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Et vous, vous en êtes où avec la prise en charge du handicap et de la grande difficulté scolaire ?

Témoignage d’une collègue.

Ces dernières années, notamment depuis 2005 et la mise en oeuvre de la dernière loi sur le handicap, un effort très important a été fourni par les enseignants du premier degré pour accueillir les élèves en situation de handicap.

Cela a conduit à un alourdissement considérable de la charge de travail au regard de l’ingéniosité à mettre en oeuvre et de l’ingénierie "pédago-technocratique" à maîtriser, de la "détection" des handicaps à leur reconnaissance en passant par le travail d’entretien avec les familles jusqu’à leur prise en charge en classe.

Concernant les apprentissages en classe, l’Administration boucle la boucle technocratique, en dégainant l’outil pédagogique universel, nécessaire et suffisant qui résout toutes les difficultés : l’élaboration du projet individuel.

Pour le reste : présence d’un AVSi, formation de l’AVSi, information et formation des collègues, l’exigence de l’institution peut se faire moins pressante.

Vous pouvez lire ci-dessous, le témoignage d’une collègue qui se débat avec la grande difficulté et le handicap.

N’hésitez pas à nous faire part de vos difficulté du même ordre.

Etablir un état des prises en charge et des listes d’attente est urgent.

Adressez-nous un petit mail pour nous tenir informés des situations.

En ces temps de "Refondation de l’école", tentons d’éviter que l’on ne bâtisse que de belles façades modernes devant les mêmes usines où nos conditions de travail n’évolueraient guère.

"Je suis enseignante à l’école [...] et je m’occupe de la classe des [...].  En 2011/2012, j’avais une classe de [...] avec 3 élèves en très grande difficulté (dont un élève avec un dossier en cours à la MDPH pour une demande d’AVSi pour dysphasie). En conseil de cycle, nous avons donc décidé de faire une demande de maintien en accord avec les parents pour ces trois élèves sachant que l’effectif du [...] arrivant en [...] était de 1X élèves dont un qui avait son affectation en CLIS [...] (en attente de place).

Après avoir passé des heures à effectuer des dossiers de maintien en pensant naïvement qu’un maintien les aiderait à poursuivre un cursus scolaire dans les meilleures conditions, mes demandes ont été acceptées à ma grande surprise et joie.

Les soucis arrivent. Nous avons appris fin juin, que la CLIS de [...] avait une liste d’attente de XX élèves (de quoi ré-ouvrir au moins une deuxième classe de CLIS) et QUE l’élève qui avait fait sa demande en 2011/2012 n’aurait pas de place pour l’année à suivre. Nous avons donc contacté la MDPH pour avoir un peu plus d’informations et demander une AVSi pour cet élève de CLIS [...]. Or on nous a répondu que tous les AVSi étaient déjà sur des postes et que par manque de moyens, aucun ne pourrait être affecté sur l’école à la rentrée. De plus, nous avons également appris qu’à la rentrée un nouvel élève serait inscrit en classe de [...]. Cet élève présente des troubles du comportement, ne respecte pas les règles de vie de classe, est violent avec ses camarades et d’après son dossier était violent [...] avec les adultes. Ce dernier a également son affectation en CLIS (où il n’ira pas vu la liste d’attente). Cet élève, depuis la rentrée, monopolise toute mon attention, refuse de travailler seul, et quand il est seul ne cesse de perturber les élèves, d’être violent et de tenir des propos provocateurs.

Après des réflexions à n’en plus finir avec l’équipe enseignante, nous n’avons trouvé aucune solution en vue des moyens dont nous disposons. Nous avons appelé une conseillère pédagogique qui nous a proposé de couper la classe de [...] ou de décloisonner [...] (avec des projets à élaborer avec la famille) pendant certains créneaux. Aucune des deux solutions n’arrangera le problème. Bien au contraire, cela donnera plus de contraintes de travail aux enseignants.

[...] Pour le suivi des élèves et la réussite de TOUS, si rien ne nous est proposé je n’ose pas imaginer les conséquences sur le déroulement de l’année et sur les apprentissages des élèves. De plus, sans parler des élèves, ma santé passe avant tout et je me pose des questions sur mes capacités à gérer ces difficultés (je ne suis qu’enseignante !!). [...]

Vous m’avez donc conseillé, après notre entretien, de prendre rendez-vous avec le corps inspection. Je les ai donc appelés mais à deux jours des grandes vacances, ils ne pouvaient me recevoir. Je suis donc resté en entretien téléphonique avec [la CPC]. Cette dernière m’a proposé de contacter la psychologue scolaire de notre secteur pour venir évaluer les 3 élèves maintenus et les 2 élèves relevant de la CLIS pour pouvoir élaborer avec l’équipe, le Rased et la famille un projet d’apprentissage. De plus, elle m’a certifié que si la MDPH ne pouvait subvenir aux besoins en AVSi de l’école, l’inspection mettrait à disposition une EVS qui se substituera à la fonction. Elle m’a également appris qu’une demande d’ouverture de classe de CLIS avait été demandée en 2011/2012 mais par manque de moyens avait été refusée. Pour les années à suivre, la demande allait être réitérée.

Que de belles paroles pour le moment. J’ose espérer que les solutions obtenues aboutiront car les représentants des parents d’élèves sont au courant des difficultés de l’année qui arrive et sont scandalisés des conditions dans lesquelles les élèves se trouveront. [...]"

 

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