture des sixièmes SEGPA et voudraient imposer l’inclusion des élèves de ces classes spécifiques dans les classes « ordinaires » de 6è de collèges. Le même phénomène a été observé pour les EREA avec le remplacement des PE-éducateurs par des AED dans les internats. La FSU dénonce ces décisions prises sans concertation, qui ne tiennent pas compte des besoins spécifiques de ces publics d’élèves en grande difficulté scolaire et qui fragilisent les structures. La FSU reste vigilante et continue de défendre les personnels et le maintien de leur statut. Interrogé sur ce point, le Ministère confirme qu’il n’y aura pas d’anticipation d’une quelconque évolution des SEGPA à la rentrée 2015. Dans les Ardennes, nous exigeons toute la transparence sur l’expérimentation de « 6è ouverte » qui est proposée dans quelques SEGPA du département. Nous rappelons d’ailleurs notre demande de présentation d’un bilan de ce dispositif sur 5 ans au moins et d’un état des lieux en cette année scolaire 2014-2015, avant tout projet d’évolution.

Sur toutes ces questions qui touchent à l’école, à nos élèves, à leur réussite, toute cette semaine (et au-delà bien sûr…), la FSU donne de la voix ! Avec toute la profession et tous ceux qui militent pour un service public d’éducation de qualité, ambitieux, elle portera haut et fort ses revendications pour un investissement éducatif qui assure concrètement la formation et la qualification de tous les jeunes, pour une refondation de l’École qui amène de réelles améliorations des conditions d’étude et d’apprentissages des élèves et des conditions de travail des enseignants, qui soit vraiment à la hauteur des besoins et des enjeux de la société d’aujourd’hui et de demain.

 

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