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Rythmes : Audiences mairies à Sedan et Charleville Compte-rendu de nos entretiens avec le maire de Sedan et l’adjoint chargé des affaires scolaires de Charleville

Suite aux mobilisations sur Paris et à la Grève Nationale qui s’annonce très suivie, M. Delanoë déclare désormais « privilégier l’hypothèse d’un début des activités périscolaires à 15 h 30 » .

Dans les Ardennes, Charleville et Sedan envisagent la mise en œuvre de la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013.

- à Sedan, le maire a indiqué qu’il "ne touchera pas à la pause méridienne et prendra l’avis des conseils d’école."

- à Charleville, les échanges ont été cordiaux et ont permis à vos délégués SNUipp-FSU08 de faire valoir nos (vos) arguments.

La mobilisation du 12 février a été l’occasion d’enfoncer le clou pour demander une réécriture de ce décret pour une réforme réussie en 2014.

Audience avec la maire de Sedan

Le SNUipp après avoir eu un premier échange avec Michel Bernard, adjoint au maire de Sedan chargé des affaires scolaires, a réuni par deux fois les enseignants des écoles de Sedan afin de leur présenter les projets de la municipalité en terme de mise en place du décret de refondation de l’école. A l’issue de ces deux réunions et à leur demande le SNUipp a accompagné le 5 février une délégation des enseignants des écoles de Sedan à l’audience accordée par M. Herbillon maire de Sedan en présence de M. Bernard et de M. Perrin chef du service Jeunesse et Sports à la ville.

Cet échange s’est révélé constructif, les enseignants faisant valoir des arguments qui avaient visiblement échappé à nos édiles.

En premier lieu, le maire nous a clairement affirmé que la commune entrera dans la réforme dès 2013, même s’il a conscience des difficultés qu’engendre une mise en place dans la précipitation, pour des motifs purement budgétaires. (La carotte octroyée pour ceux qui s’engagent dès 2013 est très efficace.)

Nous avons regretté qu’il n’y ait pas de report à 2014 au niveau national, persuadée que je suis qu’en haut lieu beaucoup d’aspects matériels de cette réforme n’ont pas été étudiés. Le principal sujet de discussion a ensuite porté sur la pause méridienne que le maire envisageait de porter à trois heures. Les enseignants ont fait valoir que, malgré toute la qualité des activités périscolaires proposées, les élèves ne seraient plus disponibles pour des apprentissages après une longue période d’activités pas forcément relaxantes. D’autre part toutes les écoles ne disposent pas de locaux adaptés.

Nous avons développé en particulier trois arguments :

- des élèves qui mangeraient à la cantine et qui fréquenteraient des activités périscolaires avant la reprise de l’école à 14 h 30 seraient sollicités en permanence et n’auraient pas droit au repos comme ceux qui rentrent chez eux ;

- l’absentéisme en maternelle serait important l’après-midi, alors que la réforme met en avant la scolarisation des moins de trois ans. En effet les parents ne réveilleraient pas les petits qui s’endormiraient chez eux.

- Nous ne sommes pas persuadés que les équipements sportifs soient plus accessibles sur une pause méridienne allongée, les collèges et lycées reprenant les cours à 13 h 30.

En conclusion, nous avons résumé l’opinion exprimée par les enseignants de Sedan lors de nos rencontres : nous sommes favorables à une réforme des rythmes scolaires mais pas dans la précipitation et nous ne voulons pas d’une réforme qui ajoute une demi-journée d’école sans réduire la longueur de la journée des écoliers.

Le maire nous a entendus, il ne touchera pas à la pause méridienne et prendra l’avis des conseils d’école.

Le SNUipp restera vigilant quand même car il n’oublie pas la nécessaire harmonisation territoriale mise en avant par l’administration ni la décision finale aux mains du DASEN.

Anne du Souich

- Audience avec l’adjoint chargé des affaires scolaires de Charleville

Etaient présents : le SNUipp-FSU08 aux côtés du SNUDI-FO et de la CGT-Educ’action

La ville de Charleville a lancé un ensemble de consultations :
- elle a reçu les fédérations de parents d’élèves,

- elle nous recevait ce lundi 11 février,

- elle va recevoir les agents mercredi 13 février.

Elle n’a pas encore choisi définitivement mais l’hypothèse de l’allongement de la pause de midi "tenait bien la corde" car le personnel serait déjà sur place...

Elle s’engage en outre, à la gratuité des activités qui seront proposées, y compris dans le cadre d’activités nouvelles liées à la réforme. (Activités avec les musées de la ville …)

Différentes personnes susceptibles d’intervenir : des personnels, animateurs déjà présents dans le périscolaire dans l’école, des agents sous contrat aidés, des agents territoriaux pas forcément titulaires ou des enseignants embauchés sur cette période.

Le SNUipp-FSU a réaffirmé le sens de notre mobilisation : notre demande de réécriture du décret pour une réforme des rythmes réussie en 2014. Nous avons fait état de la mobilisation sur la Préfecture (plusieurs écoles "fermées", de grosses écoles très mobilisées avec 50 à 90 % de grévistes...)

Des organisations syndicales ont aussi fait part d’expérimentations passées avec mercredi matin (dans la vallée) et des élèves "HS" le vendredi.

Nous avons émis une critique sur cette réforme bricolée où l’amplitude horaire resterait identique en cas d’allongement de la pause de midi et la durée de classe, 5h30 pour 6h actuellement, à peine réduite.

Nous avons alerté la ville sur les dégradations des conditions de travail qu’elle entraînerait pour les enfants et leurs enseignants. Une longue pause serait inadaptée pour des enfants de maternelle et entraînerait sans doute une hausse de l’absentéisme l’après-midi. Nous avons débattu des études qui notent, certes un recul d’attention en début d’après-midi ; mais ces mêmes études indiquent également qu’il n’y a pas de meilleure disponibilité pour les apprentissages scolaires après 15h30. Nous avons cité Claire Leconte qui démontre que "la pause méridienne est la plus difficile à organiser" et que son allongement ne rend pas service aux élèves : une pause de midi de 3h n’existe d’ailleurs nulle part au monde ! Et surtout, nous avons fait part de notre vécu de terrain, en particulier dans les quartiers sensibles où une longue pause de midi énerve les enfants et où la fin d’après-midi est souvent source de conflits, de violences verbales et physiques...

Nous avons aussi évoqué la question de collègues qui se retrouveraient coincés à l’école par cette pause rallongée et les soucis des locaux. En effet, de nombreuses classes seraient utilisées et leurs enseignants mis à la porte (comment préparer son tableau dans ces conditions ?).

Bref, tous les échos des écoles que nous avons consultées vont dans le même sens : elles sont unanimement défavorables à une pause méridienne rallongée.

Nous avons demandé si une consultation des conseils d’école était envisagée.

On nous a répondu que la décision de passer à 4,5 jours devrait être actée pour le 20 mars et que les "discussions" (organisation du temps scolaire, mise en place du PEDT...) dureraient jusqu’au conseil municipal du 19 juin.

Le SNUipp vous tiendra informés des conclusions du premier tour de table qui a lieu en ce mois de février. Nous restons sur nos gardes et mobilisés pour que la voix des enseignants soit respectée.

Vincent Mahut

 

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