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Rythmes scolaires à Charleville et dans les Ardennes : le point Le SNUipp08-FSU dresse un état des lieux suite aux différentes consultations, aux premiers retours d’enquêtes et aux mobilisations.
Le SNUipp08-FSU a synthétisé vos premiers retours d’enquêtes "Rythmes scolaires". Il a repris ces remontés, vos arguments et rendu compte des différentes actions lors des rencontres engagées avec la municipalité de Charleville. Continuez, dans toutes les Ardennes, à nous faire connaître le choix de vos équipes et les projets des maires et présidents de R.P.I. en renseignant ce formulaire électronique ICI. En effet, après Sedan et Charleville, des municipalités comme Revin viennent également de faire part de leur intention de basculer en 4,5 J dès 2013... Le SNUipp08-FSU reste à votre disposition pendant ces 15 jours (snuipp08@gmail.com) si vous avez des informations ou des demandes de renseignements. Ainsi, nous pourrons dès la rentrée, engager avec vous, de nouvelles actions locales et nationales pour une réforme des rythmes réussie en 2014. Mais pour l’heure, BONNES VACANCES A TOUS !

Le sentiment de la profession, les positions du SNUipp-FSU

La réforme des rythmes scolaires, telle qu’elle s’engage, provoque l’inquiétude de très nombreux collègues. Certes, des réunions "d’experts" ont eu lieu à l’échelle nationale ces trois dernières années. Mais leurs préconisations ( journées de 5h maximum, alternance de 7/8 semaines travaillées puis de 2 semaines de congés) ne sont même pas retenues. Ensuite, nous souhaitions qu’une véritable consultation réunissant ensemble TOUS les acteurs du monde éducatif soit mise en place. Elle aurait permis d’établir un cadrage national précis permettant un partenariat confiant et serein entre enseignants, parents, élus, agents, animateurs... dans la concertation. Mais hélas, le décret été publié dans la précipitation en janvier 2013 . Par conséquent, le SNUipp-FSU, (syndicat majoritaire représentant près de 50% des enseignants français du primaire) a pris ses responsabilités en appelant à la grève le 31 janvier puis le 12 février essentiellement sur cette question des rythmes. Nous souhaitons donc l’abandon de ce décret puis sa réécriture pour une réforme réussie en 2014. En effet, nous ne voulons pas non plus du Statu Quo et de la semaine mise en place par M. Darcos alourdie par l’Aide Personnalisée aux Élèves et les programmes de 2008. Dans les Ardennes (crédités de 3 sièges sur 7 en CAPD), nous avons lancé une enquête auprès des équipes et des Conseils d’Ecole. Dans un souci d’échange constructif, nous tenons à vous faire part des tendances lors des premières remontées des écoles et des éléments de ces dernières semaines.

Le SNUipp a consulté et consulte encore

D’abord, de nombreuses équipes estiment que ce décret va dégrader les conditions de travail avec nos élèves. Ensuite, des informations contradictoires ont circulé dans de nombreuses écoles. Dans une circonscription par exemple, l’hypothèse de faire classe de 15h à 17h ( !) a même été évoquée lors de réunions de directeurs.Ballon d’essai ? Dans quel but ? Où serait l’intérêt des élèves et de leurs enseignants ? M. le Ministre lui-même déclarait lui-même devant 1400 Inspecteurs et DASEN :"On fera des choses approximatives" . Des I.E.N. du 08 affirment : "Tout ne sera pas prêt au 1er septembre" . Ce flou, ces annonces peu rassurantes et le sentiment général d’un grand bricolage ont renforcé notre agacement.

- Lors du CTSD du jeudi 7 février : le Directeur Académique a indiqué que rien n’était décidé mais ne nous a pas rassurés sur la décision qu’il prendrait en cas de désaccords entre la municipalité et les conseils d’école.

- Suite à nos mobilisations (31 janvier, 12 février) , et des courriers qui vous ont été adressés, des écoles ont obtenu des éléments de réponses et trois organisations syndicales enseignantes ont été reçues par la municipalité lors d’une :

- Audience SNUipp/FO/CGT lundi 11 février auprès de l’adjoint aux affaires scolaires

Les échanges avec M. l’adjoint chargé des affaires scolaires ont été cordiaux. Nous avons fait état de la mobilisation sur la Préfecture (plusieurs écoles "fermées", de grosses écoles très mobilisées avec 50 à 90 % de grévistes...) Cette première rencontre a permis à nos délégués SNUipp-FSU08 de faire valoir les arguments des enseignants .
-  La pause de midi

L’adjoint nous a indiqué que la ville n’avait pas encore choisi définitivement mais l’hypothèse de l’allongement de la pause de midi "tenait bien la corde" car le personnel serait déjà sur place, que la demi-journée serait le mercredi car elle n’envisageait pas un retour au samedi matin ( un "acquis" pour les familles selon l’adjoint )... Nous avons alerté la ville sur le fait qu’une longue pause serait inadaptée pour les enfants de primaire et entraînerait sans doute une hausse de l’absentéisme l’après-midi en maternelle. Nous avons débattu des études qui notent, certes, un recul d’attention en début d’après-midi ; mais ces mêmes études indiquent également qu’il n’y a pas une meilleure disponibilité pour les activités scolaires après 15h30. Nous avons cité Claire Leconte, chronobiologiste qui démontre que "la pause méridienne est la plus difficile à organiser" et que son allongement ne rend pas service aux élèves : une pause de midi de 3h n’existe d’ailleurs nulle part au monde ! Et surtout, nous avons fait part de notre vécu de terrain, en particulier dans les quartiers sensibles où une longue pause de midi énerve les enfants et où la fin d’après-midi est souvent source de conflits, de violences verbales et physiques et peu propice aux activités scolaires.

Nous avons aussi abordé la question de personnels qui, comme les élèves, verraient leur amplitude horaire de travail maintenue [avec mercredi matin en prime !!!] et se retrouveraient coincés à l’école ainsi que les soucis des locaux. En effet, de nombreuses classes seraient utilisées et leurs enseignants ne pourraient pas y rester (comment, par exemple, préparer son tableau dans ces conditions ?).

A ce jour, tous les retours des équipes que nous avons consultées vont dans le même sens : elles sont unanimement défavorables à une pause méridienne rallongée et proposent parfois de la réduire à 1h45 ou 1h30. Toutes les écoles sondées se sont prononcées en faveur d’une réduction de l’amplitude horaire pour une fin des cours vers 15h30 / 15h45 voire avant. Des équipes de maternelle ont rappelé les besoins physiologiques spécifiques des plus petits.

A Sedan, M. le Maire a déjà reçu les enseignants et devrait renoncer à cette hypothèse d’allongement pour une fin du temps scolaire vers 15h45.

Charleville s’engage à prêter aussi une oreille attentive au point de vue des enseignants. Ce point du temps de midi est ultra sensible : tous les enseignants que nous avons rencontrés souhaitent que cette hypothèse de travail soit, comme à Sedan, abandonnée dans les plus brefs délais. Nous espérons donc que Mme le Maire de Charleville rendra, comme d’autres, très prochainement un premier arbitrage en ce sens. Si tel est le cas, nous relayerons de suite, comme pour Sedan, cette "information" (snuipp08@gmail.com). Nous resterons toutefois attentifs en sachant que la décision finale revient au Directeur Académique (D.A.S.E.N.08) après avis des Inspecteurs de Circonscriptions.

- Charleville s’engage en outre, à la gratuité des activités qui seront proposées, y compris dans le cadre d’activités nouvelles liées à la réforme. (Activités avec les musées de la ville...). Mais le fonds d’amorçage ne concerne que les années 2013 et 2014... Si le dispositif n’est pas pérennisé, les communes ne risquent-elles pas de se retrouver en difficulté à partir de 2015 ?

-  Conseil Municipal du mercredi 13 février à Charleville-Mézières : point 20 : la création d’une commission extra-municipale sur le sujet des rythmes scolaires.

Le SNUipp08 a bien noté que "Concertation" était le maître-mot et que “rien n’était décidé” sur le placement du périscolaire. Mais il a entendu aussi dans l’introduction que la ville se positionnait clairement sur 2013. Des élus de bords différents ont alors porté les mêmes thématiques que nous :
- le contexte de mouvement social et la mobilisation des enseignants sur Charleville et le 08
- la dégradation du périscolaire avec des normes passant de 1 animateur pour 14 à un animateur pour 18 en élémentaire et de 10 à 14 pour les moins de 6 ans !
- la nécessité de prendre le temps pour réussir en demandant le report en 2014 pour une mise en place concertée avec une réflexion sur les conditions de travail du périscolaire
- la demande d’une pause méridienne “raisonnable”
- ne pas politiser les enjeux ; l’intérêt des enfants n’est “ni de droite, ni de gauche”
- le temps “de l’enfant” (péri-éducatif inclus) qui va croître à l’école
- la nécessité de réduire, mieux répartir le temps scolaire, un sujet qui demande du temps, des débats...

Le SNUipp-FSU demeure très vigilant mais prend acte :

+ de la création de la commission extra communale qui siégera début mars avec la désignation de 2 directeurs d’école parmi les 5 membres de l’Education Nationale. Ceux-ci pourront porter la voix des 29 écoles de la Préfecture.

+ de l’engagement de la municipalité : tous les conseils d’école (parents et enseignants) seront consultés par les adjoints qui y siègent

+ du fait que la question de 2013 ou 2014 puisse être mise dans la balance lors des consultations mais rappelle les dates de :

- C.D.E.N. jeudi 7 mars : le SNUipp portera de nouveau les arguments des écoles dans ce cadre à M. le Préfet, au DASEN, aux élus et aux parents d’élèves

- Rencontre samedi 9 mars entre M. le Directeur Académique , les maires et présidents de RPI ayant la compétence scolaire avant la :

-  Tenue des conseils d’écoles qui ont été repoussés après cette date.

- La prochaine commission extra-communale aura lieu le 21 mars.

- Enfin, M. le Ministre a indiqué que les communes bénéficieraient d’un délai supplémentaire pour se positionner sur 2013 ou 2014 : jusqu’au 31 mars et non plus jusqu’au 1er mars.

Le SNUipp-FSU rappelle que TOUTES les demandes de dérogations pour 2014 seront accordées aux maires qui en formuleront la demande. Par conséquent, si les conditions d’une modification de l’organisation du temps scolaire ne sont pas réunies pour une mise en place réussie dès la rentrée 2013, un report (comme à Lyon et sans doute Montpellier ...) pourrait notamment permettre d’éviter l’enlisement voire l’impasse et de sortir par le haut. Une réforme en échec, ou simplement fragilisée, risquerait de mettre en danger la priorité au primaire. Il faut se donner le temps de construire, ensemble, le projet le plus adapté à la situation locale :
- la journée doit être allégée de manière significative ;
- une coopération efficace doit être mise en œuvre pour articuler temps scolaires et périscolaires ;
- un financement pérenne doit garantir des temps péri-scolaires de qualité (encadrement, locaux...)
- les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants doivent être améliorées.

 

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