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Un rapport décapant.... Une fois n’est pas coutume, un rapport officiel semble écrit sans trop de langue de bois. Eric Debarbieux signe un rapport sur les professeurs du premier degré qui nous change du ron-ron satisfait habituel ! Enfin on s’’y retrouve !

Ancien chargé de mission de Luc Chatel, il a été nommé Délégué ministériel à la prévention de la violence scolaire par Vincent Peillon le 17 septembre. Trois jours plus tard, son rapport montre l’urgence d’une refondation profonde d’un système éducatif dont le fonctionnement pyramidal est rejeté par les enseignants.

Un extrait :

Les personnels entre « violence institutionnelle » et « malaise social »

Au-delà de ce climat scolaire plutôt positif et d’une victimation directe rare sur le plan des violences physiques, assez fréquente sur le plan verbal, inégale et concentrée sur certains individus et à partir d’une série d’analyses portant sur les propositions des répondants, l’enquête montre que ce qui est en jeu n’est pas tant une victimation « factuelle » des personnels que le sentiment d’une perte de sens, de déchéance sociale et de mutation globale du métier. Avant même les revendications en termes de « moyens », très présentes cependant, les répondants vivent une véritable « violence institutionnelle » tout autant qu’un « malaise sociétal » : manque de respect des parents, des médias, de la hiérarchie. Les questions salariales sont évoquées comme un marqueur du peu d’importance sociale qui est accordée aux personnels de l’école. L’impression de ne pas être écouté, d’être dirigé de manière bureaucratique, non respectueuse, domine. La manière de réformer est en question : programmes, rythmes, intégration, évaluation, « outils de pilotage » et « paperasse » apparaissent sans lien avec le réel et le possible.

La relation avec les parents est très problématique, attirant chez une minorité un souhait de sanctions et d’exclusions et chez la majorité une proposition d’aide, d’éducation parentale, de partenariat. Les demandes d’aide tournent beaucoup autour des élèves difficiles et des élèves en difficulté et particulièrement en cas de troubles du comportement. Ces demandes peuvent être des demandes d’exclusion, de sanctions, mais plus souvent elles sont un appel à l’aide de spécialistes, formés. La diminution des personnels de RASED est un « casus belli »important vis-à-vis de l’institution. La demande de différenciation sociale des moyens est très présente, dans un but d’égalité républicaine.

Cette demande de moyens vise au même objectif : des écoles qui restent de petites structures, des classes peu chargées. Cependant la possibilité de dédoublement avec un enseignant ou du personnel surnuméraire est aussi évoquée comme une solution.

La demande de formation et très présente, aussi bien en formation initiale que continue. C’est une formation à la communication, à la gestion des conflits, à l’analyse des pratiques qui est sollicitée. La mastérisation apparaît comme une totale erreur.

La différence entre les propositions des directeurs et celles des enseignants (ou des directeurs enseignants à temps plein) est considérable : les directeurs réclament un statut particulier, une définition de leurs fonctions. La délégation de ces tâches à un personnel qualifié de secrétariat leur paraît nécessaire pour revenir dans le jeu pédagogique et dans celui de l’animation des équipes. Une formation à la gestion des ressources humaines leur semble nécessaire pour y parvenir.

Un débat global sur la hiérarchie, sur la gestion des ressources humaines ou sur la manière de réformer l’éducation nationale est inévitable si l’on veut lever le scepticisme et apaiser bien des souffrances exprimées.

La suite sur le café pédagogique...

 

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