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Projet de Loi d’orientation et de programmation : Eléments d’analyse Le projet de loi d’orientation et de programmation dans le cadre de la Refondation de l’école est accompagné d’un rapport annexé. Ces deux documents se complètent : le rapport éclaire la loi et ce qui suivra en terme de mise en œuvre.

Le projet de loi d’orientation et de programmation dans le cadre de la Refondation de l’école est accompagné d’un rapport annexé. Ces deux documents se complètent : le rapport éclaire la loi et ce qui suivra en terme de mise en œuvre.

Il affiche deux objectifs :

- diviser par deux le nombre de sorties sans diplôme,

- réduire à moins de 10 % l’écart de maîtrise des compétences en fin de CM2 entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres.

Pour y parvenir, cette Loi insiste sur l’importance de la formation des enseignants et la priorité au primaire.

En ce sens, le SNUipp retrouve ici certaines propositions fortes qu’il a porté au cours des discussions : revitalisation de la maternelle, relance de la scolarisation des moins de trois ans, impulsion du plus de maîtres que de classes, intégration de la dimension de culture dans un socle qui reste à redéfinir entièrement, création d’un conseil supérieur des programmes afin de réviser des contenus d’enseignement exigeants mais faisables,

A noter aussi la création des Écoles supérieures professionnelles de l’ éducation (ESPE) dont le rôle reste à préciser mais aussi la création d’un service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance, un Conseil national d’évaluation du système éducatif qui doit rompre avec les logiques précédentes.

De plus, selon la programmation, la formation (27 000 postes) et le primaire ( 14 000 postes) devraient bénéficier sur la mandature des deux tiers des 60 000 emplois créés. Pour le primaire, 3 000 iront à l’accueil des enfants de moins de 3 ans notamment sur les zones d’éducation prioritaires et les zones rurales. Le "plus de maîtres que de classes" devrait être doté de 7 000 postes. Enfin, 4 000 iront dans les écoles maternelles et élémentaires.

Des insuffisances persistent, des questions sont encore en suspens :

* C’est le cas de sujets encore insuffisants ou à renforcer : Les RASED ne sont cités qu’une fois afin d’évoquer l’évolution de leurs missions. Pour le SNUipp, il s’agit de renforcer leur rôle et leurs missions au sein des écoles ; La formation continue reste en dehors du temps de service des enseignants. Pour le SNUIPP, sa réhabilitation sur le temps devant élèves est attendue.

* D’autres appellent à la vigilance : révision possible dans les années à venir du calendrier annuel et du nombre de semaines, partage des responsabilités lors de l’élaboration du projet éducatif territorial" et celui d’un nouveau conseil "écoles-collège" ; Alors que le contenu de la loi de décentralisation n’est pas connue, le SNUipp réaffirme que l’Education Nationale doit bien rester le maître d’œuvre pour ce qui concerne le fonctionnement de l’école.

Des chantiers d’importance sont encore à travailler notamment au moment de la publication des décrets et circulaires :
- redéfinition des éléments du socle commun, organisation et le fonctionnement du Conseil national d’évaluation du système éducatif,

- nombre et durée des cycles, composition et les modalités de fonctionnement du conseil « école-collège ».

Ce sera également le cas pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires et sur les mesures attendues en matière de conditions d’exercice du métier et de revalorisation de nos rémunérations.

Pour SNUIPP, l’heure est toujours à l’exigence. Le SNUipp-FSU maintient sa vigilance et interviendra en conséquence, au fur et à mesure des publications. Il s’assurera d’être associé aux discussions afin de faire prendre en compte les revendications et orientations qu’il porte sur les différents sujets à venir.

Le projet de loi d’orientation et de programmation peut donc être apprécié de façon relativement positive puisqu’il affirme une priorité au primaire qui est la bienvenue et qu’il rompt avec un certains nombre de préconisations datant de la loi d’orientation de 2005, y compris en terme de politique de recrutement de personnels. Il ne revient cependant pas sur tous les aspects négatifs des dispositifs mis en place les années précédentes. Et une loi ne fait pas tout.

La programmation affichée est déclinée dans un contexte budgétaire contraint qui va cependant limiter les effets visibles de sa mise en œuvre auprès de nos collègues :

A juste titre, les écoles d’Education prioritaire vont être ciblées par des moyens mais attention à ne pas oublier les autres. L’augmentation du nombre de postes risque malheureusement d’être insuffisant pour améliorer de façon conséquente les conditions d’exercice du métier pour tous nos collègues et les conditions de scolarisation pour tous nos élèves.

Le P/E sera-t-il sensiblement amélioré dans nos écoles ?

Les remplacements seront-ils effectués ?

La formation continue sur le temps de travail sera-t-elle réhabilitée ?

Ce sont aussi des réponses favorables à ces questions légitimes qu’il faudra apporter pour que la transformation réelle de l’école voit le jour.

 

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